PEDICAB DRIVER (群龍戲鳳) de Sammo Hung (1989)

PEDICAB DRIVER

Titre original : Kwan Lung Hei Fung – 群龍戲鳳
1989 – Hong Kong
Genre : Drame / Action
Durée : 1h34
Réalisation : Sammo Hung
Musique : Lowell Lo et Sherman Chow
Scénario : Yuen Gai-Chi et Barry Wong

Avec Sammo Hung, Nina Li Chi, Suen Yuet, Max Mok, Fennie Yuen, Lowell Lo, Mang Hoi, John Sham, Liu Chia-Liang, Corey Yuen, Billy Lau, Alfred Cheung, Lam Ching-Ying et Eric Tsang

Synopsis : Fat Tung est le chef d’une bande de chauffeurs de taxi en vélo. Alors qu’ils se disputent les meilleurs coins de la ville et les meilleurs clients, un ami de Fat Tung tombe amoureux d’une jeune femme, qui est en réalité une prostituée, dont le patron est un dangereux maquereau nommé Master 5.

Considéré par beaucoup comme un des meilleurs métrages de Sammo Hung, il est étonnant de voir qu’encore à ce jour, aucune édition DVD du métrage n’existe, et ce peu importe le pays. Le film n’existe qu’en VHS, point barre. Un petit retour en arrière s’impose. Dans les années 80, Sammo Hung est une personnalité importante, à la fois réalisateur, acteur, chorégraphe et producteur. Toujours à l’affut, le bonhomme lancera certains modes et genres, comme la Ghost Kung-Fu Comedy, et ce dés 1980 avec L’Exorciste Chinois, un film ayant définitivement sa patte. Puis, Sammo se lance, en tant que réalisateur, dans la comédie, tandis qu’il continuera de produire des Ghost Kung-Fu Comedy, avec notamment la saga des Mr Vampire, réalisés par Ricky Lau. De son côté, Sammo se focalisera par mal sur des films différents, comme le drame (First Mission) ou la comédie donc, avec Le Gagnant (Winners and Sinners) ou les différents Flic de Hong Kong (My Lucky Stars).

Peu importe le genre, les combats eux sont toujours là. En 1988, Sammo signait sa dernière collaboration avec ses deux frères, Jackie Chan et Yuen Biao, avec l’excellent Dragons Forever, comédie d’action rondement menée. Continuant sa route de son côté, Sammo revient à ses premiers amours dés l’année suivante. Ainsi, malgré quelques grimaces et un début comique du plus bel effet, Pedicab Driver n’est pas une comédie, mais un film sombre, un drame, avec des personnages forts, où le réalisateur, comme souvent, n’hésite pas à être cruel envers ces personnages. Tout commence donc doucement, avec une réunion entre plusieurs chauffeurs de taxi se disputant les clients et les lieux de la ville, réunion tournant au combat où Sammo montre qu’il n’a rien perdu de son humour. Combats de néons hommage à Star Wars, ou encore un autre combat amusant entre Corey Yuen et Peter Chan, qui semblent s’amuser comme des fous. Mais directement après cette scène, Sammo nous montre que là n’est pas le but du métrage, ni le genre, et change son fusil d’épaule, en nous montrant ses personnages et en les développant.

Il va se focaliser d’un côté sur les 4 chauffeurs de taxi héros de l’histoire que sont : Sammo Hung, Max Mok, Lowell Lo et Mang Hoi. Ils pourraient avoir la vie facile, mais c’est mal connaître le cinéma de Sammo Hung. Puisque de l’autre côté, le réalisateur s’intéresse aux prostituées de la ville, dont le chef, Master 5, est joué par John Sham. Choix étonnant tant l’homme s’est plutôt concentré sur la comédie (Yes Madam, Winners and Sinners, Twinkle Twinkle Lucky Stars). A contre-emploi ici, John Sham impressionne. On le découvre, demandant à ses hommes de tuer froidement un homme ayant une relation avec une prostituée. Dans le rôle de la victime, étonnant, malgré un rôle très court : Dick Wei, plutôt habitué aux rôles de méchants s’octroyant le combat final.

Mais dans tout ça, c’est bel et bien John Sham, détestable au possible, qui remporte la palme. Cet univers sombre était forcément destiné à rencontrer l’autre facette du film, allant jusqu’à retirer alors tout espoir et tout humour du film. Pour autant, Pedicab Driver va prendre son temps, sans jamais l’étirer en longueur. Toute la première partie, faisant naître deux amourettes, fonctionne bien, et reste parsemée de quelques grands moments d’action. En effet, bien que parfois un brin inutile à l’histoire même, Sammo Hung croisera Lui Chia Liang, que l’on ne présente plus, et l’affrontera, livrant ainsi un combat anthologique, peut-être un des meilleurs combats de l’époque, et assurément, du film.  Commençant au poing avant de se finir à coups de bâtons, le combat impressionne par sa vitesse et sa précision, si bien que les deux légendes ne déçoivent pas, et que les autres combats du métrages paraitront moins impressionnants.

Il est vrai qu’à côté de cela, le final paraît moins bon, mais pourtant, la magie opère,  tout simplement car Sammo Hung à quelque chose à raconter, injecte un fond à son métrage. Si bien que quand le film laisse la comédie et à terminé de présenter ces personnages, le drame débarque, tout comme la vengeance. Les combats deviennent alors extrêmement violents, ne laissant aucune échappatoire aux personnages qui ne gagnent pas l’affrontement. Sammo Hung enchaîne les affrontements, parfois courts, mais toujours violents, et il offre même à Billy Chow un des meilleurs combats de sa carrière (il l’avait déjà affronté dans Paper Marriage). Sammo Hung se lâche totalement à tous les niveaux, offrant un spectacle total, sombre certes, mais réfléchi. On pourra toujours dire que quelques scènes sont gratuites et ne servent pas véritablement l’histoire, mais quelles scènes. S’inscrivant immédiatement comme un classique et comme un retour de Sammo Hung à des structures de films lui convenant mieux, Pedicab Driver est bel et bien un des derniers grands films de Sammo Hung, pour ceux ayant pu le voir, vu que la bête reste difficilement trouvable, et dans une qualité discutable.

Les plus

Le combat Sammo Hung / Lui Chia-Liang
Une partie dramatique qui fonctionne
L’humour en début de métrage</strong
John Sham surprenant en méchant

Les moins

Et ça, ça ne sort pas en dvd !!

En bref : Pedicab Driver est un drame parfois touchant, parfois très violent, mais non dénué d’humour, et avec d’excellents combats. Une réussite.

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