SPRING BREAKERS de Harmony Korine


Spring Breakers US posterSPRING BREAKERS

Titre original: Spring Breakers
2012 – Etats Unis
Genre: Drame
Réalisation : Harmony Korine
Musique: Cliff Martinez et Skrillex
Scénario : Harmony Korine

Avec  James Franco, Vanessa Hudgens, Selena Gomez, Ashley Benson et Rachel Korine

Synopsis : Pour financer leur Spring Break, quatre filles fauchées décident de braquer un fast-food. Et ce n’est que le début. Lors d’une fête dans une chambre de motel, la soirée dérape et les filles sont embarquées par la police. En bikini et avec une gueule de bois, elles se retrouvent devant le juge, mais leur caution est payée par Alien, un malfrat local qui les prend sous son aile…

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Spring Breakers, on aura un peu tout entendu au sujet de ce film. Un film scandaleux, chiant au possible et qui irrite rapidement pour les uns, et un film qui fait mouche, critique ce qu’il faut et prend aux tripes pour les autres. De mon côté, malgré quelques petites réserves sur certains aspects du métrage, je me range dans la seconde catégorie. Spring Breakers commence comme un rêve, ou du moins, avec des personnages qui veulent rêver, avant doucement de nous faire rentrer avec elles dans un cauchemar. On nous invite à suivre donc quatre jeunes filles, des princesses (Disney), qui s’ennuient de la vie, du quotidien, et qui rêvent de mieux, de voyage, de fête, d’excitation, de frissons même ! Malheureusement, leur quête va rapidement les emmener de l’autre côté du miroir. D’ailleurs, quand le métrage commence, le réalisateur (également scénariste) nous arrose directement, sans préparations, de deux minutes de plans sur des jeunes qui font la fête, sur la plage, parfois nus, buvant de l’alcool ou prenant d’autres substances illicites, le tout sur un montage assez cut et la musique du groupe de dubstep Skrillex. Ce que certains spectateurs devaient surement attendre simplement d’un film parlant de Spring Break. Mais  rapidement, le réalisateur dit stop et après nous avoir limite abreuvé et dégoûté de ces images en seulement deux minutes, il change de décor pour nous présenter donc ces quatre princesses, que sont Vanessa Hudgens, Selena Gomez, Ashley Benson et Rachel Korine. Vivant au départ dans une réalité un peu trop banale à leur goût, à la recherche d’une vie plus excitante, elles nous apparaissent immédiatement comme des personnages que l’on ne va pas vraiment pouvoir apprécier, des anti héroïnes.

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C’est bel et bien le cas, et le réalisateur va appuyer sur ce point. Vulgaire, parlant de sexe, sans morale et prête à braquer un fast-food juste pour pouvoir partir en Spring Break et s’amuser. Des personnages que l’on aura plaisir pourtant à suivre, et dont une seule du groupe sortira du lot, et se montrera dans un sens plus humaine et appréciable que les autres. Espérant trouver un sens à leur vie en partant donc en Spring Break, pour mieux se perdre, s’oublier, se comprendre et donc être libre, comme nous pouvons le comprendre grâce aux différents appels téléphoniques que l’un des personnages passera à sa grand-mère, le film va dès lors de transformer très rapidement en une rude descente aux enfers, pour qui veut bien voir au delà de la surface des images, réfléchir à la portée des images et au propos du métrage. Oui, pour apprécier et comprendre Spring Breakers, il faut du recul sur le métrage. Pourtant, le réalisateur va insister, visuellement, pour bien nous faire comprendre que ce qu’il filme, le paradis que les personnages recherchent, n’est qu’une illusion, un monde artificiel qui ne fait que nous consommer. Dans ce monde de drogues, d’alcool, de meurtres même, mis en scène de manière effrénée à l’aide de couleurs fluo, d’un montage parfois totalement chaotique, nos petites princesses acceptent de ce perdre, pour mieux se retrouver, lorsque le cauchemar voudra bien s’arrêter, s’il s’arrête un jour. Malgré tout, l’un des personnages quittera la bande assez rapidement, ayant plus les pieds sur terre que ces différentes amies. Elle se rend compte que le rêve vire au cauchemar, et qu’il est temps pour elle de retourner à la réalité, avant d’atteindre le point de rupture imminent, que l’on ressent dés l’arrivée de James Franco dans le métrage.

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Jouant un dealer aux fausses dents bien content de présenter toutes ces armes, son empire, son argent, craquant pour ces demoiselles bien plus jeunes que lui, il continuera de les traîner vers le cauchemar, les faisant apprécier cet aspect. Si bien qu’elles ne réaliseront même pas, ou alors trop tard pour certaines, que la situation n’a plus rien à leur apporter. Rien de bon du moins, si ce n’est des pleurs, du désespoir. Et alors que le film continue sur cette lancée, avec son montage parfois étrange, ces dialogues répétés à l’infinis (« You’re scared aren’t you ? » ou encore « Spring Breaks FOREVER »), et le son de pistolet que l’on recharge qui vient parfois clore les scènes, le tout baignant dans un visuel aux couleurs chaudes qui ne plaira pas à tous, et avec la sublime musique de Cliff Martinez (Only God Forgives pour n’en citer qu’un), le réalisateur brise quelque peu le délire avec un final qui, s’il peut être interprété de différentes manières, paraît bien trop surréaliste et grossier pour coller avec le reste du métrage. Une fin expéditive donc, et très décevante, bien dommage. Mais l’on retiendra malgré tout les efforts du métrage, tant dans la technique (si l’on adhère bien entendu) que dans l’interprétation, en particulier James Franco, méconnaissable, et Selena Gomez, surprenante et presque touchante (presque, dommage !).

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150

Les plus:

Une ambiance cauchemardesque extra

James Franco au top, Selena Gomez surprenante

Super bande son

Un trip prenant

Les moins:

Un final assez raté

 

En bref: Spring Breakers ne plaira assurément pas à tout le monde. Critiquant ce qu’il nous montre clairement, il s’agît d’une invitation à vivre une lente descente aux enfers.

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