KRAMPUS de Michael Dougherty


KRAMPUS

Titre original : Krampus
2015 – Etats Unis
Genre : Fantastique
Réalisation : Michael Dougherty
Musique : Douglas Pipes
Scénario : Michael Dougherty, Todd Casey et Zach Shields
Avec Adam Scott, Toni Collette, David Koechner, Allison Tolman, Conchata Ferrell, Emjay Anthony et Stefania LaVie Owen

Synopsis : Lorsque la famille peu exemplaire du jeune Max se dispute à l’approche de Noël, ce dernier décide d’ignorer la célébration ; à la suite de ces évènements, un visiteur passera bel et bien chez eux. Mais ce ne sera pas le père Noël…

Quand Hollywood se décide à faire un film typique de Noël, voilà que le film nous sort en France au mois de Mai. Je me demande bien parfois ce qui peut passer par la tête des distributeurs, mais passons. Krampus, c’est une énième promesse, très à la mode depuis des années, de nous ramener dans les années 80. Ici, on pense bien évidemment aux nombreux divertissements de ces années là signés Joe Dante ou Steven Spielberg. De l’horreur familiale, divertissante, avec en tête, Gremlins. Krampus est un conte de noël, un peu l’anti père noël en fait. Au lieu d’apporter des cadeaux, il punit les méchants enfants. On nous présente donc une famille tout ce qu’il y a de plus normal, le père (Adam Scott), la mère (Toni Collette), la fille, le fils tout jeune, la grand mère, et période de fête oblige, voilà que la sœur de la mère débarque avec son mari, les trois enfants et la grand mère. Tout ce bon monde réunit pour le meilleur et surtout pour le pire. La première partie du récit, prenant son temps (comme à l’époque) nous présente donc ces personnages hauts en couleurs avant de faire débarquer l’élément horrifique du métrage. Et là, à l’inverse de beaucoup d’autres métrages estampillés « c’est comme les années 80 », Krampus fait le choix de vraiment se la jouer comme à l’époque. Il faut dire que son budget de seulement 15 millions ne lui permet pas de multiples CGI, fonds verts et j’en passe. Du coup, on se retrouve devant un produit horrifique familial qui aurait très bien pu être réalisé à l’époque. Pas une invasion de CGI dans tous les sens, mais clairement de vrais décors, des animatroniques, des effets à l’ancienne, un travail sur la profondeur des noirs, les zones d’ombres.

C’est ce qui lui donne son charme, et indéniablement ce qui le rapproche de tous ces métrages que l’on aimait dans les années 80, Gremlins en tête puisque l’on semble y retrouver également une patte humoristique que Joe Dante n’aurait sûrement pas renié. Mais dans le fond, ce qui devient la force de Krampus, à savoir son univers, son humour, sa galerie de monstres, devient aussi quelque peu sa faiblesse, puisque continuant l’héritage laissé des années auparavant par d’autres metteurs en scènes, mais sans forcément rajouter quelque chose de nouveau à l’échiquier. Dante ou Spielberg sous leurs comédies familiales se permettaient déjà de critiquer des choses de notre société. Krampus lui se lâche sur la famille notamment, avec ces deux familles totalement différentes, à la fois physiquement, dans leurs pensées, leurs croyances, leurs comportements. Une famille pacifique contre une famille qui adore les armes, des maigres contre des gros, une politique contre une autre. Quand le fameux Krampus débarque, le réalisateur parvient même de manière assez ingénieuse à étirer le suspense sur la dite créature durant de bien longues minutes, non pas en comblant le récit par du vide ou d’inutiles dialogues, mais en faisant intervenir les alliés du monstre en priorité. Bonne nouvelle, puisque le bestiaire de Krampus est varié, amusant, et franchement plaisant, entre les petits bonhommes en pain d’épice, les peluches et autres jouets. Et encore une fois, pas de CGI ici, non, mais de vrais animatroniques ou marionnettes, et ça donne un certain cachet au métrage.

D’ailleurs quand le métrage se décide à employer des CGI, puisqu’il y en a quelques uns, ce n’est absolument pas glorieux, mais passons, ils restent rare, et visuellement, ça reste du plutôt bon boulot, la mise en scène parvient même par moment à être élégante, et à surprendre, non pas par son originalité, mais par des choix que l’on n’attendait pas, comme ce flashback de la grand-mère raconté comme si l’on assistait à un film d’animation produit par Tim Burton. Mais oui, comme je le disais, à force de vouloir trop coller à un certain univers, Krampus nous brosse dans le sens du poil, et il le fait d’ailleurs mieux que beaucoup d’autres, mais il manque clairement de grosses surprises, au-delà du design (fort réussi) de son monstre principal, et de l’amusement de certaines séquences (la scène de la cuisine). C’est plaisant, bien foutu, amusant, pour les petits sans doute effrayant sans être traumatisant, trop visuel ou démonstratif, mais ça manque quelque peu d’originalité par moment. C’est parfois amusant mais pas tordant, les acteurs sont bons mais pas exceptionnels, les monstres sont réussis mais parfois peu exploités ou de manière décevante (certains monstres paraissent inoffensifs et donc inutiles), c’est totalement divertissant mais il y a quelques rares petites longueurs. En fait, c’est typiquement le film parfait pour ne pas se prendre la tête ou à regarder en famille, qui fait bien à tous les niveaux mais qui aurait pu être mieux à tous les niveaux également.

Les plus

Parfois amusant
La galerie de monstres, en animatronics
Sérieusement emballé

Les moins

On pouvait en attendre plus
Quelques petites longueurs

 

En bref : Krampus nous renvoi à toutes ces comédies horrifiques des années 80, et il le fait plutôt bien, même s’il n’arrive jamais à être plus, ou à faire aussi bien. Mais en soit, sa réussite tient déjà du petit miracle.

2 commentaires

  1. Je suis assez d’accord. Le bestiaire est vraiment top, je ne m’y attendais pas dans ce genre de film et c’est un peu divertissant mais il manque quelque chose. J’ai trouvé les personnages caricaturaux et pas très attachants.

    1. Oui les personnages sont caricaturaux, sans doute volontairement pour coller à l’image des films de l’époque, mais justement, ça n’ajoute rien, ça ne fait que reproduire une formule. Donc c’est divertissant, mais sans doute un peu vide. je sais pas, j’arrive pas exactement à mettre le doigt dessus.

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