GHOST IN THE CELL (Hantu Dalam Sel) de Joko Anwar (2026)

GHOST IN THE CELL

Titre Original : Hantu Dalam Sel
2026 – Indonésie
Genre : Comédie horrifique
Durée : 1h46
Réalisation : Joko Anwar
Musique : Aghi Narottama
Scénario : Joko Anwar

Avec Endy Arfian, Abimana Aryasatya, Yoga Pratama, Mike Lucock, Danang Suryonegoro, Lukman Sardi, Kiki Narendra, Bront Palarae, Aming et Tora Sudiro

Synopsis : Un détenu arrive dans une prison indonésienne, hantée par une entité surnaturelle qui tue ceux dont l’aura est la plus sombre. Alors que les prisonniers s’efforcent d’accomplir de bonnes actions pour survivre, ils réalisent que l’unité est leur seule chance de ne pas être éliminés un par un.

Joko Anwar semble inarrêtable depuis quelques années. Elle est loin l’époque de ces débuts, avec un long métrage de temps en temps, le tout espacé de quelques courts métrages, et parfois de quelques années. Oui, trois ans séparent par exemple The Forbidden Door (2009) de son métrage suivant, le fameux Modus Anomali qui avait énormément divisé le public et les critiques à sa sortie en 2012. Si bien qu’après, il fallait encore attendre 2015 pour voir son long métrage suivant. Mais depuis le succès international de son Satan’s Slaves en 2017, tout s’est accéléré pour lui, enchainant les films plus rapidement, tout en se permettant entre temps de bosser sur des séries. Alors quand en plus, le réalisateur montre une réelle maitrise technique et infuse souvent des sous-textes politiques ou sociaux dans ses métrages, c’est encore plus bénéfique pour le public. Surtout que Joko Anwar, même si son cinéma reste visuel et surtout très violent, il n’hésite pas parfois à changer son fusil d’épaule, en allant dans le film à suspense se déroulant dans un futur proche par exemple avec son The Siege of Thorn High en 2025. Et à présent, voilà que sort son nouvel opus de 2026, Ghost in the Cell, où ce coup-ci, Joko Anwar tenter d’amener l’horreur toujours violente et viscérale dans un ton souvent mélangé à l’humour, et le tout saupoudré d’un peu d’arts martiaux pour la route. Le tout en conservant sa patte, et donc, en évitant au maximum les CGI pour ce qui concerne l’horreur, et en distillant en toile de fond une critique comme souvent de la société Indonésienne, des magouilles autant pour les grandes sociétés que pour les hommes politiques, et bien entendu, vu le lieu de l’action, il en profite aussi un peu pour critiquer le milieu carcéral de son pays. Est-ce que ça fonctionne ? Oui, Ghost in the Cell est un bon film, comme souvent avec le réalisateur. Mais à mon sens, avec son aspect comédie, parfois assez potache, il ne parvient pas à être aussi viscéral d’un Grave Torture, aussi marquant qu’un Satan’s Slaves 2, ou aussi tendu qu’un Siege of Thorn High.

Car oui évidemment, après 10 ans à livrer parmi les films les plus intéressants du cinéma Indonésien, on ne peut s’empêcher de comparer la nouvelle œuvre du réalisateur avec tout ce qui a précédé. Ghost in the Cell nous plonge donc dans l’univers carcéral d’une grande prison où débarque un nouveau prisonnier Dimas. Journaliste, il est accusé, à tort, du meurtre de son patron. Sauf que ce qui a tué son patron bien entendu va le suivre en prison pour continuer le carnage, s’en prenant aux personnes ayant les pires auras. Un concept pas plus bête qu’un autre, et qui donc, en plus de critiquer clairement la société, le gouvernement et le milieu carcéral, avec ses inégalités de traitements (les riches tranquillement installés dans leur bloc avec télévision, bons repas, téléphone, fauteuil en cuir, les autres entassés en cellule où règnent la violence), vient donner une vision littérale du karma, puisque ce sont en général les pires personnes qui passent l’arme à gauche en premier, par un esprit très énervé et plutôt amateur d’art, vu la disposition des cadavres, souvent démembrés, mutilés, déformés pour former une certaine vision de l’enfer que Clive Barker n’aurait pas renié. Joko Anwar maitrise parfaitement ces éléments, livrant une mise en scène parfaitement rodée, des meurtres extrêmement graphiques qui font très mal, et soignant autant les moments chocs que les moments d’ambiance et de tension, ou parfois, d’action, puisque ça va aussi se taper sur la gueule. Il s’est d’ailleurs entouré de pas mal d’acteurs que l’amateur reconnaîtra, entre Abimana Aryasatya (The Big 4) faisant office de héros et de leader, Endy Arfian (Satan’s Slaves 1 et 2) en nouvel arrivant qui amène le mal avec lui dans la prison, et pas mal d’autres bien connus pour les seconds rôles, comme Mike Lucock (Macabre).

Mais ce qui, encore une fois, à mon sens, vient amoindrir le verdict, c’est l’humour en réalité. Non pas qu’il y ai du mal à livrer une comédie horrifique en milieu carcéral, mais du coup, pas mal de moments, en dehors des meurtres en tout cas, viennent faire retomber la tension avec des scènes parfois bien potaches (les moments où les personnages doivent danser pour apaiser leur aura), ou d’autres qui font tout simplement sourire, même si cela vient également soutenir un propos sur l’hypocrisie au sein de la société Indonésienne (hop, la peur de mourir, et tous les détenus courent pour aller prier). Cela fait sourire parfois, il est vrai, mais cela retire aussi une partie de l’impact du film, surtout lorsque, juste avant son dernier acte, un pan entier du film, malgré là aussi un moment extrêmement sanglant, est traité de manière légère et comique, avec explications des auras, prisonniers qui veulent prier, passages de danse, et même des combats tournés en dérision. Amusant souvent, mais faisant perdre de son impact à une œuvre qui est clairement, dans le fond, très sombre. Ce qui en fait, pour moi, une petite déception, surtout après les deux derniers métrages parfaitement maitrisés du réalisateur, mais en effet, bien plus radicaux dans leur approche. Pas mauvais, divertissant, plein d’énergie oui, mais un cran en dessous. Ce qui m’étonne donc des avis presque unanimes du film après son passage en festival, en faisant presque d’ailleurs (voire totalement) le film du réalisateur le mieux reçu et le mieux noté. Les goûts et les couleurs, encore une fois.

Les plus

Une violence express et viscérale
Une mise en scène parfaitement maitrisée
Divertissant d’un bout à l’autre
En fond, beaucoup de thématiques intéressantes

Les moins

L’humour ne fonctionne pas toujours
En plus de désamorcer certaines situations

En bref : Joko Anwar tente un film plus léger, tout en gardant le contenu violent et ses thématiques habituelles. C’est divertissant, le fond est intéressant, mais même si parfois, l’humour fait sourire, c’est souvent au détriment du côté viscéral et impactant du reste.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ The violence is often quick and strong
♥ A treat visually, like often
♥ Entertaining
♥ Many interesting themes in the background
⊗ The jokes are not always working
⊗ And it also kills the gravity of the situation sometimes
Anwar tries this time a more light in tone movie, but keeps the usual violent content and themes. It’s entertaining, interesting, but even if some jokes are good, the film loses its visceral and serious side.

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