DETENTION de Joseph Kahn


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Titre original : Detention
2011 – Etats Unis
Genre: Comédie d’horreur
Réalisation : Joseph Kahn
Musique: Brain & Melissa
Scénario :  Joseph Kahn et Mark Palemo

Avec Shanley Caswell, Josh Hutcherson, Dane Cook, Spencer Locke, Aaron David Johnson, Walter Perez, Eric Shaffer et Lindsey Morgan

Synopsis : Suicidaire et végétarienne, Riley Jones est l’étudiante la moins populaire du lycée de Grizzly Lake, un établissement assez étrange aux élèves encore plus étranges. Pour ne pas arranger la situation, l’ancienne meilleure amie de Riley, Lone, drague le populaire Clapton Davis, son amour secret. Les choses sont encore pires lorsqu’un tueur en série connu sous le nom de Cinderhella, s’inspirant d’une saga de films du même nom, commence à faire un carnage.

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Dans la catégorie film n’importe nawak avec 300 idées à la minute, je demande Détention. Mix pour le moins étrange entre la comédie pour teenager à la American Pie, le slasher classique à la Scream ou encore des idées visuelles sortant tout droit d’un Scott Pilgrim, Détention a de quoi attirer l’attention, tant il fait preuve d’idées totalement folles, change de genre et de registre avec une facilité déconcertante, si bien que le métrage épuisera le spectateur sur l’ensemble de sa durée, en le faisant sourire bêtement. Financé quasi intégralement par le réalisateur lui même, Détention est un film fou bénéficiant d’une liberté totale. Ce qu’il fallait pour un tel sujet, tant les influences sont nombreuses et relativement bien digérées par le réalisateur, qui signe donc là sa seconde réalisation. Lorsque le film commence, on a vraiment l’impression de se retrouver devant un énième teen movie, avec la musique pop rock qui va avec. Ce n’est que pour mieux nous berner, puisqu’en seulement quelques minutes, le réalisateur nous prouver qu’il a d’autres idées en tête. Nous présentant un personnage de jeune fille populaire comme on en voit dans le genre de métrages cités, Joseph Kahn s’amuse à aller vite, affute son montage et sa mise en scène d’idées qui font mouche et font rire, avant de changer de genre en seulement quelques minutes (deux minutes pour être exact, chrono en main) pour plonger dans le slasher qui tâche sévère, et de nous présenter enfin le vrai personnage principal du film.

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Agrémenté d’une bande son explosive (Metric, The Kills, Goldfrapp, Pussycat Dolls), ce début donne assurément la pêche, et met instantanément de bonne humeur, encore plus quand on se lance dans la vision du métrage sans rien savoir de celui ci, ce qui fut mon cas. On nous invite donc à suivre les aventures d’une bande de jeunes, et en particulier de Riley Jones, jeune fille paumée, avec le pied dans le plâtre, suicidaire mais aux tentatives toujours totalement ratées (les cachets, la pendaison, rien à faire), amoureuse de Clapton Davis, beau gosse populaire qui sort avec son ancienne meilleure amie, la blonde un peu cruche Lone. Et à partir de là, le film ne s’arrête plus, quitte à s’épuiser un peu dans son final partant dans tous les sens. Les personnages, stéréotypés ou bien détournés, sont savoureux, à défaut d’être vraiment inoubliables, les idées s’accumulent, tous comme les hommages et parodies. Car oui, Joseph Kahn connaît très bien ses classiques, et s’il nous offre parfois des parodies ou hommages peu subtils, comme lorsque les personnages sont au cinéma pour voir le nouveau Cinderhella 2 parodiant les Saw lors d’une scène grotesque et hilarante,  il fera parfois preuve de plus de tacts, lors de quelques dialogues bien placés rendant hommage à des films cultes tels que Retour Vers le Futur. Car oui, le teenage movie et le slasher allant à 100 à l’heure, ce n’est pas suffisant pour le réalisateur, qui plus son film avance, plus il s’éparpille dans des gens n’allant vraiment pas ensembles au départ. Outre une certaine critique assez facile certes du milieu lycéen, , mais aussi des règles du slasher (Lone disant à Riley qu’elle ne peut être la victime car elle est vierge), on aura droit également à des retour dans le passé, quelques danses, des mini sketchs pour nous présenter les personnages, allant jusqu’à nous montrer un ours se faire enlever par un ovni pour devenir la mascotte du lycée.

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Oui, Détention ne recule devant absolument rien pour nous faire rire, et y parvient sans mal, dans la joie, la bonne humeur, et l’hémoglobine, qui gicle à flot lors de meurtres à la hache bien violent, avec membres coupés ou parfois même des corps explosés. Le réalisateur, avec une mise en scène rappelant beaucoup Scott Pilgrim grâce à son montage ou ses informations écrites à l’écran, autant pour nous présenter une scène, une époque, un personnage, ou pour l’envoi de SMS, tente de toucher à tous les genres, et fait un quasi sans faute durant toute la première heure du métrage, jusqu’à ce que tous les personnages soient en retenue au lycée, jusqu’à ce que le tueur se dévoile. Moment de partir encore un peu plus dans tous les sens, en nous présentant de nouveaux personnages, ou en regardant un film dans le film dans le film, façon Scream 4, l’humour destroy en plus. Malheureusement, si cette première heure est totalement réjouissante, la dernière demi-heure, en voulant aller encore et toujours plus loin, achève le spectateur. Car oui, à force d’aller vite et de nous en mettre plein la gueule, Détention est un film fatiguant, pour les yeux, le cerveau, et la fin, moins poignante et sans doute plus prévisible que le reste, déçoit quelque peu, tout en restant de très honnête facture et en ne reculant devant rien. Des perles comme ça, et des cinéastes osant le tout pour le tout, on aimerait bien en voir plus souvent à l’écran en tout cas, et malgré ses quelques défauts et facilités, on ressort de la vision de Détention avec un gros sourire au visage et la sensation d’avoir vu un film unique.

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150

Les plus:

Un mélange de genres et d’influences énormes

Souvent très fun

Une réalisation réussie

Un nombre incalculable d’idées différentes

Les moins:

Un final un peu décevant

Peut être trop d’idées

En bref: Détention est un film unique, avec 300 idées à la minute, mix improbable de comédie, de slasher, de fantastique, science fiction, sans s’arrêter, avec des dialogues savoureux. Fatiguant, mais irrésistible.

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