DELTA FORCE de Menahem Golan


DELTA FORCE

Titre original : The Delta Force
1986 – Etats Unis / Israël
Genre : Action
Réalisation : Menahem Golan
Musique : Alan Silvestri
Scénario :  Menahem Golan et James Bruner

Avec Chuck Norris, Lee Marvin, Martin Balsam, Joey Biship, Robert Forster, Lainie Kazan, George Kennedy et Bo Svenson

Synopsis : Un avion est pris en otage par un groupe de terroristes palestiniens. Pour sauver les passagers, on a fait appel à un commando spécial, le Delta Force.

Avec Delta Force, énième film d’action de série B mettant en avant Chuck Norris, je découvre pourtant un autre visage de la Cannon Films, après celui peu ambitieux et peu subtil d’Un Justicier dans la Ville 2 et de quelques autres films, et celui bien trop ambitieux de Lifeforce et autres Superman IV. Bons ou mauvais, finalement, là n’est pas la question. Avec Delta Force, je découvre notamment un autre visage du producteur Menahem Golan, pierre angulaire du duo producteur de la Cannon, puisqu’ici, il co-scénarise le métrage et le réalise. Delta Force est donc un film qui lui tient particulièrement à cœur. Un projet au départ produit avec l’aide du vrai fondateur de la Delta Force, Charles Beckwith, et devant raconter l’opération Eagle Claw qui eu lieu en 1979, et qui ne se déroula pas comme prévu. Sauf que Menahem Golam est un éternel optimiste, et veut donc changer l’histoire, faire de cette mission un succès, ce qui ne plait pas forcément et force Charles Beckwith a quitter le projet. Qu’à cela ne tienne, Delta Force va donc s’inspirer d’un autre fait divers, le détournement du vol 847 entre le Caire et San Diego qui a eu lieu le 14 Juin 1985. Mais encore une fois, le studio décide de changer le cour de l’histoire. Pas de négociations entre des terroristes et le président des Etats Unis ici, mais la bonne vieille méthode Américaine made in Chuck Norris, à coups de pieds dans la gueule. Pourtant Delta Force, durant sa première heure, reste très fidèle avec les événements réels, sur les passagers, les terroristes, la seule victime, les sévices infligés et la séparation des passagers Juifs, les multiples arrêts de l’avion au Bierut puis à Algiers. Cette partie là sera de toute façon la moins convaincante du métrage finalement. Mais étonnement, elle ne sera pas pour autant véritablement mauvaise, mais il est vrai que 2h05 pour un métrage d’action avec Chuck Norris produit par la Cannon, c’est un peu beaucoup, et cela s’en ressent. Mais ce qui surprend, c’est l’équipe que le studio est parvenue à réunir pour un pareil métrage, soit un banal film d’action mettant en vedette Chuck Norris, peu de temps après les deux premiers Portés Disparus.

On retrouve tout de même Lee Marvin dans le rôle d’un militaire de la Delta Force aux côtés de Chuck (ce sera son dernier film avant son décès en 1987), Robert Forster (Jackie Brown, Mulholland Drive) dans le rôle du méchant terroriste Israélien, ou encore George Kennedy (Les Y-a-t-il un Flic) jouant un prêtre juif qui a la malchance d’être dans l’avion, et qui ne sert pas à grand-chose. Mais à défaut d’avoir des rôles inspirés, ou d’être pour certains crédibles, ils font le boulot. Ce qui est encore plus surprenant par contre, c’est de voir Alan Silvestri à la musique. Sortant alors du gros succès que fut Retour vers le Futur de Robert Zemeckis, le voir à la barre d’une petite production Cannon, ça a de quoi surprendre, mais il livre un score musical finalement sympathique, avec un thème marquant qui sera réutilisé pendant des années par ABC Sports, et que je connaissais finalement avant même de voir le métrage. Et finalement, un score musical très sympathique, dans le ton du film, léger, un brin bourrin. Car si la première heure reste calme et tente de faire durer le suspense, en étant fidèle aux événements, et en retardant au maximum ce que l’on attend d’une telle production, à savoir l’action. Au départ, ça surprend, et du coup forcément, ça intéresse. Au début, car une heure, ça paraît long au bout d’un moment pour ce genre de métrage, si bien que l’on finit par voir ressortir tous les défauts, comme ce tournage dans un avion bien entendu posé au sol en vrai, et qui ne subit jamais aucune turbulence ni rien, stable comme pas permis. Ou ces acteurs secondaires beaucoup moins convaincants que le casting principal. Ou tout simplement ces scènes montrant la Delta Force qui se met en route, puis change de cap, devant donc préparer ses armes à deux reprises, mais qui ne fait absolument rien avancer. Heureusement, la Cannon Films restera toujours la Cannon Films, et il y a la seconde heure, festival pyrotechnique assez improbable où Chuck peut nous montrer enfin l’étendue de son talent.

