CHILDREN OF THE CORN RUNAWAY de John Gulager


CHILDREN OF THE CORN RUNAWAY

Titre original : Children of the Corn Runaway
2018 – Etats Unis
Genre : Horreur
Réalisation : John Gulager
Musique : Philip Giffin
Scénario : Joel Soisson
Avec Marci Miller, Lynn Andrews III, Mary Kathryn Bryant, Daria Balling, Sidney Flack et Clu Gulagher

Synopsis : Enceinte, Ruth s’échappe d’un mystérieux culte d’enfants tueurs d’une petite ville des Etats Unis. Elle passe les années suivantes à vivre anonymement pour épargner à son fils les horreurs qu’elle a vécue enfant. Elle arrive dans la petite ville d’Oklahoma, mais quelque chose les suit.

De tout le catalogue de Dimension Films, deux sagas sont des incohérences à elles seules. Deux sagas récupérées par le studio au début des années 90. Deux sagas qui existent toujours aujourd’hui dans le seul but de faire perdurer les droits d’auteurs, alors que les producteurs se foutent royalement des films. Il y a Hellraiser, dont le dernier opus fauché, Hellraiser Judgment, fut au final une sympathique surprise, et il y a les Children of the Corn. Soit la saga aussi longue que la précédente, qui a un nouvel opus tous les 5 ans pour les mêmes raisons, et qui pourtant, n’a aucune raison d’en arriver là, vu que soyons honnête, ce n’était pas terrible dés le premier film en 1984. Et depuis 2001, soit l’épisode 7, Revelation (que je n’avais pas trouvé si mauvais, ça changeait au moins), on trouve Joel Soisson aux commandes. D’abord comme producteur, puis réalisateur sur l’opus Genesis, et ici scénariste. Le budget est toujours bas, et c’est à John Gulager que la réalisation échoue. Un réalisateur qui avait amusé avec son premier film Feast, avant de démontrer qu’en fait, non, il n’avait aucun talent. Car Feast 2 et 3 c’était mauvais, et Piranha 3DD, bon c’était amusant, mais pas bon non plus. Alors un scénariste homme à tout faire chez Dimension, un réalisateur pas forcément talentueux, et une saga bancale dés le départ… ça donne quoi ce neuvième (dixième si on compte le remake made in Syfy de 2009) opus ? Et bien il surprend là où on ne l’attendait pas, déçoit pour le reste, mais au final, ne reste que le film attendu. Donc, ce n’est pas bon.

Le principal souci de Children of the Corn Runaway, c’est déjà que c’est chiant à mourir. Le début intrigue malgré le fait que la première phrase de dialogue aura fait remonter de nombreux traumatismes à la surface (« Cause he is the one who walks behind the rows » aaaaaaaaaaaaah), se montre généreux, et montre quelques qualités. Car si on a bien là un DTV avec un budget ultra réduit et que Dimension Films est bien plus intéressé par la garde des droits que de faire du vrai cinéma, autant dire que niveau mise en scène, ça reste malgré tout carré. C’est filmé proprement, la photographie est très agréable à l’œil. Mieux, le film nous balance de temps en temps des effets gores à l’ancienne plutôt bienvenues, surtout dans une saga à l’origine plutôt soft. Et puis, aucune surprise, il y a des gamins qui font peur (un gamin, c’est terrifiant dés le départ non ?), et il y a du satané maïs partout. Sauf que oui, faire gicler le sang et soigner ses plans, ça ne suffit pas, et derrière, il faut raconter une histoire, installer une ambiance et travailler un rythme convaincant. Et c’est tout simplement là que le métrage échoue lamentablement. Car après un début intriguant, on se dit que le film va avancer vers un mystère (pas si fouillé que ça mais quand même), que le film va savoir gérer tout ça pour être un petit DTV divertissant, mais à la place, le rythme se pose, et décide de nous endormir. Tout ce qu’on aura, ce sera un petit effet gore sympathique pour nous réveiller toutes les 20 minutes, et voilà. Rien d’autre à se mettre sous la dent.

C’est longuet, lent, chiant. Et puis c’est bourré de clichés. Car si Marci Miller, jouant le rôle principal, Ruth donc qui fuit dés le début avec son enfant, joue plutôt bien et est convaincante, le reste à côté n’est pas convaincant, et surtout bourré de clichés. Entre le noir gentil mais en fait pas tant que ça, les enfants inquiétants, les bouseux dans la ville, les scènes qui veulent nous rappeler les anciens films (forcément, des gosses dans un dinner, on pense à l’ouverture du premier film), mais rien n’avance au final. Rien ne surprend, rien ne passionne, c’est le calme plat durant toute la première heure. Et sur un film de seulement 1h22, ça fait quand même pas mal. Et c’est bien là que l’on voit les origines du film, à savoir une production inutile juste là pour garder les droits sans se fouler, et donc, avec un scénario bancal (merci Joel Soisson), peu de décors, peu de personnages, peu d’événements pour réduire tous les coûts, mais un réalisateur qui malgré son passé peu glorieux, veut au moins bien faire et donc nous offre une technique plutôt solide malgré quelques CGI approximatifs par moment. Là où Hellraiser Judgment, produit pour les mêmes raisons, a au moins un réalisateur et scénariste pas forcément doué mais avec de la volonté, Children of the Corn a une équipe un peu plus appliquée, mais la passion elle est totalement absente. Un opus en soit donc banal pour la saga, mais au moins, pas le pire.

Les plus

Techniquement pas si mauvais
Un peu de gore

Les moins

Beaucoup de clichés
Ça ne va nulle part
Mais qu’est ce que c’est leeeeeeeent

 

En bref : Personne ne le voulait, personne ne l’attendait, mais le voilà, le nouveau Children of the Corn. Et sans surprise, il ne vient pas relever le niveau de la saga, malgré quelques qualités techniques.

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