MORTAL ENGINES de Christian Rivers (2018)

MORTAL ENGINES

Titre original : Mortal Engines
2018 – Etats Unis / Nouvelle Zélande
Genre : Action
Durée : 2h08
Réalisation : Christian Rivers
Musique : Tom Holkenborg
Scénario : Fran Walsh, Phlippa Boyens et Peter Jackson d’après le roman de Philip Reeve
Avec Hera Hilmar, Robert Sheehan, Hugo Weaving, Jihae Kim, Ronan Raftery, Leila George, Patrick Malahide et Stephen Lang

Synopsis : Dans un monde post-apocalyptique ravagé après un holocauste nucléaire, de gigantesques villes mobiles errent et tentent de prendre le pouvoir sur d’autres villes mobiles plus petites ou moins armées. Le récit suit ainsi le trajet de la ville de Londres, hégémonique et sans pitié. Le hasard va faire rencontrer Tom Natsworthy et Hester Shaw ; les deux héros vont modifier la destinée de Londres.

Mortal Engines, ça aura été un des gros échecs financiers de la fin de l’année 2018. Un film qui pourtant avait toutes les cartes en main, en adaptant une série de romans à succès pour jeunes adultes, le tout produit et coécrit par Peter Jackson, ce grand enfant qui après le cinéma gore, aura connu le succès public et critique au début des années 2000 en adaptant le Seigneur des Anneaux. Annoncé au départ en 2009, c’est finalement en 2016 que les choses se bougent, et que Jackson, au départ pressenti réalisateur, cède sa place à Christian Rivers qui signe donc son premier long métrage. Aidé par une équipe compétente, un casting varié et un budget de 100 millions, le réalisateur a de quoi faire pour ce qui s’annonce comme un gros succès. Sauf que la réalité en fut autrement, avec seulement 83 millions de récoltés, et des critiques tiédasses. Où est-ce que ça cloche ? Surtout qu’à côté, des films beaucoup moins intéressants cartonnent au box office. Comment expliquer par exemple que tous les films Marvel cartonnent au box office alors que la moitié ressemble aux autres titres qui ont précédés ? La dure loi d’Hollywood. Mortal Engines aurait pu être le lancement d’une nouvelle saga, et l’échec total de ce premier film a du bien faire plaisir à Disney, qui a donc un conçurent de moins au box office. Mais revenons au début. Mortal Engines, c’est un univers. D’ailleurs, toute l’attention de la production a du aller vers cet univers. C’est simple, c’est beau, il y a des idées originales, la scène d’ouverture envoie méchamment du pâté. Dans un futur apocalyptique, des villes sur roues pourchassent d’autres villes pour récupérer du carburant, des matériaux et j’en passe. Et la ville de Londres est au sommet de la chaine alimentaire. Nous suivons dans cet univers qui a de la gueule Hester Shaw (Hera Hilmar), une jeune femme au visage marqué qui espère obtenir sa vengeance sur Valentine (Hugo Weaving), qui contrôle la ville de Londres, pour avoir tué sa mère des années plus tôt.

Bien entendu, à cette histoire de vengeance vient se greffer pas mal d’éléments, comme le retour de Shrike, une sorte de revenant invincible issu du passé d’Hester et qui la pourchasse sans relâche, quelques autres éléments pour rendre le monde plus vaste et vivants, avec les bandits qui chassent la nuit, les marchands, ceux qui veulent résister aux grandes villes et vivent derrière un mur. Et il y a Tom, un bon Londonien qui pourtant va se retrouver dehors et découvrir la vérité sur le monde qui l’entoure. L’univers de Mortal Engines est intéressant. Les personnages, bien que peu développés à l’exception d’Hester qui a droit à son passé et son background, se la jouent pour la plupart bad ass, et ça fonctionne relativement bien. Mais il y a un gros élément qui coince et vient abaisser le verdict d’un métrage qui aurait pu être un blockbuster original et rafraichissant. C’est le scénario, dans ses grandes lignes ! Premier gros défaut, tout va vite, parfois trop vite, comme si le film essayait sur 2h de raconter beaucoup trop de choses, et du coup n’avait pas le temps de s’étendre sur grand-chose, car il faut aller vite, tout caser en deux heures quoi qu’il arrive. Au moins, cela nous évite le fameux à suivre de ce genre d’histoires (comme pour les grandes sagas adaptant une série de livres), mais n’évite pas cette impression de trop plein compressé en seulement un film. L’autre souci, encore plus important au final, c’est clairement sa narration, la grande histoire générale que le film veut nous raconter. On ne va pas mentir non plus, c’est d’une banalité assez incroyable, avec juste des gentils d’un côté, qui veulent vivre (survivre) en paix, et de l’autre un grand méchant avide de pouvoirs qui veut tout détruire sur son chemin juste pour assouvir ses envies de pouvoir. Ni plus, ni moins.

C’est clairement dommage qu’un tel univers ne bénéficie pas d’un scénario plus solide, car en soit, on devine quasiment dés le début ce qu’il se passera durant tout le métrage, et ce jusqu’au final. Tout est cousu de fil blanc, et c’est bien dommage tant à côté, des efforts considérables ont été fait pour l’univers, dans son visuel. Les décors sont majestueux, on sent un soin particulier pour les rendre crédibles, que tout l’univers le soit, ai un passé, des petits éléments anodins qui donnent de la consistance à tout ce qui est sous nos yeux, mais tout ça au service d’un scénario comme on en a déjà vu mille. Ce qui aurait pu être un grand film reste donc un grand spectacle visuel, mais qui sera certainement oublié par le manque d’inventivité et de prise de risque du reste. Mortal Engines est au final, malgré son univers cool, et sa scène d’ouverture magistrale, un blockbuster calibré comme les autres, loin d’être désagréable, visuellement splendide, musicalement intéressant même si en faisant parfois un peu trop et avec certaines sonorités rappelant un peu trop le score de Mad Max Fury Road, mais dans l’instant, ça fonctionne. En réalité, le meilleur dans Mortal Engines, ce sera le background de Hester, plutôt original et intéressant, mais finalement bien trop court même s’il amène quelques péripéties.

Les plus

Visuellement ultra léché
Un univers travaillé et intéressant
Le passé de Hester avec Shrike

Les moins

Beaucoup d’éléments peu développés
Le scénario, d’une banalité énorme

En bref : Mortal Engines avait toutes les cartes en main. Son univers est intéressant, le visuel est beau, il y a du potentiel avec les personnages, son ouverture est impressionnante, mais il se contente finalement de raconter une histoire tout ce qu’il y a de plus classique, dommage.

2 réflexions sur « MORTAL ENGINES de Christian Rivers (2018) »

    1. Ben en le lançant, j’ai trouvé la scène d’ouverture géniale. Puis au fur et à mesure, tu es déçu, tu sens l’univers derrière qui a du potentiel, mais que rarement exploité pour raconter une histoire déjà vue au sein de cet univers, et c’est bien dommage. D’où mon avis. Ça se regarde, mais ça aurait pu être bien mieux.

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