6 UNDERGROUND de Michael Bay


6 UNDERGROUND

Titre original : 6 Underground
2019 – Etats Unis
Genre : Défouloir débile et épileptique dans ta face
Réalisation : Michael Bay
Musique : Lorne Balfe
Scénario : Paul Wernick et Rhett Reese
Avec Ryan Reynolds, Mélanie Laurent, Manuel Garcia-Rulfo, Ben Hardy, Adria Arjona, Dave Franco et Corey Hawkins

Synopsis : Quel est le meilleur avantage d’être mort ? Ce n’est pas d’échapper à votre patron, à votre ex, ou même d’effacer votre casier judiciaire. Ce qu’il y a de mieux avec la mort … c’est la liberté. La liberté de lutter contre l’injustice et le mal qui rôdent dans notre monde, sans que rien ni quiconque ne vous arrête. Six individus, issus des quatre coins du monde, tous, les meilleurs dans leur domaine, ont été choisis non seulement pour leurs compétences, mais aussi pour leur désir unique d’effacer leur passé afin de changer l’avenir. La bande est réunie par un leader énigmatique, dont le seul objectif est de s’assurer que tous tomberont dans l’oubli mais que leurs actions, pour sûr, leur survivront.

Si Michael Bay maintenant pour une grande partie du public rime avec Transformers, ça n’a pas toujours été le cas, et c’est surtout oublier que même entre deux opus de cette pas si bonne saga (voir par moment détestable), le bonhomme aura livré des films plus intéressants, tout en conservant son style grossier, voir putassier par moment. 13 Hours, No Pain No Gain, The Rock, tout ça, j’aime beaucoup. The Island, j’aime la première heure. Bad Boys 2, j’aime l’action, pas le reste. Mais oui, voilà, depuis 2007, Michael Bay, c’est surtout Transformers. Donc quand le monsieur revient en 2019 avec un budget confortable de 150 millions, une liberté totale accordée par Netflix, Ryan Reynolds, Mélanie Laurent et Dave Franco au casting, le tout dans un film qui rime avec subtilité, je bavais d’impatience. Car oui, des fois, il faut reposer le cerveau entre deux excellents films. Et quoi de mieux que de poser le cerveau au sol pour regarder un Michael Bay qui fait tout péter dans la joie et la bonne humeur. Sauf que le monsieur ne fait pas les choses à moitié, et là il atteint le summum de son art, ou du mauvais goût, au choix. Du coup je crois que même en ayant déposé le cerveau, celui-ci a des séquelles. Car Bay ne veut pas nous la faire à l’envers, oh non, il commence son film cash par une course poursuite dans les rues de Florence en Italie. Une course poursuite durant tout de même 20 minutes chrono en main ! Ah oui, ça, ça calme, et d’entrée de jeu du coup, les réfractaires au style Bay pourront partir vomir, ou arrêter tout simplement la vision. Et je ne vais pas mentir, le spectacle que Bay nous propose dés l’ouverture, j’en avais grandement besoin. En vrac ? Explosions, poursuites, tirs têtes, gore, empalements, explosions, plans putassiers sur des bonn… euh des femmes au hasard dans la rue, ralentis grotesques et abusifs, couleurs criardes, son qui fait du bruit, du Muse ou Spiritual Project à fond en arrière plan, des dialogues à la limite du vulgaire où le mot fuck est prononcé au moins 20 fois en une scène. Ah ben ça oui, on nous avait prévenu qu’il avait eu liberté totale. Liberté totale jusqu’au montage où les plans de 1 seconde s’enchaînent.

Du coup ça, des explosions, poursuites, fusillades, scènes bien sanglantes, le tout avec sa mise en scène bien grotesque (ou beauf, au choix), on en bouffe. J’aurais donc pu vous dire que Bay a livré son film ultime. Car cette ouverture, si on ne vomit pas, elle délivre exactement ce qu’on attend d’elle. Le gros souci, c’est que passé ce moment où s’accumule les idées, les plans ultra cut, les grossièretés, et les morts violentes, mais aussi les faux raccords (ah cette voiture qui redevient comme neuve d’un plan à l’autre), Bay se rend compte qu’il a quand même un semblant de scénario à suivre et à délivrer, et nous présente donc ses enjeux et ses personnages après ce gros moment. Et là tout de suite, ça le fait moins. Intrigue simpliste (un méchant dictateur à détrôner), personnages peu intéressants, voir pas du tout pour certains malgré de bons acteurs qui semblent tous s’éclater comme des fous, et voilà que le tout se traîne en longueur. Aie. Et oui, c’est dommage. Le ton a beau rester léger et beauf, ben ça passe moins bien. On se dit immédiatement qu’en fait, si les scénaristes avaient tout simplement fait le choix de nous raconter l’histoire chronologiquement, la pilule serait mieux passée. Etre déçu par le début avant d’en prendre plein la face. Mais c’est l’opposé, on en prend plein la face pendant 20 minutes, et on attend avec impatience la prochaine scène d’action. Après un rapide coup d’œil aux noms derrière le scénario, on comprend mieux. Ils nous refont le coup de Deadpool (que j’ai détesté pour rappel), qui se sentait aussi obligé de s’ouvrir par une scène d’action avant de nous raconter une maigre histoire. Bingo, même scénaristes, même souci.

