Titre Original : W Nich Eala Nadzieja
2023 – Pologne
Genre : Science Fiction
Durée : 1h29
Réalisation : Piotr Biedron
Musique : Lukasz Pieprzyk
Scénario : Piotr Biedron
Avec Magdalena Wieczorek et Jacek Beler
Synopsis : Seule survivante d’une apocalypse nucléaire survenue quelques années plus tôt, Eve a trouvé́ refuge dans une base de vie située sur un plateau désertique. Elle y cohabite avec Arthur, un robot de défense rudimentaire auquel elle a fini par s’attacher. Un jour, au retour d’une expédition, elle se retrouve coincée hors de la base : Arthur semble ne plus la reconnaitre et adopte une attitude hostile à son égard. Alors que la nuit tombe, Eve est gagnée par la peur.
Le cinéma Polonais, je connais peu. En réalité d’ailleurs, en plus d’être mauvais, les seuls films Polonais que je connais ne sont même pas véritablement Polonais, et oui, je parle bien de la saga Fantom Kiler, qui serait donc réalisée par un Anglais sous pseudonyme. Mais oui, les actrices, elles viennent bien d’Europe de l’Est, donc allez savoir, il y a peut-être bien une Polonaise dans le lot non ? Qu’importe. Donc forcément, quand j’ai entendu parler de The Last Humain, titre Français, en Anglais, alors que le film avait déjà un titre Anglais à l’international, bravo donc encore une fois (The Last Spark of Hope), qui en plus part dans le récit dystopique, alors qu’Eva est la seule survivante d’une apocalypse, avec son robot, j’ai été très curieux. Que vaut donc le film de Piotr Biedron, également scénariste ? Un film qui n’a sans doute pas coûté cher vu l’économie de décors, de personnages, une durée assez courte (le générique de fin en plus dure 5 minutes), et qui fut bazardé en France en VOD, sans pub, et donc que quasi personne ne connait. Et bien contre toute attente, c’était sympathique comme tout, en sachant utiliser son maigre budget au service de son intrigue, et donc sans jamais avoir les yeux plus gros que le ventre. Nous suivons donc Eva, unique survivante, alors que la Terre est maintenant toxique, et qu’elle vit dans un coin paumée, seul endroit plus ou moins encore vivable, avec comme seule compagnie un robot que son père lui avait laissé. On pourrait dire que le métrage est en tout cas clairement dans l’ère du temps, puisque les complications pour Eva ne viendront pas d’un groupe d’étrangers survivants (non, il n’y a qu’elle), ni de son environnement pourtant dangereux, mais bel et bien de son compagnon, un robot avec une intelligence artificielle que l’on pourrait qualifier de bornée. Ou d’artificielle justement.
Car Eva, elle s’aventure souvent plus loin, pour chercher de l’eau, de la nourriture, et le brave robot, il la connait, il l’attend, lui demandant toujours les mêmes choses, et aussi le fameux mot de passe, toujours inchangé. Ses instructions sont simples : surveiller Eva, la protéger, et tenir de possibles intrus à l’écart. En soit, des commandes simples, mais qui, le jour où le mot de passe du robot est automatiquement changé, et qu’Eva, seule et sans doute sans trop la notion du temps vu son quotidien et sa solitude, n’a pas le mot de passe, à l’intérieur de sa base. Mais ce brave robot, rien à faire, sans mot de passe, il ne veut pas la laisser rentrer, quand bien même il reconnait Eva, il continue de lui parler. Mais son protocole interdit Eva de rentrer dans la base, même si sa vie est en danger. Avec ce postulat très simple, le film parvient à tenir sur quasi 1h30, avec seulement une actrice (et une voix pour le robot), et à montrer comment malgré une programmation simple, voire dans le fond primitive, une intelligence artificielle devient parfois vite limitée, bornée, et donc va à l’encontre même de sa propre programmation, puisqu’en laissant Eva dehors, seule, il la prive de tout, de nourriture, d’eau, de chauffage, d’un lit pour dormir. Montrant donc, que malgré sans doute des années à parler avec un robot, qui connait donc tout de nous, de nos routines, de nos goûts, il ne restera qu’un robot, incapable de penser, incapable d’avoir des émotions, et donc incapable de prendre des décisions lorsque la situation devient un peu trop contradictoire, voire même parfois d’une débilité affligeante, comme lorsque Eva, en se camouflant, tentera de faire croire à son robot qu’une survivante est dans les parages et demande à trouver asile ici, et à avoir de l’eau.
Alors oui, évidemment, le métrage, avec ce simple postulat donc, se retrouve aussi assez rapidement limité, surtout que du coup, la majeure partie du temps, nous n’assistons qu’à une seule et unique chose, à savoir la tentative de survie d’Eva, en dialoguant avec le robot, en tentant de contourner ses systèmes, sa programmation, et sa morale (enfin, morale, des lignes de codes donc). The Last Human, ou The Last Spark of Hope, est donc limité, mais aussi plutôt pertinent et intéressant. Si l’on n’attend pas trop de lui, on passe même un très bon moment, puisque finalement, s’il est limité, ce qu’il entreprend, il le fait bien, entre l’interprétation de Magdalena Wieczorek, la mise en scène simple mais qui fonctionne, les décors peu nombreux et donc sur lesquels le directeur artistique a pu bien bosser pour les rendre crédibles. Il aborde par contre, bien évidemment, un rythme assez lent, pour un récit focalisé sur les dialogues. Et bien entendu, plus le métrage avance, plus le ton se fait sombre, plus l’ensemble semble sans aucun espoir. Sans avoir à en faire des caisses, en dialogue, en musique, en mise en scène, non. Juste par les jours qui passent, et par le personnage d’Eva qui semble de plus en plus fatiguée, lessivée. Un métrage donc intéressant, simple, qui m’aura intéressé malgré ses limites, mais clairement pas pour tout le monde, notamment à cause de ses limites.

Les plus
Un récit intime intéressant
Magdalena Wieczorek convaincante dans le rôle d’Eva
Un ton noir, nihiliste même
Simple, court, et plutôt prenant
Les moins
Trop simple et trop lent pour certains
Oui c’est vrai, ça ne se renouvelle jamais vraiment
En bref : The Last Human, c’est un petit film Polonais de science-fiction, minimaliste dans son approche, mais plutôt intéressant et pertinent, même s’il ne plaira pas à tous de par ses choix.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ An intimate story, and interesting ♥ Magdalena Wieczorek, convincing as Eva ♥ It’s dark, nihilistic even ♥ Simple, short and interesting |
⊗ Too simple and slow for some ⊗ Yes, it’s always the same thing |
| The Last Spark of Hope is a little science fiction’s film from Poland, simple, minimalist, but interesting even if it won’t be for everyone. | |




















