CASINO ROYALE de Martin Campbell (2006)

CASINO ROYALE

Titre original : Casino Royale
2006 – Angleterre
Genre : Action
Durée : 2h24
Réalisation : Martin Campbell
Musique : David Arnold
Scénario : Neal Purvis, Robert Wade et Paul Haggis
Avec Daniel Craig, Eva Green, Mads Mikkelsen, Judi Dench, Jeffrey Wright, Giancarlo Giannini et Caterina Murno

Synopsis : Après avoir commis un incident diplomatique, James Bond est envoyé en vacances. Il se trouve alors sur la piste du Chiffre, le banquier du terrorisme international.

Meurs un Autre Jour avait mit la saga James Bond dans une situation délicate. C’était mauvais, les critiques le descendent, le public n’est pas très tendre avec le film. Pour un opus pour les 40 ans de la saga, ça fait mal quand même. Comme après Dangereusement Vôtre en 1985, il faut repartir d’un bon pied. Et suite au déblocage enfin du souci de droits concernant le livre Casino Royale, la première aventure de James Bond, voilà que débarque en 2006 Casino Royale. Nouvel acteur pour le rôle titre, aventure se déroulant avant (préquelle, reboot ?) et qui n’avait été jusque là qu’adaptée de manière non officielle et discutable, retour de Martin Campbell à la mise en scène qui avait déjà relancé la saga 11 ans plus tôt avec Goldeneye. Mais cette fois-ci, les producteurs semblent bien conscients de ce qui ne marchait pas dans Meurs un Autre Jour, et partent donc dans une direction plus réaliste, plus froide, plus violente. Pas de gadgets, pas de blagues et punchlines, non, juste un James Bond qui vient tout juste d’obtenir son permis de tuer et qui se lance dans sa première mission. L’opus qui va donc enfin revenir aux origines du mythe et nous faire comprendre pourquoi James Bond est ce qu’il est dans les 20 films précédents de la saga. Du Bond que l’on connaît, Martin Campbell ne garde pas grand-chose, si ce n’est la présence de Judi Dench dans le rôle de M, et tant mieux vu que son personnage devient de plus en plus développé depuis qu’elle tient le rôle. Le pari du film est donc de revenir à quelque chose de plus simple, plus humain, mais toujours aussi impressionnant sans pour autant partir dans ce que la saga avait déjà livré, à savoir cet agent secret invincible dans un spectacle pyrotechnique.

En fait, un peu à la manière de Goldeneye, ou des opus de Dalton avant lui, Casino Royale fait de bons choix. En premier lieu, celui de trouver un parfait équilibre entre exposition, développement et action. L’action est présente, impressionne même de nouveau maintenant qu’il ne s’agît plus de CGI et de débilités à base de surf sur des tsunamis et d’autres palais de glace, et est présente pour récompenser le spectateur plutôt que pour faire avancer l’intrigue. De ce fait, l’action est plus froide, plus violente, plus basée sur le physique que de la destruction pyrotechnique, mais également au final plus rare. Finit les scènes d’action qui débarquent toutes les 10 minutes comme dans les films précédents, Casino Royale ne nous offre véritablement que 4 scènes d’action, sur 2h24, soit l’opus le plus long de la saga lors de sa sortie. Et ces scènes valent le détour, avec notamment la poursuite du début, ou encore la longue poursuite de l’aéroport ou le combat dans les escaliers. Daniel Craig campe un James Bond fort convaincant, beaucoup plus proche apparemment du personnage littéraire, et du coup, plus proche également de la prestation de Dalton. Bond est un humain après tout, il devra faire face à des dilemmes, il peut souffrir, saigner, douter. Ça fait du bien de retrouver un personnage comme ça, surtout quand le scénario suit derrière, et que la mise en scène sait rythmer le tout. Car 4 scènes d’action pour 2h24, il faut forcément soigner le fond sinon le spectateur va s’ennuyer. Et ça marche, déjà grâce aux personnages secondaires extrêmement bien écrits, que ce soit Le Chiffre (Mads Mikkelsen) ou Vesper (Eva Green), jusqu’à des personnages secondaires moins présents, peu importe qu’ils soient nouveaux dans l’univers (Matthis, joué par Giancarlo Giannini) ou déjà connus via les anciens épisodes (Felix, à présent joué par Jeffrey Wright).

