JAILBAIT de Jared Cohn


JAILBAIT

Titre original : Jailbait
2014 – Etats Unis
Genre : Drame érotique en prison
Réalisation : Jared Cohn
Musique : Chris Cano
Scénario : Jared Cohn
Avec Sara Malakul Lane, Erin O’Brien, Steve Hanks, Andray Johnson, Jennifer Jacobs et Samantha Cardona

Synopsis : Anna est envoyée en prison juvénile pour le meurtre de son beau-père qui abusait d’elle. Mais la vie ne sera pas de tout repos en prison, entre les abus, les drogues, les maladies mentales, la rédemption.

Ceux qui me connaissent le savent, les productions de The Asylum, j’ai abandonné. À quoi bon se faire du mal après tout, la société n’a jamais brillé, et ne brillera jamais. On pourrait se dire que c’est récent mais non, dés leurs débuts, ils produisaient du Scarecrow en 2002 ou Vampires vs Zombies en 2004, avant de trouver le filon du mockbuster pathétique : War of the Worlds, King of the Lost World, Snakes on a Train… Et ça ne s’arrange donc pas de nos jours : Sinister Squad, Ghosthunters, The Fast and the Fierce, sans oublier leur saga « culte », Sharknado, qui aura sans doute son sixième opus en 2018, diantre ! Ils ont le créneau, ils ont les réalisateurs qui, manque de talent, ne peuvent rien faire d’autre et restent. Parmi ces réalisateurs, certains tentent des films différents. Venons en donc à Jared Cohn, que j’avais découvert avec 12/12/12 en… 2012. Pas un bon film, mais loin d’être le fond de The Asylum. Puis il y a eu Hold Your Breath de la même année. Pas bon non plus, mais loin d’être le pire. Et si depuis, le réalisateur a cédé aux mockbusters (Bound pour 50 Nuances de Grey, Little Dead Rotting Hood pour Le Chaperon Rouge, Death Pool pour… ouais vous avez captés quoi), j’ai décidé de me plonger dans un de ses films pour The Asylum qui ne copie pas un autre film actuel. Jailbait, l’histoire de Sara Malakul Lane (vue dans le nouveau Kickboxer) qui après s’être défendue contre son beau-père qui abusait sexuellement d’elle, se retrouve en prison. L’histoire est classique, et pas de bol, le film va prendre tous les clichés du genre et les insérer tous dans son récit. Sur un ton se voulant dramatique, voilà que l’on va voir, scène après scène, tous les clichés de ce genre bien particulier.

À savoir, la fouille sur les jeunes femmes intégralement nues, des passages à tabac par les gangs de la prison, les passages en isolement (forcément, nues), les scènes de sexe entre prisonnières, les scènes de masturbation en cellule, l’utilisation de drogue et la descente dans l’enfer de la drogue, le personnage qui deviendra bad-ass (et donc, tatouée waou), sans oublier le cliché ambulant du très très méchant gardien de la prison. Oui, tous les clichés sont là, et avec sa durée courte pourtant d’1h30, voilà que je ne vous ai cité que les clichés de la première demi-heure. Au moins, on ne pourra pas reprocher à Jailbait de prendre son temps, tout va vite pour que l’on ne s’ennuie pas. Est-ce que ça en fait un bon film pour autant ? Pas vraiment non. Accumuler les clichés et accumuler les scènes de sexe racoleuses avec des actrices pas forcément bonnes, et le tout sans réel enjeux, et bien ça n’aide pas franchement il faut avouer. Alors quand il reste une heure au compteur, et qu’on nous rajoute encore plus de scènes lesbiennes racoleuses sur des musiques déplacées, de nouvelles scènes de drogue avec de l’héroïne, des passages à tabac, puis des coups de couteau, des meurtres, plus de nudité, et encore ce fameux gardien qui aime abuser des jolies filles qui ne savent pas jouer, c’est un peu la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Encore une fois, Jared Cohn ne livre pas le pire du catalogue The Asylum, loin de là d’ailleurs, on pourra même dire que sa mise en scène, certes sans génie, n’est pas non plus catastrophique, que les actrices à défaut d’avoir du talent sont jolies à regarder (et tout le temps nues quasi, jusqu’à nous dégoûter), que le film ne nous abreuve pas d’interminables dialogues qui ne sont là que pour gagner du temps à l’écran car il n’y a pas de budget pour le reste.

On pourrait même dire que le film ressemble presque à un vrai film. Le fait d’avoir une intrigue terre à terre ne nécessitant pas d’effets spéciaux numériques donne immédiatement un peu plus de sérieux à l’ensemble. Mais à force d’accumuler les scènes de sexe (consentantes ou non), les sévices, passages à tabac et autres éléments du genre, le film perd de plus toute crédibilité. Même quand quelque chose de plutôt positif arrive au personnage, il y a le revers de médaille qui vient nous faire dire « ah ben non, la finalité est la même ». Vouloir ressusciter un genre quasi mort (le WIP, Women in Prison), genre qu’affectionnait particulièrement Jess Franco, ce n’était pas forcément une mauvaise idée. Mais soigner un peu plus le métrage et laisser parfois les personnages respirer entre deux scènes de tortures/sexe, ça aurait aidé à au moins impliquer le spectateur. Ou avoir des actrices qui savent jouer, ça aurait certes aidé aussi. Alors bien entendu, Jailbait est un produit racoleur, un produit d’ailleurs qui ne s’adresse qu’aux fans des WIP (ou des hommes qui veulent de la nudité quasi constante), mais, dans son genre si particulier, il n’est pas le pire. Et surtout, venant de The Asylum, il n’est définitivement pas le pire. Il est d’ailleurs amusant de constater qu’en Amérique, beaucoup auront vu le film puisque disponible sur Netflix là-bas, classé dans la catégorie « femmes fortes »… Après on s’étonne d’avoir autant de mauvaises critiques…

Les plus

Une production The Asylum moins catastrophique
Pour l’amateur du genre, ça se regarde
Les actrices ne sont pas prudes, c’est certain

Les moins

Ça tourne vite en rond
Tous ces clichés en pagaille
Trop de nudité tue la nudité
Aucun personnage attachant, et ça joue mal

 

En bref : Que pouvons-nous attendre d’une production The Asylum ? Pas grand-chose. Mais au moins, avec son intrigue en prison terre à terre, si Jailbait embrasse absolument tous les clichés de ce sous-genre et accumule la nudité jusqu’à plus soif, il évite les défauts habituels que sont les dialogues pour combler et les CGI dégueulasses.

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