GHOST HOUSE de Umberto Lenzi


GHOST HOUSE

Titre original : La Casa 3
1988 – Italie
Sortie française le 1er Juin 1988
Genre : Maison hantée
Réalisation : Umberto Lenzi
Musique : Piero Montanari et Simon Boswell
Scénario : Umberto Lenzi et Cinthia McGavin
Avec Lara Wendel, Greg Scott, Mary Sellers, Ron Houck, Martin Jay et Kate Silver

Synopsis : La famille Baker se fait brutalement assassiner et cette affaire de meurtre ne fut jamais résolut. 20 années plus tard, Paul capte un message étrange à sa radio amateur et il décide de retrouver la provenance du message. Son chemin le mène à la maison des Baker et il découvre que le message qu’il a reçu provient d’une radio qui n’a pas encore été branché. Lui et un groupe de jeune découvriront très vite que la maison est hantée par le fantôme d’une fillette.

De temps en temps, il arrivait à Umberto Lenzi de faire des films potables, voir des bons films. Dans les années 70, il avait fait de bons polars, assez violents, ainsi que de bons giallo. Mais dés le début des années 80, c’est la grosse chute avec des films de cannibales surfant sur le succès de Cannibal holocaust de Deodato, et à la qualité plus que discutable. Une fois le filon épuisé, Lenzi s’est dirigé vers les films de zombies pour surfer sur le succès de L’enfer des Zombies de Fulci. A la fin des années 80, Lenzi enchaîne navet sur navet, et au milieu de Hell’s gate et autres sombres merdes du genre totalement dénuées d’intérêt, il y eu ce Ghost house. Un film pourtant peu passionnant à la base, avec son histoire de maison hantée pouvant faire penser par bien des aspects à La maison près du cimetière de Fulci, notamment par l’utilisation d’une petite maison perdue à la campagne, d’une petite fille, et plus loin dans le métrage, de l’exploration d’un cimetière par les personnages. Et pourtant, malgré son nombre incalculable de défauts, Ghost house parvient à nous proposer ce que l’on voulait voir, c’est à dire une œuvre sanglante dans la veine du cinéma italien, bien que mourrant à l’époque, et possédant une ambiance intéressante. C’est exactement ce que le métrage va nous proposer en dépit de ces points faibles. Le ton est donné lors de l’ouverture se déroulant 20 ans plus tôt, en 1967, avec le meurtre du père et de la mère de la famille Baker, après que le père, Sam, ai enfermé sa petite fille de 11 ans dans la cave, la laissant dans le noir avec pour seule compagnie son clown. En six petites minutes, après le générique avec des plans de la maison façon La maison près du cimetière, les meurtres arrivent, à la hache, et pour une fois chez Lenzi, ça ne fait pas rire, loin de là, c’est même filmé avec sérieux !

Le film reprend 20 ans après, et ne s’éternise pas en explications, et surtout, en présentation des personnages. 5 minutes pour nous présenter les deux principaux, et c’est parti pour l’aventure. C’est durant ces cinq petites minutes que l’on a l’occasion de remarquer le plus grand défaut du film, à savoir l’interprétation, mauvaise pour tous les personnages, de bout en bout. Il faut dire également que les personnages n’ont rien de véritablement passionnants. Entre une bande de jeunes qui sont dans la maison pour passer les vacances, un jeune homme et sa copine enquêtant sur une transmission radio étrange, un vieux psychopathe rodant dans le coin (qui pourrait faire penser à Vendredi 13) et un black qui s’amuse à faire des blagues (comme souvent dans les films d’horreur, qu’ils soient italiens ou américains….), la galerie est longue, stéréotypée, et surtout, ratée. Mais qu’importe, puisque l’on se doute, l’intérêt du film ne provient pas de là. Une fois que les personnages seront dans la fameuse maison dans laquelle se sont déroulés les meurtres 20 ans plus tôt, le film commence véritablement, et Lenzi en profite pour installer une ambiance réussie, tant au niveau des décors, de l’éclairage, que de la composition musicale. Sans pour autant être exceptionnelle, une vraie ambiance est créée, et venant de Lenzi, on ne s’y attendait pas. Des évènements surnaturels vont très rapidement arriver, avec la présence dans la maison de la petite fille Baker, ou plutôt, de son fantôme, et de son fameux clown. Ses apparitions seront réussies, et la musique l’accompagnant également. Au niveau de la musique, on pourra d’ailleurs noter l’utilisation de pas mal de musique provenant de Bloody Bird, composées par Simon Boswell, mais rien d’étonnant, puisque l’on retrouve à la production Joe D’Amato.

L’ambiance est posée, c’est un fait, mais Lenzi ne fera pas comme l’année suivante avec Hell’s gate, et surprise, il va se passer des choses dans son film, ce qui fera que l’on ne va pas s’ennuyer. Le fantôme de la petite fille, ou disons plutôt, son clown, vont entrer en action pour éliminer un par un les jeunes. Ce qui nous permet de profiter de quelques effets sanglants réussis, que ce soit des haches dans la tête, des gorges tranchées, ou carrément des corps coupés en deux. L’hémoglobine coule à flot, sans jamais tomber dans le ridicule, ce que le film évitera tout de même de justesse avec l’interprétation des personnages. Les hommes ne sont là que pour être grossiers et se prendre pour des beaux gosses, tandis que les femmes se contentent de crier et d’appeler à l’aide. On reconnaîtra d’ailleurs au casting Lara Wendel, qui jouait à la même période dans le Zombie 5 : Killing Birds de Joe D’Amato. L’interprétation chaotique fera quelque peu baisser l’intérêt du métrage, et seule la petite fille, Henrietta, s’en sortira avec les honneurs, mais elle n’a pas de dialogues, il faut dire… Mais ce gros point faible fera baisser surtout la crédibilité de l’ensemble, alors que nous avons un pur produit de série B sympathique, généreux en hémoglobine et possédant de très beaux décors. Ghost house reste pourtant l’un des meilleurs films de Lenzi dans les années 80.

11

Les plus
Bonne ambiance
Film soigné pour une fois
Les moins
De mauvais acteurs
La VF du dvd français

En bref : Lenzi parvient à faire un film potable dans les années 80. L’ambiance est soignée, le tout est traité avec sérieux, la musique (en partie reprise de Bloody bird) fonctionne, seule l’interprétation fait manquer de crédibilité à l’entreprise.

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