LES RUINES (The Ruins) de Carter Smith (2008)

LES RUINES

Titre original : The Ruins
2008 – Etats Unis
Genre: Horreur
Réalisation : Carter Smith
Musique: Graeme Revell
Scénario :  Scott B. Smith d’après son roman

Avec Jonathan Tucker, Jena Malone, Shawn Ashmore, Laura Ramsey et Joe Anderson

Synopsis : En vacances au Mexique, quatre amis, Jeff et sa copine Amy et Eric et sa copine Stacy décident de suivre Mathias pour leur dernière journée. S’aventurant dans la jungle, ils doivent partir visiter un temple Maya qui n’est sur aucune carte. Mais à peine arrivée sur place, les ennuis commencent et les autochtones les empêchent de quitter la pyramide.

Les Ruines, à la base, c’est un roman de Scott Smith, un petit génie dont les deux uniques œuvres furent rapidement adaptées au cinéma. La première, c’est Un Plan Simple, signé Sam Raimi en 1998, d’après son roman qu’il publie en 1993. Remarqué, Hollywood s’intéresse de suite au bonhomme, et à peine son second roman, Les Ruines donc, publié en 2006, une adaptation est en marche. Et comme pour Un Plan Simple, Scott Smith s’occupe lui même du scénario, et donc du travail d’adaptation de son propre roman. Une manière de rester fidèle à l’esprit du roman, puisque dans le fond, beaucoup de changements arrivent. Se déroulant au départ sur une colline, l’action est délocalisée sur une pyramide maya, beaucoup plus impressionnant visuellement. Ensuite, certains événements du roman arrivant à tel ou tel personnage s’abattra sur un autre dans l’adaptation cinématographique. Après avoir donc revisité le polar avec le très bon Un Plan Simple, Les Ruines revisite cette fois ci le film d’horreur, et s’inscrit dans une mouvance actuelle du cinéma à petit budget : le huit clos. Il est d’ailleurs assez amusant de remarquer qu’on retrouve au casting Shawn Ashmore, déjà aperçu dans deux autres huit clos, avec Mother’s Day (à l’intérieur d’une maison) et Frozen (sur un télésiège). La réalisation arrive entre les mains de Carter Smith, qui signe là son premier film, après deux courts métrages, dont le très remarqué Bugcrush en 2006. Les Ruines est donc son premier, mais pour le moment, également dernier film. Comme pour Frozen, Les Ruines va dans un premier temps nous présenter ses personnages principaux. Et comme pour Frozen, le début ne met pas forcément en confiance, faisant preuve d’une certaine banalité, avec ses personnages de jeunes en vacances, qui boivent, bronzent, et parlent de sexe. Une entrée en la matière peu enthousiasmante, mais qui, comme souvent lorsque cela est bien fait, permet de mieux surprendre par la suite.

Outre Shawn Ashmore, on trouve au casting Jonathan Tucker, déjà aperçu dans le remake de Massacre à la Tronçonneuse en 2003 et dans Pulse, le remake de Kaïro, ou encore Jena Malone, grande actrice remarquée dans Donnie Darko en 2001, puis Into the Wild en 2007. Un casting de jeunes stars montantes ou habituées au genre. Car après cette présentation des personnages sur une petite quinzaine de minutes, toute cette bande s’enfonce dans la jungle, suivant leur guide Matthias pour rejoindre une pyramide maya. Et à peine sur les lieux, les autochtones arrivent, et le rythme s’emballe, et Les Ruines trouve alors son rythme de croisière, faisant monter la sauce doucement mais surement, sans jamais la faire redescendre un seul instant. On sait de nos jours que les huit clos cherchent à faire dans l’originalité (le télésiège, l’avion, le sauna), et ainsi, les Ruines se déroule sur une pyramide, ainsi que, pour certains passages bien stressants, à l’intérieur. Les personnages sont bloqués sur la pyramide. S’ils descendent et s’éloignent, ils seront abattus comme des chiens. Sauf que la pyramide en elle même se révèle finalement bien plus terrifiante et dangereuse. Et Scott Smith au scénario a fait un excellent travail, faisant monter la tension avec des scènes parfois classiques, avant de verser dans le fantastique et même l’horreur pure au fur et à mesure du déroulement de son intrigue. Ce qui ne commence comme un film de survie extrêmement bien mené et réalisé (gestion de l’eau, soigner les blessures, évaluer le terrain, recherche de téléphone pour contacter « le monde extérieur ») plonge petit à petit dans une horreur plus viscérale, à base de paranoïa, d’amputation et j’en passe et des meilleures.

