DRACULA 3D de Dario Argento


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Titre original : Dracula 3D
2012 – Italie
Genre: Fantastique
Réalisation : Dario Argento
Musique: Claudio Simonetti
Scénario :  Dario Argento, Enrique Cerezo, Stefano Piani et Antonio Tentori d’après Bram Stoker

Avec Thomas Kretschmann, Asia Argento, Marta Gastini, Rutger Hauer, Miriam Giovanelli, Unax Ugalde et Maria Cristina Heller

Synopsis : Le jeune Jonathan Harker est accueillit dans le château du Comte Dracula pour affaires, mais rapidement, il est attaqué par une jeune femme, Tania, qui le séduit, et le mord. Harker tente de s’échapper du château, mais est tué par un loup. La femme de Jonathan, Mina, arrive au village et reste avec son amie, Lucy. Inquiète pour son mari, elle part visiter le château.

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Dracula 3D, Argento, voilà qui fait peur d’avance. Argento, les fans, il n’en a plus beaucoup. Ceux ci ont désertés, à différentes périodes de sa carrière. Pour certains, la fin d’Argento, c’était dès 1982, après l’énorme Ténèbres. Mettre fin à sa carrière ici, c’est cependant passer à côté de son film suivant, le très bon Phenomena avec Jennifer Connely. Pour d’autres, la fin, c’était en 1987 avec Opéra, et il faut avouer que le film, malgré sa géniale mise en scène, était doté d’un scénario ridicule. Mais encore une fois, ce serait faire l’impasse sur certains très bons films comme Le Syndrôme de Stendhal ou Le Sang des Innocents (et oui, quelques très mauvais films, comme Trauma ou Le Fantôme de l’Opéra). Là où tout le monde tombe d’accord finalement, c’est à partir de Card Player en 2002, pourtant pas si mauvais que ça. Alors, Dracula 3D ? Aussi mauvais que Giallo ? Aussi drôle involontairement que Mother of Tears ? Aussi plat mais finalement potable que Card Player ? Et bien finalement, non à toutes les questions. Heureusement, Dracula 3D n’est pas aussi raté que Giallo, malheureusement, il n’est pas aussi drôle que Mother of Tears, et malheureusement, il n’est aussi potable qu’un Card Player. Mais après deux très mauvais films, le vieux Argento remonte doucement, très très doucement la pente. Car s’il se fait vieux et déçoit de films en films, il ne faut pas oublier pour autant que le vieux (ex) maître avait livré le meilleur épisode de la saison 2 de Masters of Horror. Mais le problème avec Dracula 3D, c’est que des moments absolument géniaux côtoient des moments franchement pathétiques qui descendent le film vers le bas, vers le nanar, voir parfois, franchement, le navet. Et vouloir adapter une nouvelle fois Dracula, c’était dés le départ un pari totalement fou, tant les bonnes adaptations, il y en a eu, tant avec les productions Hammer de la bonne époque, qu’avec les deux adaptations sous le nom Nosferatu qu’avec le Dracula de Coppola. Argento n’a pas franchement choisit la facilité, loin de là, et dès la scène d’ouverture, on peut faire un rapide détail des défauts et qualités de l’œuvre, qui heureusement, n’est pas dénuée de qualités.

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Quand tout commence, ça commence franchement mal, avec un générique sur un village créé entièrement numériquement, et franchement très très moche, le tout sur une musique ultra appuyée et ratée de monsieur Simonetti (mais bon, avouons le, ces quelques scores précédents, notamment pour Mother of Tears, n’étaient déjà pas fameux). On n’a pas franchement envie de continuer, mais après avoir encaissé Giallo, le fan de base est capable de tout supporter. Et on a bien raison, car dès la scène suivante, se calmant sur les animations numériques, le film prend un autre tournant, en nous montrant une mise en scène souvent soignée, malgré un aspect parfois téléfilm, notamment pour les éclairages un peu trop appuyés. Mais la mise en scène se montre carrée et plutôt efficace, et malgré une photographie peut être trop lumineuse (accentuant parfois un côté téléfilm), un jeu d’éclairage plutôt sympathique apparaît et donne un cachet plus que sympathique au métrage, qui ne le lâchera pas jusqu’au final. Le film est entre de bonnes mains pour au moins nous donner un film potable visuellement, sur une histoire que l’on connaît par cœur, bien que Argento va opérer quelques mineurs changements dans cette histoire, et parfois, faire des choix douteux. Car oui, Dracula 3D est un film d’extrêmes, d’idées tantôt réussies, tantôt à côté de la plaque, de plans réussis puis totalement ratés, de scènes prenantes puis de scènes à mourir de rire. On pourra s’en apercevoir dès la première attaque du comte Dracula sur la jeune villageoise Tania. Le film nous propose quelques beaux plans de caméras, travelling et autres, et de jolis éclairages, et à côté de ça, des plans de nudité qui ne servent franchement à rien et des plans faisant appel au numérique, mais un numérique d’un autre temps, genre, une cinématique de Playstation 2. Bien entendu, on a vu pire dans les productions bas de gammes (Syfy, NU Image, The Asylum), mais le constat pique les yeux, surtout si on compare ses effets à ceux effectués sur le plateau, beaucoup plus violents et percutants.

