SUMMER OF 84 de François Simard, Anouk Whissell et Yoann-Karl Whissell


SUMMER OF 84

Titre original : Summer of 84
2018 – Etats Unis / Canada
Genre : Thriller
Réalisation : François Simard, Anouk Whissell et Yoann-Karl Whissell
Musique : Le Matos, Jean-Nicholas Leupi et Jean-Philippe Bernier
Scénario : Matt Leslie et Stephen J. Smith
Avec Graham Verchere, Judah Lewis, Caleb Emery, Cory Gruter-Andrew, Tiera Skovbye et Rich Sommer

Synopsis : 1984. Davey Armstrong, un adolescent de quinze ans, soupçonne son voisin policier d’être le tueur en série qui fait les manchettes partout dans les médias. Davey, avec ses trois meilleurs amis, s’embarqueront dans une enquête qui les mettra rapidement en danger.

Vous n’en avez pas marre vous de la vague de films (ou séries) jouant sur la nostalgie des années 80 ? Vous savez, Super 8, Ça, Stranger Things, Ready Player One, Turbo Kid. Oui on en bouffe à tous les râteliers. Et perso, moi, j’en ai un peu raz le cul, puisque j’ai l’impression qu’au bout d’un moment, l’hommage à cette époque (qui aura bercée mon enfance hein) n’est plus un hommage sincère, mais juste un élément marketing de plus. Les années 80 font vendre, c’est comme ça. Du coup dans les faits, Summer of 84 ne me tentait pas tant que ça, jusqu’à ce que mes yeux se posent innocemment sur la bande de réalisateurs derrière le film. Et vous savez quoi ? Des fois, il suffit de peu pour passer de « meeeeh encore les années 80 » à « je ferme ma gueule et je regarde ». 1h45 après avoir découvert les réalisateurs, la vision du film s’achevait. Il faut dire que depuis 2015, j’attendais le retour de ces réalisateurs derrière la caméra. Ces réalisateurs, ce sont François Simard, Anouk Whissell et Yoann-Karl Whissell. Une bande de trois Canadiens qui ont derrière eux un gros paquet de courts métrages, et surtout un long métrage qui aura fait sensation en festival. Et qui a une place dans mon petit cœur nostalgique. Ce film, c’est Turbo Kid. Et au lieu de se lancer dans un Turbo Kid 2 de suite (il est prévu), les trois réalisateurs à la place signent ce Summer of 84, un film qu’ils n’écrivent pas mais qui prend place dans la même mouvance nostalgique du moment, et dans la même mouvance de leur premier film. Si ce n’est qu’en réalité, Summer of 84 est l’exact opposé de Turbo Kid, tout en ayant la même saveur. Et j’ai même envie de dire que le film réussi un exploit : celui de jouer sur la nostalgie tout en ayant dans sa poche un atout de taille, à savoir une justification pour placer son intrigue dans les années 80, autre que l’hommage facile.

En tout cas, dés les premiers plans, inutile de le nier, Summer of 84 rappelle immédiatement les productions Spielberg, avec sa bande de 4 collégiens, et nous rappelle que les réalisateurs aiment vraiment les BMX, comme ce fut le cas déjà dans Turbo Kid. Cerise sur le gâteau, Le Matos, qui signait déjà la superbe bande son du dit film, revient et livre une OST franchement encore une fois excellente, bien que différente. Car si Summer of 84 contient de l’humour, parfois beaucoup, il n’est pas franchement une comédie. Davey, le personnage principal, jeune adolescent de 15 ans faisant parti de la bande de potes, soupçonne le voisin d’en face, policier, d’être le tueur en série qui kidnappe et tue des enfants. La bande va alors tout tenter pour découvrir si Davey a raison, et trouver des preuves. Le film va alors alterner quelques moments de la vie quotidienne des quatre garçons (jusqu’à nous montrer des moments plutôt réalistes et rares dans ce genre de films, où la sexualité de ces très jeunes adolescents est mise en avant, là où en général, le cinéma Américain n’en parle que lorsque les personnages sont de jeunes adultes (American Pie et compagnie), jamais avant), et l’enquête de nos jeunes pour découvrir si oui ou non monsieur Mackey est un tueur en série. Et dés le début, le film parvient par une petite voix off à quelque peu nous montrer le vrai thème du film, et du coup à justifier intégralement le pourquoi les années 80. Oui, le film veut égratigner la petite bourgade Américaine, nous montrer que les petites banlieues tranquilles sont souvent les endroits où le pire arrive (en ce sens, le propos peut rappeler Blue Velvet de David Lynch). Et quand on y pense, le milieu des années 80, ce sont les années où le rêve Américain a commencé à se briser, où la réalité a rattrapé le peuple et fait comprendre que non, les petites bourgades tranquilles ne sont souvent pas mieux que les grandes villes. Car derrière les rideaux fermés de votre voisin, le pire peut parfois arriver.

Placer l’intrigue du métrage au milieu des années 80, à cette période là, voilà qui fonctionne un max et prend sens. Mais au delà de ça, Summer of 84 parvient à mixer avec intelligence plusieurs éléments, avec donc la vie quotidienne de ses jeunes adolescents, leurs jeux ensembles, et l’intrigue beaucoup plus tendue. Car malgré des notes d’humour, Summer of 84 est sérieux, par moment bien tendu. En réalité, on pourrait presque dire que la première partie, relativement lente, semble plus jouer sur la vibre nostalgique, à coup de Goonies et compagnie, avant la très surprenante seconde partie, qui n’hésite pas à innover. Tout n’est pas parfait, on pourra par exemple parler du personnage féminin, au final peu utile et débarquant un peu comme ça sans prévenir. Mais dans sa seconde partie, Summer of 84 prend des risques et des chemins inattendus. Pour une fois, les parents sont invités à participer à l’aventure, et malheureusement pour nos héros, la participation des adultes au récit va foutre un sacré bordel. Mais plus que tout, plus le métrage avance, et plus l’ambiance se fait paranoïaque, et plus on avance vers des territoires inconnus, avec un final ultra surprenant, et surtout très noir, voir par moment terrifiant, chose que jusque là, de mémoire, personne n’avait osé aborder. Une autre grande force du métrage donc, celui d’oser de nouvelles choses, avec sa dernière demi-heure ne respectant alors plus du tout les codes du genre auquel il rend hommage. Et mine de rien, ça fait un bien fou, surtout quand la mise en scène est au top (avec plus de budget que Turbo Kid), que la musique est formidable, et que la plupart des acteurs fournissent un boulot exemplaire.

Les plus

La mise en scène
Nostalgique mais osant pas mal de nouvelles choses
Le propos du film
L’ambiance sonore à tomber par terre
La dernière demi heure marquante

Les moins

Le personnage féminin, peu utile

 

En bref : L’équipe de Turbo Kid surprend avec ce film, au départ nostalgique et faisant penser aux Goonies, avant qu’il ne prenne sa propre direction pour un final marquant et même totalement excellent.

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