SMASH CUT de Lee Demarbre (2009)

SMASH CUT

Titre original : Smash Cut
2009 – Canada
Genre : Comédie d’horreur
Durée : 1h19
Réalisation : Lee Demarbre
Musique : Michael Dubue
Scénario : Ian Driscoll

Avec David Hess, Sasha Grey, Jesse Buck, Michael Berryman et Hershell Gordon Lewis

Synopsis : Abble Whitman est un réalisateur de films d’horreur à petits budgets. Son dernier film, Terror Toy, n’est pas des plus apprécié, par le public, par la critique. Il se fait descendre de tous les côtés. Tourner coute beaucoup d’argent, et les effets de son film semblent dépasser. C’est après un accident de voiture que lui vient l’idée d’utiliser les membres de son équipe technique comme accessoires de tournage. Poursuivi par un détective privé engagé par sa nouvelle actrice, April Carson, les meurtres se multiplient.

Tout juste sorti en Angleterre en DVD, Smash Cut est un hommage Canadien au cinéma de Hershell Gordon Lewis, qui rappelons le, est le créateur du genre gore dans le monde du cinéma, avec Blood Feast et 2000 maniacs. Des films qui ont certes maintenant pris un grand coup de vieux, mais qui restent importants. Lee Demarbre n’en est pas à son premier film, et pour Smash Cut, il s’offre des têtes d’affiches et des seconds rôles intéressants. Dans le rôle du réalisateur qui péte un câble, nous retrouvons David Hess, bien connu pour son rôle dans La dernière maison sur la gauche de Wes Craven (et accessoirement en quelque sorte sa version italienne, La dernière maison au fond du parc de Ruggero Deodato). Dans le rôle du producteur, nous avons Michael Berryman, qui jouait Pluto dans La Colline a des Yeux, du même Wes Craven dans les années 70 également. Et dans le rôle d’April Carson, nous retrouvons Sasha Grey, quelques mois après la sortie du film de Soderbergh, The Girlfriend Experience. Sans oublier dans un petit rôle la présence de Hershell Gordon Lewis en personne. Tout ce bon casting va s’en donner à cœur joie, car si Smash Cut parle de cinéma d’horreur, il va parfois tellement loin que pour l’apprécier, mieux vaut le voir comme une comédie gore. Le début donne le ton d’ailleurs. La mise en abîme est totale, nous sommes dans un cinéma et assistons à la projection de Terror Toy, projection à laquelle assiste Abble (David Hess donc), maquillé pour l’occasion. Le film projeté ne laissera pas le public indifférent : critiques, personnes qui quittent la salle, le film tout comme son réalisateur se font huer. Abble a besoin de nouvelles idées, de nouveaux moyens, de plus de réalisme. La solution à tous ces soucis va arriver par accident, alors qu’il raccompagne une danseuse en voiture. Un malheureux accident et la jeune femme va perdre la vie, et Abble va cacher le corps. Le désespoir du personnage est plutôt bien retranscrit en début de métrage, tout lui tombe dessus en même temps, et il ne sait absolument pas comment gérer la situation. Il se fait descendre, les effets de son nouveau film sont ratés, et un cadavre lui tombe dessus.

C’est là que fatalement, l’idée de génie (de fou) va lui arriver. Si ses effets sont ratés, s’il se fait descendre pour cela, il a avec lui, dans le coffre de sa voiture, un vrai cadavre. Pourquoi ne pas l’utiliser ? Abble va chuter dans la démence totale très rapidement. Il lui suffira de tuer pour utiliser des cadavres et divers membres humains pour rendre son film réaliste. La réaction des producteurs à la vue des rushes du métrage vont le pousser à aller encore plus loin, réécrivant le script, tuant un peu tout le monde sur son plateau. L’équipe technique du métrage va alors réduire, au fur et à mesure qu’il tuera producteurs, scénariste, créateur des effets visuels. Abble se donne corps et âme à la tâche, pour le résultat final, pour l’art, avec un grand A. Même une journaliste critiquant ses films va y passer. Au fur et à mesure de son carnage, ne se déroulant jamais sans une petite note d’humour ou des dialogues bien sentis, le scénario de son film sera réécrit en fonction des gens qu’il doit (veux) tuer et des membres ou organes qu’il récupère. David Hess est absolument parfait dans son rôle, qui reste le plus développé et le plus intéressant du métrage. Passé cela, d’autres personnages importants interviendront, mais resteront tout de même assez à l’écart. April Carson débarque en milieu de métrage, jouée par la charismatique Sasha Grey. Ici à la recherche de sa sœur (la première victime, par accident), elle engage un détective privé (un brin ridicule certes, et trouvant assez rapidement la solution). Le problème de ces personnages secondaires, c’est qu’ils ne sont pas assez exploités et restent au final très classiques. La vedette du métrage, c’est bel et bien David Hess et sa démence, ce qui n’empêche aucunement les autres acteurs de très bien jouer. On retiendra d’ailleurs surtout Michael Berryman en producteur, notamment sa scène avec David Hess en salle de montage, où ils passent en un clin d’œil à « notre boss a été retrouvé mort » à « ça peut faire de la pub pour le film », et Sasha Grey, amusante dans son rôle d’investigatrice infiltrée sur le tournage du film, et devenant la nouvelle muse de Abble.

Les différents passages entre Abble et April seront d’ailleurs de la pure comédie, et les deux acteurs s’en donnent à cœur joie. Entre deux carnages parfois assez inventifs (harpon, cutter, clapet de cinéma, valise), Abble n’oublie pas de réaliser son film, et va rapporter à sa nouvelle actrice, April, pas mal d’accessoires : tête coupée, mains coupées (ironiquement, les mains du scénariste), des yeux (celui du caméraman). Les voir s’amuser et débattre sur ces « vrais » faux accessoires est un petit moment de plaisir. Malheureusement, outre la folie du personnage, des situations, les meurtres, la bonne humeur générale et le charisme des différents acteurs, on aurait apprécié que certains points et personnages soient un peu plus développés. Cela n’enlève rien au plaisir que procure Smash Cut, un plaisir simple, parfois enfantin, bien sanglant, et une mise en abîme intéressante sur l’art de mettre en scène un film, de s’investir moralement et physiquement, comme le font certains réalisateurs. Smash Cut parodie tout cela à l’extrême, et c’est bien là son gros point fort.

Les plus

Un film amusant
Des têtes connues
Des moments bien trouvés
Un film que l’on sent sincère

Les moins

Mais un film inégal
Ça reste un peu fauché
Certains aspects peu développés

En bref : Une comédie gore bien délirante où David Hess explose à l’écran. Dommage que certains personnages soient peu intéressants (le détective) et d’autres pas assez exploités (April Carson).

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