GODZILLA CONTRE MECANIK MONSTER de Fukuda Jun


GODZILLA CONTRE MECANIK MONSTER

Titre original : ゴジラ対メカゴジラ – Gojira Tai Mekagojira
1974 – Japon
Genre : Kaiju Eiga
Réalisation : Fukuda Jun
Musique : Sato Masaru
Scénario : Fukuda Jun et Yamamura Hiroyasu
Avec Daimon Masaaki, Aoyama Kazuya, Hirata Akihiko, Koizumi Hiroshi, Tajima Reiko, Matsushita Hiromi et Mutsumi Goro

Synopsis : Une ancienne légende dit que le soleil deviendra rouge et qu’un monstre du ciel viendra détruire la Terre avant d’être arrêté par deux monstres terrestres. Peu de temps après la découverte d’une grotte dédiée à une divinité ancienne, un robot ressemblant à Godzilla et envoyé par des extraterrestres apparaît et commence à tout détruire…

Après avoir usé jusqu’à la moelle ce pauvre Godzilla et avoir livré plusieurs de ces pires films, la Toho décide de livrer pour les 20 ans du Kaiju un film feu d’artifice. Et le miracle dans tout ça, c’est qu’ils font revenir une dernière fois Fukuda Jun à la mise en scène, et qu’il signe son moins pire opus, et même n’ayons pas peur des mots, son meilleur Godzilla. Non pas que le métrage soit parfait, mais après des films comme Godzilla contre Megalon, mon dieu que cela fait du bien. À croire que le réalisateur voulait se rattraper pour ce qu’il avait fait auparavant. Même présent au scénario, il livre un travail beaucoup plus appliqué que d’habitude, et beaucoup plus professionnel dans sa mise en image, malgré quelques aberrations près (le caméraman est parfois atteint de Parkinson, pas possible autrement). Film anniversaire donc, nommé à l’époque de sa sortie en France Godzilla contre Mecanik Monster (sortie en 1977, un an après MechaGodzilla contre-Attaque, qui est la suite…), Godzilla contre MechaGodzilla commence bien. Même très bien. Malgré une intrigue rappelant clairement tout ce qui a été fait dans la saga depuis des années, avec son mélange d’espionnage, de science fiction, de conquête de la Terre, de monstres de l’espace amenés pour détruire l’humanité et avec notre Godzilla sauveur de cette dite humanité qui décidemment en prend plein la gueule quasiment tous les ans. Godzilla contre MechaGodzilla lance sur les écrans en 1974 deux nouveaux Kaijus ! Et si je resterais une nouvelle fois perplexe devant King Ceasar (qui ne reviendra dans la saga que dans Godzilla Final Wars), Fukuda a créé MechaGodzilla, et rien que pour ça, je lui pardonnerais presque ces errances précédentes.

Presque, car Ebirah, Minilla, Gigan, Megalon, c’est lui ! Mais revenons donc à notre film, et pas de suite aux Kaijus, puisqu’au final d’ailleurs, leur temps de présence à l’écran n’est pas extraordinaire. Ce qui fait du métrage l’exact opposé de Godzilla contre Megalon. Plus d’explosions, moins de Kaijus pour des combats plus courts mais du coup meilleurs, et une mise en scène bien plus intéressante. Ici donc, il est encore question d’extraterrestres, qui ne veulent pas lâcher l’affaire. Cette fois-ci, ils sont cachés à Okinawa, dans une grotte, et ils envoient MechaGodzilla pour détruire la Terre. MechaGodzilla qui, au départ, ressemblera à deux gouttes d’eau à Godzilla justement. Ce qui nous offrira un rapide combat entre Godzilla et Anguirus, répondant toujours présent à l’appel, pour la dernière fois d’ailleurs avant son retour dans Final Wars, et dont le combat sonne comme un round 2 du Retour de Godzilla (1955), où il affrontait le lézard géant pour la première fois avant de devenir gentil à ses côtés par la suite. Ici, un combat certes très court, mais étonnement violent, qui nous ferait presque verser une petite larme pour Anguirus prenant cher. Presque car à côté, Godzilla conserve son air béta et trop humanoïde du film précédent, mais il va donc falloir faire avec. À côté de nos amis les Kaijus et de nos ennemis les aliens, on retrouve quelques humains, avec une prêtresse qui va prédire l’apocalypse, un reporter, un professeur et son neveu, et il est question de légendes locales (pour réveiller King Ceasar – Shîsâ en VO). Et si ça fonctionne, c’est grâce à l’application du réalisateur.

Les plans sont parfois beaux, l’ensemble se suit plutôt bien, on aura un peu de destruction (les plans du faux Godzilla sur la ville avec le ciel rouge sang, ça a de la gueule), les humains n’énervent pas (mais ne sont pas exceptionnels non plus hein), MechaGodzilla a la classe dés sa première apparition. Mais oui, si le métrage est soigné, Fukuda va retarder les apparitions de ses Kaijus. Car après un premier combat entre le faux Godzilla et Anguirus, puis entre Godzilla et son clone de métal, l’intrigue va alors se focaliser sur les humains et les aliens, avant de revenir aux Kaijus mais seulement pour le final. Là encore, on alternera le bon et le moins bon, puisque Godzilla reste Godzilla, MechaGodzilla a encore la classe, mais j’ai vraiment personnellement du mal avec le design de King Ceasar. Et comme sur la fin, ça se lance dans un combat à 3, on alterne clairement le bon et le moins bon, mais Fukuda évite le ridicule le plus souvent, et nous laisse malgré tout sur un festival d’explosions en tout genre (ça pète bien), et malgré quelques idées surprenantes (Godzilla se transformant en sorte d’aimant pour empêcher MechaGodzilla de s’échapper) et le design toujours discutable du Kaiju, il livre un spectacle qui parfois se fait violent. Comme dans Godzilla contre Gigan, les Kaijus saignent lorsqu’ils sont blessés, et Godzilla ne sera pas épargné. On pourrait considérer cela comme un grand fourre tout de la part de Fukuda, ou essayer de positiver et de se dire qu’il a enfin voulu se rattraper pour les 4 purges qu’il a livré. Je pencherais pour la seconde option, car si le métrage n’est au final pas exceptionnel, il est divertissant et pas trop mal emballé.

Les plus

MechaGodzilla
Plus sérieux que les précédents
Quelques moments assez violents
Divertissant au final

Les moins

Quelques moments ridicules
Le design des aliens, moyen
À l’opposé du précédent, les Kaijus sont rares

 

En bref :Fukuda semble vouloir faire oublier tout le mal qu’il a fait à la franchise, et livre son dernier opus. Bien meilleur, même si loin d’être parfait, il aura créé et su exploiter MechaGodzilla, et c’est déjà pas mal en soit.

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