Heureusement, Bay revient vite au galop pour se faire plaisir. Car dans son métrage, il y a donc trois scènes d’action, mais grosses scènes d’action. La poursuite d’ouverture donc, puis une autre avec un penthouse sur un toit de Hong Kong qui sera prit d’assaut, et la dernière sur un yacht. Et dés qu’on permet à Bay de faire mumuse avec des flingues et tout un tas de trucs qui peuvent exploser, le monsieur est dans son élément. Ça mitraille, c’est con, ça explose, le décor finit dans 98% des cas totalement détruit, et on a ce qu’on était venu obtenir d’un tel film subtil. Mention à l’idée (bien stupide) de l’aimant pour la troisième scène d’action, et l’idée de la piscine pour la seconde. Il fallait bien ça pour faire passer la pilule, encore une fois à condition de ne pas être allergique au style tout en finesse de Michael Bay. Dans le fond, on pourra dire qu’il a poussé autant ses qualités que ses défauts dans ces derniers retranchements. En gros, prenez un Bad Boys 2, rendez l’action plus folle et sanglante, les moments bavards encore plus bavards et chiants, et vous avez 6 Underground. Alors, c’est sûr, ce n’est pas du grand cinéma, et ça n’en a jamais eu la prétention. Sa prétention ? Fournir un divertissement bête et méchant à même d’assouvir nos pulsions destructrices peut-être ? Et bien dans ce cas, 6 Underground aura réussi sa mission, débarquant pile quand j’avais besoin de lui. Oui, dans mon planning de visions, il se sera retrouvé entre Ad Astra et le Daim, soit deux films opposés, mais la diversité, c’est cool des fois non ?

Les plus

C’est con, sanglant, méchant
Ça fait beaucoup de bruit
Ça explose dans tous les sens
La scène d’ouverture

Les moins

Intrigue simple et peu palpitante en soit
Personnages pas vraiment intéressants
Passé l’ouverture, le soufflé retombe pendant un temps
Le montage pourrait aussi se poser des fois

 

En bref : Si vous rêviez de voir une poursuite de 20 minutes avec des passants innocents flingués, renversés, des pigeons au ralentis qui se bouffent une passante en pleine tête, des yeux arrachés, un nombre de fuck incroyables et des couleurs criardes le tout dans un montage épileptique avec des explosions dans tous les coins, il vous faudra au moins voir le début de 6 Underground. Michael Bay va loin, très loin, trop loin ? Pas grave, même si parfois c’est peu intéressant, il livre le quota de scènes bourrines qui défoulent.

8 commentaires

  1. « Entre ad astra et le Daim », c’est violent ça !
    Autant Emmerich m’amuse, autant Bay me navré. De lui je n’aime aucun film, et je n’ai pas envie de tenter ce que je n’ai pas vus. Si je voir de l’action de qualité, je préfère me repasser « the Raid » (ce que j’ai fait d’ailleurs, mais s’il pêche par ailleurs) plutôt que de m’infliger ça

    1. Ah ben ça a accentué le côté putassier et bourrin de la chose en fait. (oui j’ai vu le Daim du coup, et sans surprises, j’ai aimé).
      Emmerich m’amusait au début. Le premier Independence Day est un plaisir coupable. Le Jour d’Après m’avait diverti aussi. Mais dernièrement, il ne m’amuse plus du tout (la navrante suite de ID).
      Oh rien de rien ? Même pas Rock ? Bon alors oui, ne tente vraiment pas celui-là, tu vas le rejeter encore plus en bloc dans ce cas.
      The Raid, c’était top, j’avais eu la chance de le voir avant même qu’on commence à en parler en France (la joie des sorties un an après). Le 2 par contre fut une de mes plus grandes claques niveau action vue sur un grand écran (et merci à mon pote qui m’avait emmené au cinéma en voiture, car je me souviens de grosses grèves et travaux dans les transports l’été de la sortie du 2).

      1. Bon ben tu liras mes deux chro : je suis nettement moins dithyrambique, mais néanmoins je salue la maîtrise de la mise en scène, ce qui ne risque pas de m’arriver devant un Mickael Bêêê.
        Emmerich me divertit comme le ferait un film Asylum, mais de surcroît il me fascine par son moralisme refoulé, par son catastrophisme glorifié. Il y a une vraie étude à faire sur cet auteur des nanars les plus chers d’Hollywood.

      2. Oui niveau mise en scène il y a rien à redire, c’est travaillé, lisible, ça ne coupe pas toutes les 2 secondes, comme chez Bay qui nous fait juste du Bayheeeeeeeem!!! (quel jeu de mot).
        Emmerich j’aimerais revoir en plaisir coupable son Universal Soldier, que j’avais détesté à l’époque.

      3. Tu parles de Moon 44 ? Ou alors c’est déjà son second métrage celui-là ? Si c’est bien celui-ci, je l’avais vu à l’époque car maman Rick avait la VHS, mais absolument aucun souvenir. C’est que ça ne devait pas être si amusant que ça….

      4. Des sorcières à Skywalker, de Bay à Emmerich. Bon au moins, même thématique ici 😉 Pas sûr que mon esprit soit prêt pour me relancer là-dedans (car bon, hier soir, ce fut soirée film au calme, avec The Lighthouse, suivi à la maison de Looping, un drame Allemand).

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