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Bref, l’histoire de Dracula 3D, à quelques petits passages près, ne joue pas sur la surprise, en reprenant l’histoire de Dracula quasi à la lettre près. Un village, un château isolé, le comte, le jeune Harker, Mina, Lucy, tout est là, même le docteur Van Helsing, pour l’occasion joué par Rutger Hauer. Rien de bien surprenant, et malgré quelques scènes de remplissages plutôt chiantes, l’ensemble tient bien la route et intéresse sur toute la durée (1h50). Rien de bien spécial à signaler ici. Passons aux acteurs. Là, on a du bon, et du très mauvais. Asia Argento, jouant le rôle de Lucy, n’est pas une mauvaise actrice de base, mais lorsqu’elle joue chez son père, c’est une autre histoire, car à part pour Le Syndrôme de Stendhal, la jeune femme n’est que très rarement concernée (Le Fantôme de l’opéra – sic – Mother of Tears – re sic). Ici, ben, c’est pareil, elle semble parfois se demander ce qu’elle fait là. Rutger Hauer lui, après nous avoir livré dernièrement une très bonne prestation dans Hobo With A Shotgun, semble lui aussi se demander ce qu’il se fait là, car le bonhomme a du mal à aligner plus de trois mots sans faire une pause dans ces phrases. Quel Van Helsing il nous offre là. Il semble lent, fatigué, pas concerné. Il se rattrape un peu sur la fin quand même, mais bon. La palme du mauvais jeu revient cependant au prêtre, surjouant chacune de ses apparitions. Heureusement, à côté de ça, Unax Ugalde nous offre un Jonathan Harker peu présent dans le métrage mais plutôt crédible, tandis que Thomas Kretschmann nous offre un comte Dracula plutôt plaisant et intéressant, bien que n’arrivant pas à la cheville d’un Gary Oldman ou Christopher Lee, mais ne cherchons pas la comparaison là. Il livre une très honnête prestation la plupart du temps (traduction : à l’exception de quelques scènes nanardes) et rend le personnage crédible. Parfois même inquiétant, lorsqu’il reste figé dans un décor énorme, à guetter sa proie. Heureusement qu’il est là par ailleurs. Comme dit plus haut, la mise en scène est d’honnête qualité, à milles lieux de celle de Giallo (mais à milles lieux des Argento de la bonne époque également). Les plans sont parfois beaux, fluides, le jeu d’ombres est parfois intéressant et donne une ambiance particulière, presque théâtrale au métrage. Les effets spéciaux, quand il s’agît de maquillages, sont réussis, et on est bien loin de l’aspect nanar et faux d’un Mother of Tears. On a droit à quelques meurtres violents, et Argento a eu l’intelligence de ne pas attarder sa caméra sur les effets pendant des plombes, ce qui aurait ruiné son effet et dévoilé en quelque sorte la supercherie (comme dans justement Mother of Tears).

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Jusque là, Dracula 3D alterne franchement le bon et le beaucoup moins bon, mais deux éléments viennent s’ajouter à l’ensemble. La musique de Claudio Simonetti parvient par moment à sublimer une scène, en se faisant discrète et adéquate, alors qu’à d’autres moments, la musique prend son envol et ruine tout simplement la scène. M’enfin, l’interprétation chaotique, la musique qui en fait trop, ce ne sont pas là les seuls points faibles du métrage, puisqu’il y a bien pire. Oh oui. Le numérique donc, arrivant par exemple dès que Dracula va se changer en animal, ce qu’il fera assez souvent. Aigle, loup, mante religieuse géante (WTF ??!!)… Rien ne nous sera épargné, et le film nous montrera alors ses grandes limites et plongera dans ses quelques passages dans le nanar pur et dur. On pourra noter également l’utilisation de numérique pour tout ce qui concerne les flammes par exemple, et le résultat fait mal aux yeux. Ces scènes d’ailleurs, sans aucun doute probablement pensées pour des effets 3D, passent très mal en 2D (et non, je ne testerais pas le film en 3D, étant contre ce procédé) et s’avèrent être les pires scènes du film, ne laissant que peu de place à la suggestion. Oui, Dracula 3D est vraiment un film d’extrême, certaines scènes sont franchement bonnes, d’autres totalement ratées (ah, la rencontre entre Asia Argento et Rutger Hauer), dotés de bons effets faits sur le plateau et de très mauvais faits par ordinateur, on passe très facilement du bon au mauvais, mais le film est un petit pas en avant, pas la résurrection de Argento, faut pas pousser, mais infiniment mieux que Giallo.

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7

Les plus:

Quelques bonnes scènes

Une réalisation finalement honnête la plupart du temps

Thomas Kretschmann s’en sort bien

Les moins:

Des  effets numériques risibles

Certains acteurs peu concernés

Des scènes ratées

Une musique très inégale

En bref: Pas aussi raté que Giallo, pas aussi drôle que Mother of Tears, Dracula 3D alterne constamment le bon (voir très bon) et le très mauvais. Mais Argento a fait tellement pire dernièrement qu’on a « presque » envie de lui pardonner.

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