THE CHASER (추격자) de Na Hong-Jin (2008)

THE CHASER

Titre original : Chugyeokja – 추격자
2008 – Corée du Sud
Genre : Policier
Durée : 2h03
Réalisation : Na Hong-Jin
Musique : Kim Jun-Seok
Scénario : Na Hong-Jin, Hong Won-Chan et Shinho Lee

Avec Kim Yoon-Seok, Ha Jeong-Wu, Seo Yeong-Hee, Lee Sang-Hee et Jo Seok-Hyeon

Synopsis : L’ex-détective Jung-ho est devenu proxénète. Chaque soir, Il reçoit les appels de clients anonymes à qui il envoie ses filles, comme la jeune Mi-jin. Furieux parce que certaines d’entre elles se sont enfuies sans payer leurs dettes, il réalise bientôt qu’elles avaient toutes rencontré le même client avant de disparaître, identifié uniquement par son numéro de téléphone … ÒJung-ho va reprendre du service et se lancer dans une chasse à l’homme rythmée par l’espoir de retrouver Mi-jin vivante…

The Chaser s’annonce sur le papier comme un énième polar Coréen, avec traque, tueur en série, ultra violence, scènes sous la pluie. Premier film de Na Hong-Jin qui signa par la suite The Murderer (The Yellow Sea), The Chaser a pourtant dans sa poche plusieurs éléments pour en faire un divertissement solide et rythmé, et surtout pas plus bête que n’importe quel autre métrage du genre. Oui, en soit, The Chaser n’invente absolument rien, mais il le fait bien, et sait se rendre divertissant, violent quand il le faut, et également mettre un sous texte derrière ses images quand il le faut. Car derrière son histoire simple de proxénète qui part à la recherche d’un tueur en série pour retrouver une de ses filles, blessée et capturée, le réalisateur en profite pour distiller un humour, ironique et parfois pathétique, sur les apparences, les faux semblants, et encore une fois, les forces de l’ordre totalement incapables. Ainsi, notre personnage principal est un ancien flic devenu proxénète. Il est un peu asocial, un peu violent, n’en fait qu’à sa tête, bref, un élément parfois un peu gênant, interprété de manière solide par Kim Yun-Seok (The Thieves, The Murderer, Hwayi : A Monster Boy). Face à lui, un tueur en série, propre sur lui, cachant un peu trop bien qui il est, derrière son costard, son côté timide, son sourire, joué par le tout aussi bon Ha Jung-Woo (The Agent, et également The Murderer). Deux personnes très différentes, et pourtant très violentes également.

Et fatalement, entre ce personnage rentre dedans mais bon et cette pourriture qui se cache derrière un masque, la police va plutôt se préoccuper du premier cas, reléguant par moment l’enquête derrière d’autres choses bien plus futiles. La police en prend encore une fois pour son grade, puisqu’ils préfèrent s’occuper d’autres affaires par moment, patinent à d’autres et n’arrivent pas à obtenir la moindre information. Mais The Chaser a bien d’autres choses à raconter sur ses deux personnages principaux, et reste avant tout une chasse à l’homme sombre et rythmé. La première partie du métrage fait quasi un sans faute. Il faut dire qu’entre ses acteurs confirmés et dévoués, la mise en scène fait le boulot. C’est très propre, bien filmé, les rues de Séoul sont éclairées de manière très sombres si bien que l’on ne sait jamais ce qui peut surgir du coin de la rue, et les rares courses poursuites (oui, il y en a très peu au final) sont filmées de manière totalement lisibles et agréables à l’œil. Pas de caméra portée ici non (contrairement aux courses poursuites de The Murderer), mais de beaux plans stables. Le scénario lui, bien que classique, reste très bien ficelé, et accorde beaucoup d’importance à ces deux personnages principaux, quitte à délaisser le reste. Oui, que ce soit les flics ou la fille à sauver (jouée par Seo Yeong-Hee, qui avait le premier rôle de Bedevilled – Blood Island), les personnages secondaires sont artificiels, malgré la critique des forces de l’ordre.

Par contre, entre ce tueur en série souriant, froid, et dont finalement les motivations ne sont jamais expliquées, en faisant un vrai monstre, et cet ancien flic assez asocial et violent qui va retrouver une part d’humanité en s’occupant de la petite fille de son employée, The Chaser a un fond intéressant. Dans sa seconde partie, le réalisateur cède quelque peu à la facilité en allant dans la surenchère, avec des scènes très violentes, mais encore une fois bien amenées et surtout logique finalité de cette histoire, bien construite et ne se déroulant finalement que sur 24 heures dans quasiment un seul quartier de la ville. Malgré donc quelques réserves, Na Hong-Jin livre un premier film enthousiasmant, classique mais intéressant et rondement mené. On n’échappera pas à quelques clichés et à la fameuse pluie Coréenne, mais finalement, l’essai se fait plus humain que le cinéma de Park Chan-Wook, moins gratuit par moment, mais violent et rythmé. Un réalisateur à suivre qui livrera par la suite le très sympathique The Murderer.

Les plus

Deux personnages intéressants
Maîtrisé
Très prenant
Rythmé et sans fausses notes

Les moins

Cela reste classique dans le fond
Une certaine surenchère vers la fin

En bref : Un premier film prometteur bien que parfois très classique. L’ensemble est rythmé et les acteurs principaux donnent vie aux personnages.

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