A ce titre, le réalisateur fait un travail plutôt incroyable pour ne jamais nous laisser souffler et entretenir à la fois le suspense et la tension. Quand on sait que toutes les scènes extérieures (soit un bon 70% du film) ont été tournées en lumière naturelle, on se rend compte que c’était le bon choix pour un rendu réaliste, malgré une intrigue s’éloignant rapidement du simple huit clos. Car si la menace est à l’extérieur avec ces autochtones, peu crédibles malheureusement (un dialogue précise une cinquantaine, à l’écran, on ne trouvera que 10 malheureux figurants), la menace sur la pyramide est encore bien plus grande, puisque celle ci est recouverte d’une végétation pour le moins agressive et surtout intelligente. Le film nous livre petit à petit des scènes bien surprenantes, et parfois même bien sanglantes. C’est simple, quand le ton du film redescend après quelques scènes à suspense, c’est pour mieux nous offrir une scène choc. Au nombre de deux (oui, certains diront que c’est peu), ces scènes sont particulièrement réussies et éprouvantes. Les acteurs font tous du très bon boulot et leurs réactions sont crédibles, permettant au spectateur de plonger encore plus facilement dans leur cauchemar, et ce jusqu’à la scène finale (la version non censurée, inédite en France, propose d’ailleurs une fin alternative bien plus pessimiste), rondement menée par le score à base de percution que nous a procuré Graeme Revell, habitué à ce genre de petites productions horrifiques (un petit budget de 8 millions de dollars), et ce depuis ces débuts dans les années 90 (Psychose 4, Chucky 2). Réalisé avec sérieux, prenant tout le long, sans baisse de rythme (et avec un petit 1h27 au compteur), Les Ruines est une grande réussite du genre, pourtant assez méconnu et ayant reçu pas mal de critiques mitigées lors de sa sortie.

Les plus

Un film rythmé

Une très bonne tension

Deux scènes chocs

D’excellentes idées

Les moins

Un début classique

Les autochtones (10 malheureux figurants)

En bref : Les Ruines est un excellent huit clos horrifique, jouant à merveille sur la tension et le suspense, et ce jusque sa scène finale réussie.

2 réflexions sur « LES RUINES (The Ruins) de Carter Smith (2008) »

  1. Oui ! Découvert ce soir. Loué un peu par hasard. On a bien aimé. Un survival horrifique en lieu exigu convaincant. Quelques scènes chocs. Une menace tangible. Je conseillerais aux gens de se lancer dans le film sans rien savoir – éviter les trailers et surtout, SURTOUT le poster japonais qui spoile tout – enfin si on comprend le japonais. Ces marketeux ont quand même de drôles d’idées parfois.

    Bonne petite surprise – oui surprise, car j’ignorais qu’il était chroniqué ici, ce film. Désolé !

    1. Voilà bien le genre d’avis qui me fait plaisir. C’est vrai qu’on parle peu de ce film, et qu’il est limite un peu oublié aujourd’hui, mais j’adore, je le trouve hyper bien fichu et pensé, dans sa construction, dans sa mise en scène très naturelle et simple aux premiers abords, dans ses scènes chocs marquantes mais assez espacées et prenant leur temps, pour pouvoir justement être marquantes. Mais c’est clair qu’il faut en savoir le moins possible en se lançant dedans.
      Je viens de checker mon Blu-Ray US, heureusement, il ne spoile rien, autant en synopsis qu’en photos, ouf.

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