TRON de Steven Lisberger


TRON

Titre original : Tron
1982 – Etats Unis
Genre : Science Fiction
Réalisation : Steven Lisberger
Musique : Wendy Carlos
Scénario : Steven Lisberger
Avec Jeff Bridges, Bruce Boxleitner, David Warner, Cindy Morgan, Barnard Hughes, Dan Shor et Peter Jurasik

Synopsis : Kevin Flynn se fait téléporter par le système informatique intelligent de son ex-employeur. Tron, un programme, va l’aider à s’échapper.

Ah Tron ! Clairement un métrage beaucoup trop en avance sur son époque, et paradoxalement, semblant à présent un peu daté, ce qui aura motivé Disney à en produire une suite/remake dans les années 2000, en accentuant ses qualités (le visuel), arrangeant quelques détails (la musique), et en accentuant malheureusement également ses défauts (la simplicité de l’histoire et ses nombreux clichés). Mais retournons un peu en arrière. 1982 ! Les studios Disney ne vont pas aussi bien qu’autrefois (et pas aussi bien qu’aujourd’hui). Du coup, le studio tente d’attirer de nouveaux spectateurs en se lançant dans de nouveaux genre, comme la science fiction (Le Trou Noir), le fantastique, et tentent surtout de se mettre au goût du jour. Le monde informatique est en train d’exploser au quotidien, bien que restant encore un monde pour public de niche (de par son prix, et la taille des installations), et Disney se met en tête qu’avec le succès de Star Wars (tiens tiens), ils veulent aussi se frotter à la science fiction, même si Le Trou Noir en 1979 fut un échec financier. Steven Lisberger arrive avec une idée, parlant d’informatique et de jeux vidéo, et ainsi va naître Tron. Un film important et révolutionnaire, puisqu’étant le premier à utiliser de manière aussi massive des effets spéciaux fait par ordinateur, et surtout, à le faire constamment, et à inclure ce procédé même dans l’histoire du film, le justifiant par la même occasion. Mais à sa sortie, Tron fut un bide pour Disney. Un bide qu’il est difficile d’expliquer. Sans doute juste trop en avance sur son temps oui, car Tron, avec son budget de 17 millions (sans compter donc la communication et le marketing) en rapportera seulement 33 millions aux Etats Unis. Pas non plus le bide du siècle, mais sans aucun doute bien en dessous des attentes du studio.

Bon mais Tron donc, de quoi ça parle et est-ce que c’est bien ? Tron nous parle donc de Kevin Flynn, qui après quelques soucis avec son employeur, décide de s’infiltrer la nuit dans leurs locaux, et se fait malheureusement carrément téléporté par un laser dans le monde informatique. Tron oui, c’est l’homme face à sa propre création, ou plutôt plongé en plein dans sa création. Tron, c’est tous les clichés d’aujourd’hui avant qu’ils ne deviennent des clichés, et c’est tout simplement le monde de l’informatique qui prend vie sous nos yeux, avec les utilisateurs, leurs avatars numériques à leur image, les données, les virus et anti-virus prenant la forme de tanks. Et pour 1982, à une époque où l’informatique n’était pas encré dans notre culture et que tourner sur un fond bleu était encore rare, Tron fait office de film révolutionnaire. Oui, Tron aura été une grande influence pour la conception des images numériques. Au final, on peut dire que l’on doit beaucoup au film (ou qu’on peut lui en vouloir vu l’utilisation abusive de ces effets aujourd’hui). Est-ce que Tron fonctionne encore aujourd’hui, surtout avec sa suite qui aura remit son visuel au goût du jour ? Et bien oui. Tron reste toujours impressionnant, Tron est toujours une aventure prenante malgré des défauts évidents, et la course poursuite en lumicycle envoie toujours du pâté aujourd’hui. De plus, on ne va pas mentir, mais le film est aidé par un casting qui fait plaisir, avec notamment Jeff Bridges dans le rôle principal de Kevin Flynn, et David Warner, habitué aux rôles de méchant, et qui joue… oui je sais, elle est facile, le méchant ! Malgré tout, quelques petits défauts sont là, et étaient déjà là à sa sortie.

On pourra citer un rythme par moment en dents de scie, relativement lent. Rien qui ne dérange (ou du moins rien qui ne me dérange), mais qui pourra s’avérer fatal sur un spectateur fatigué. Mais le plus grand défaut du métrage au final, malgré sa révolution, c’est bel et bien que son âge ne lui a pas fait du bien. Datant de 1982 donc, à une époque où le numérique n’existait pas vraiment, Tron a forcément prit un coup de vieux. Ses costumes font un peu kitchs, certains effets spéciaux sont forcément datés, certaines couleurs un peu criardes. Et forcément, ça, ça ne plait pas au jeune spectateur. Ayant découvert le film à l’époque, ce ne sont clairement que des détails à mes yeux. Par contre, ce qui n’est pas un détail pour moi, ce sera la bande son de Wendy Carlos. Bien qu’ayant travaillée à de nombreuses reprises pour Stanley Kubrick, notamment sur Shining et Full Metal Jacket, elle signe ici une bande son soulignant un peu trop ce qui se passe à l’image, et du coup semblant forcément affreusement datée, même à l’époque. Et pourtant, il est difficile, en tant que cinéphile, de faire la fine bouche sur une œuvre aussi importante, pour le cinéma, pour les effets spéciaux, mais également pour les studios Disney, bien qu’à chaque fois qu’ils reviennent à l’univers de Tron, ils semblent s’en mordre les doigts, financièrement.

Les plus

Un film révolutionnaire
Une aventure originale
Les effets pour l’époque

Les moins

Ça a un peu vieillit
Le score musical

 

En bref : Tron est un film important, un film qui a beaucoup apporté au cinéma, mais qui malgré tout a un peu vieillit, forcément en étant le premier à utiliser les effets numériques ainsi. Mais l’expérience vaut toujours le coup.

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