RIEN QUE POUR VOS YEUX de John Glen


RIEN QUE POUR VOS YEUX

Titre original : For Your Eyes Only
1981 – Angleterre
Genre : Espionnage
Réalisation : John Glen
Musique : Bill Conti
Scénario : Richard Maibaum et Michael G. Wilson
Avec Roger Moore, Carole Bouquet, Topol, Lynn-Holly Johnson, Julian Glover, Cassandra Harris, Hill Bennett, Lois Maxwell, Desmond Llewelyn et Charles Dance

Synopsis : Un bateau espion du Royaume-Uni sombre dans les eaux albanaises après avoir heurté une mine, engloutissant avec lui l’ATAC, système top secret de lancement de missiles. Les services secrets britanniques déclenchent une opération sous-marine discrète pour récupérer l’appareil. L’opération est conduite par un couple d’archéologues marins, Timothy et Iona Havelock. Mais le tueur cubain Hector Gonzalès interrompt brutalement les recherches en assassinant le couple sous les yeux de sa fille Mélina. James Bond entre alors en scène et s’en va enquêter, secondé de la séduisante et vengeresse Mélina, sur les liens de Gonzalès avec le système ATAC. Cela va les mener à Cortina d’Ampezzo et en Grèce…

James Bond avait quitté les années 70 avec un bon gros nanar, à savoir Moonraker. Ou James Bond dans l’espace. Et même si le film resta le plus gros succès de la saga pendant de longues années, il constitue pour de nombreux fans la bête noire de la saga. Une bête noire fort amusante, mais mauvaise en effet. James Bond entre dans les années 80, et il faut changer des choses. Beaucoup de choses. Bernard Lee qui jouait M depuis Dr No décède, et par respect, aucun acteur ne viendra le remplacer dans le nouveau métrage. Lewis Gilbert délaisse la saga après avoir signé 3 opus en tout, et c’est John Glen qui récupère la saga, et qui signera d’ailleurs les 5 métrages des années 80 de la saga, à commencer par ce nouvel opus, Rien que pour Vos Yeux. Il n’est pas étranger à la saga, ayant été à divers postes techniques depuis des années, comme monteur par exemple ou réalisateur de seconde équipe. Le budget reste bien confortable avec 28 millions. Roger Moore par contre reste à bord, alors que l’acteur commence à sérieusement vieillir. Déjà que cela se voyait dans Moonraker, et bien là c’est encore plus voyant… Et dire qu’il fera encore deux films jusqu’en 1985. Mais l’arrivée de John Glen à la mise en scène est finalement une bénédiction pour la saga. Car j’ai aimé ce Rien que pour Vos Yeux. Sans être un grand opus car souffrant de quelques défauts et ayant un Moore vraiment vieillissant, le réalisateur change un peu le ton du film et y amène des choses assez surprenantes, et ce dés la scène d’ouverture. Si bien qu’on a parfois l’impression qu’en réalité, le métrage est une suite à Au Service Secret de sa Majesté, une suite directe et spirituelle.

Comme pour se moquer avec sérieux du passé, voilà que la scène d’ouverture nous montre un James Bond (certes trop vieillissant) qui se débarrasse de son ennemi de toujours, Blofeld, comme si les producteurs se disaient enfin « nous n’avons plus besoin de lui », puis se recueille sur la tombe de sa défunte femme. Oui, sa femme, morte dans Au Service Secret de sa Majesté, alors que James Bond était joué par George Lazenby. Maintenant que le métrage fait le lien avec le passé pour aller de l’avant, John Glen peut faire son film. Et autant dire que la saga remet les pieds sur Terre. Terminé la science fiction, terminé les délires. L’humour est toujours présent via les punchlines mais James Bond redevient un héros sérieux dans une intrigue réaliste. Amusant, Roger Moore faillit ne pas revenir, n’ayant au départ signé un contrat que pour trois films. Et on se dit que la saga aurait déjà pu prendre un gros virage ici. Mais non, si le métrage demeure plus sérieux, Roger Moore se fait vieux et toujours blagueur. Mais ça passe, beaucoup mieux. John Glen sait ce qu’il veut, il revient à une intrigue simple mais crédible et surtout agréable à suivre, et à des scènes d’action impressionnantes et surtout, qui n’ont pas recours sans arrêt à des gadgets pour sauver la situation.

Entre une course poursuite en ski impressionnante et finalement bien plus réussie que dans Au Service Secret de sa Majesté, une course poursuite en voiture qui n’est pas celle de Bond et donc dénuée de gadgets pour se rendre compte que ce James Bond sera plus sérieux. Plus surprenant, James Bond semble même plus humain. Et c’est de cet aspect là que vient clairement le lien entre le métrage qui nous intéresse ici et l’opus de George Lazenby. Bond est dans la scène d’ouverture animé par la vengeance, puis peu après aller sur la tombe de sa défunte femme. Quand il plonge dans l’intrigue de ce nouveau film, il sera aidé par la James Bond Girl (Carole Bouquet) animée elle-même par la vengeance. Du coup, il peut lui parler en connaissant son sujet, lui qui en sort tout juste. Et si bien entendu, il séduit toujours la fille, James Bond refusera les avances d’une jeune femme bien trop jeune pour lui, montrant donc un côté plus humain, plus réaliste, terre à terre. Du coup, si l’intrigue reste en soit classique (encore un décodeur à récupérer, comme dans Bons Baisers de Russie), l’ensemble assez linéaire et classique, mais ce retour aux fondements qui n’oublie pas d’être impressionnant fait du bien. À noter dans le rôle d’un homme de main la première présence à l’écran de Charles Dance.

Les plus

Un retour au sérieux et à la simplicité
De bonnes scènes d’action
Carole Bouquet fort charmante
L’ouverture du film

Les moins

Roger Moore commence à se faire vieux
Niveau intrigue, trop classique et prévisible

 

En bref : Si l’on est sans doute plus clément envers le métrage puisqu’il est juste après Moonraker chronologiquement parlant, il est indéniable que John Glen a amené beaucoup de bonnes choses dans le métrage. Néanmoins, Roger Moore commence sérieusement à être trop vieux pour tout ça.

2 commentaires

  1. Alors ça c’est le Bouquet 😉
    Eh bien je crois que c’est peut-être un des rares que je n’ai pas vu. Et pourtant, j’ai un souvenir très intense lié à ce film qui, dans ma jeunesse me faisait furieusement fantasmer ! Rien à voir avec les charmes des girls qui traverse cette nouvelle aventure, mais la deuche jaune, quelques photos attrayantes glanées dans les magazines me laissaient imaginer que ç’eut pu être mon premier Bond au ciné. La douche fut sacrément froide lorsque mes parents m’apprirent qu’ils étaient allé le voir sans moi ! Il me faudra attendre « Octopussy » (qui ne va pas tarder à faire gicler ton encre je pense) pour avoir mon baptême 007 sur grand écran. Et le plus dingue, c’est que je n’ai toujours pas comblé cette lacune depuis, n’ayant pas vraiment été encouragé par des critiques pas très tendres lues jusqu’à aujourd’hui. Qu’à cela ne tienne, il est désormais à ma portée, attendant sagement dans son étui Blu-ray.

    1. Oh oh oh, quelle entrée fracassante !
      Comme tous les Moore, je ne l’avais pas vu avant récemment. Je sais que celui-ci est assez critiqué, mais je l’aime bien. Malgré la qualité de ces trois premières réalisations, John Glenn est un bon artisan. Par contre Octopussy, j’avoue, il m’a ennuyé… beaucoup…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s