Puis la mise en scène de Martin Campbell vient ensuite dynamiser le tout. L’opposé de Meurs un Autre Jour, qui se sentait obligé d’avoir recours à un surplus d’action et à des effets de styles irritants pour intéresser son public. Casino Royale revient à la simplicité, le fait bien, et passionne, même lorsque l’on se retrouve tout simplement à suivre pendant de très longues minutes à suivre une partie de poker. La tension s’installe, est présente même si au final l’on se doute du dénouement, mais peu importe. Campbell soigne sa mise en scène, et le scénario ne fait jamais de détours inutiles. Du tout bon. Beaucoup de gens pensent qu’il s’agît d’ailleurs du meilleur opus de la saga avec Skyfall, et ne trouvent pas de défauts au métrage. Pour ma part, je ne serais pas aussi catégorique, car si le métrage m’a passionné pendant 2h, que j’ai aimé retourner à ce personnage plus humain, sans gadgets, sans humour, et que le développement nous permet bien de comprendre sur toute la durée comment ce personnage est devenu celui que l’on connaît bien, je n’arrive jamais à m’investir dans le dernier acte du film à Venise. Je comprend parfaitement son utilité, ne me frappez pas fans de ce film ! Mais il me donne l’impression d’être un acte de plus voulant encore continuer l’aventure, alors qu’il aurait à mes yeux permis de faire un excellent premier acte pour le film suivant (surtout vu sa qualité). Même si je ne trouve pas le film parfait, je suis réjouis de la direction que prend la saga avec cette nouvelle ère.

Les plus

Un film plus simple, plus froid, plus réaliste
James Bond par Daniel Craig, plus humain
L’action vraiment palpitante
Le poker, prenant
Un film bien construit

Les moins

J’adhère moins à la dernière demi-heure

En bref : Changement de direction pour la saga, Casino Royale emmène James Bond sur un terrain plus réaliste, plus froid, plus mature aussi, sans pour autant devenir moins impressionnant.

4 réflexions sur « CASINO ROYALE de Martin Campbell (2006) »

  1. Comme toi, la fin me perd un peu, mais force est de constater (et le coup de poker n’était pas joué d’avance) que cette refonte du mythe Bond a ringardisé à peu près tout ce qui s’était fait dans le quart de siècle précédent. Seul peut-être le souvenir de Connery et de son sourire charmeur pouvait encore tenir la dragée haute au colosse Craig et sa mine sévère. Bien joué Martin Campbell, un très bon artisan dont on parle peu car il n’a pas toujours été aussi inspiré. Son successeur direct n’aura pas le même talent pour prolonger le regain de vitalité d’un espion qui commençait à sentir la naphtaline. Peu importe, le Bond Craig était sur les rails de 4 épisodes qui finalement se tiennent (lorsqu’on fait une moyenne). Mais désormais, quel avenir pour le meilleur agent de Sa Majesté ? Y aura-t-il un 007ème Bond ?

    1. La fin aurait au final fait une ouverture logique pour le prochain James Bond. Ça m’a toujours dérangé dés ma première vision (super en retard, après Meurs un Autre Jour, mon intérêt pour James Bond était très proche du néant, on a du limite me forcer à le voir).
      J’ai le (ou un des) premier film de Campbell en stock à revoir, je n’avais pas aimé à l’époque, mais sait-on jamais aujourd’hui : Absolom 2022 avec Ray Liotta. Récemment j’avais beaucoup aimé The Foreigner où il retrouvait Pierce Brosnan.
      Quand à Quantum of Solace, on en reparlera en temps et en heure, mais c’est un des opus que je déteste le plus, il me donne une de ses migraines en plus d’être inintéressant.
      L’avenir de la saga… bonne question. Dommage que Danny Boyle ne soit plus dans la course, que l’on n’aime ou pas, il a un style bien à lui qui aurait pu apporter un peu de fraicheur à la saga, mais bon c’est du passé tout ça.

      1. Je te rassure, Quantum est aussi pour moi le moins bon et de loin des 4 derniers épisodes. Il a le mérite néanmoins de conserver les bases établies par Casino Royale sur lesquelles Mendes pourra ensuite s’appuyer.
        J’aimais bien l’idée du Bond noir avec Idris Elba, après tout Fleming écrivait ses romans dans son manoir de la Jamaïque (le bien nommé Goldeneye). Après Doctor Who en femme, l’Angleterre fait évoluer ses héros dans des directions audacieuses et c’est tant mieux. La question est : est ce toujours d’actualité ?

        1. J’irais plus loin en disant que c’est un des pires tout court à mes yeux. Dans le sens ou si Meurs un Autre Jour ou Moonraker sont mauvais, ils sont limites nanars et pas toujours ennuyeux. Alors que Quantum of Solace est clairement ennuyeux quasi d’un bout à l’autre. Mais oui, son seul mérite est de continuer l’histoire et donc de vraiment établir un lien avec ce qui précède et ce qui viendra.
          Après pas certain que les producteurs de la saga James Bond soit prêts pour autant de changement. Déjà avec le départ de Boyle et de son scénariste, ils ont repris les scénaristes habituels qui sont là depuis Le Monde ne Suffit pas. Et s’ils ne décalent pas la date de sortie, ça sent la production express, ce qui souvent donne des films bancals (Demain ne Meurt Jamais, Quantum of Solace).

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