Car négocier, ça ne fait pas parti de ses talents, ni même de son vocabulaire. Donc dés qu’un événement tourne mal, le voilà alors, fusil mitrailleur à la main, pour en finir avec ses méchants terroristes tous moustachus (oui, c’est important comme détail). Après tout, on aura attendu environ 1h10 pour voir la marchandise, donc Delta Force a intérêt à se lâcher. Et si ça commence doucement par une course poursuite en voiture dans les rues, le potentiel divertissant et parfois nanar débarque dés l’instant suivant, où la Delta Force doit alors libérer les otages, tout en « douceur ». Et par douceur, j’entends bien entendu à coup de moto équipée de roquettes, tirant à la fois en avant et en arrière. Oh oui ! Avec ce cher Chuck qui effectue lui-même ses cascades à moto, n’hésite pas parfois à mitrailler à bout portant un terroriste caché sous un matelas, et à mettre les pieds où il veut, et surtout dans la gueule de Robert Forster dans un combat final aussi bourrin que jouissif. Un héros américain typique des années Reagan, qui évite toutes les balles, dont les tirs font eux toujours mouche, et qui fait tout exploser sous son passage pour prouver la supériorité de l’armée Américaine. Ah la belle époque dirons certains, l’insouciance, et surtout cette époque où l’Armée Américaine était toujours victoire…au cinéma du moins, car dans la vraie vie, la hantise du Vietnam était bien là. Ici, nos héros tuent à bout portant, font des tirs tête, se servent du couteau et rentrent tous au pays avec les otages. Amusant de constater par contre que le final, avec l’avion qui décolle sur la piste d’atterrissage pourrait presque être vu comme précurseur de Die Hard 2, ou bien plus tard, Fast and Furious 6. Les otages en plus, et le score de Silvestri également. Et du coup, difficile pour moi de détester le métrage, tant sa proposition de cinéma un peu bête paraît un peu niaise, mais honnête. Just une envie de divertir en fait, sans chercher plus loin.

Les plus

L’action débridée de la seconde heure
Au départ, ça veut jouer sur la tension
La moto de Chuck Norris
Le thème de Alan Silvestri

Les moins

Une première heure parfois longuette
Il faut bien entendu oublier la subtilité

En bref : Quand Menahem Golan ne se contente pas de produire, mais écrit et réalise, cela donne Delta Force, où quand Chuck Norris avec la subtilité qu’on lui connaît va sauver des otages, avec sa mitrailleuse et sa moto équipée de roquettes. Généreux, naïf, divertissant, et du coup, un bon petit moment pas prise de tête, avec quelques têtes connues au casting et Alan Silvestri à la musique.

6 commentaires

  1. Ah la méthode Chuck !
    ça fait tout drôle de voir ce pauvre Lee Marvin ainsi diminué et qui plus est dans une production qui n’est pas de son calibre. Mais quel casting par ailleurs quand même : Martin Balsam, Robert Forster, George Kennedy (tiens il n’est pas aux commandes de l’avion pour une fois),… En tout cas, ça m’a l’air d’être un festival de pyrotechnie qui doit faire bien décoller les zygomatiques.

    1. Haha, je savais que ce brave Chuck te ferait réagir ! Mine de rien, j’ai fais des petites séances Cannon Films, entre ça, Lifeforce, j’ai depuis vu aussi la trilogie complète Portés Disparus, les deux premières suites d’un Justicier dans la Ville.
      C’est assez incroyable de voir les stars que le studio a réussi à avoir, et finalement, le nombre de stars qu’ils ont également lancés. Toujours avec ce côté foutraque et over the top qui rend impossible de prendre les films au sérieux, et du coup, parfois, ça passe. Ce Delta Force, c’est très loin d’être du grand cinéma (ni même du bon finalement), mais j’ai passé un très bon moment devant. Portés Disparus, le premier, ça se prenait affreusement au sérieux et c’était une catastrophe pour le coup.

      1. Des stars très déclinante pour le coup. C’était un peu le lot de ces acteurs pourtant prestigieux. Quand tu imagines Ernest Borgnine, oscarisé pour Marty, qui finit dans Supercopter… Bon un petit rôle dans Gattaca quand même. 😉
        De tous ceux que tu as présentés, Lifeforce reste ma priorité, et juste à cause de Mathilda. Le reste, je t’avoue que ça peut attendre.
        Dans le genre nostalgie, je me suis refait hier soir sur Arte the Neverending Story. C’était pas très fameux quand même. Je me suis fendu d’un article qui paraîtra tantôt.

      2. C’est vrai. Parfois aussi des gueules connues de la série B. Dans Invasion U.S.A par exemple, aux côtés de Chuck, on trouve Richard Lynch et Billy Drago (qui faisait une courte apparition dans Pale Rider de Eastwood d’ailleurs, je l’ai repéré en revoyant le film).
        De Hooper pour la Cannon, L’Invasion Vient de Mars que j’ai découvert seulement l’année dernière était sympa aussi. Bancal, mais généreux et bourré d’idées. (bientôt mon blog va se transformer en blog Cannon Films, va falloir que j’arrête les conneries haha).
        Oh j’en parlais il y a peu avec une blogueuse Danoise très sympa, qui me disait justement que même avec la nostalgie, ça avait un peu prit cher. Du coup j’hésite franchement à le revoir, il est peut être mieux enfoui dans mes souvenirs de jeunesse. Par contre, gros hasard, j’ai revu hier soir Dans La Ligne de Mire avec Clint, réalisé justement par Wolfgang Petersen, et c’était très bien comme dans mes souvenirs.

      3. Après Neverending Story, il avait fait Enemy, un film un peu oublié mais pourtant vraiment bien.
        Tu vas devenir un spécialiste de Cannon en effet. Ceci dit, ils n’ont pas produit que des films d’action bourrins, ils étaient aussi sur le coup pour financer une adaptation du Roi Lear par Godard, et j’ai vu aussi de leur part une adaptation de Crime et Châtiment disons… passable.

      4. Figure toi que je l’ai vu Enemy, le mois dernier durant mon arrêt de travail. Mais j’ai vu tellement de films que j’ai du mal à suivre niveau critiques. Il est en effet très bon. Je pourrais bien pinailler sur un ou deux petits trucs, mais vu le budget qui semblait bien petit, il s’en sort très bien.
        En effet, dans le documentaire Electric Boogaloo que j’ai également vu le mois dernier, ça parle du Godard, mais aussi du film de Polanski pour eux, et quelques autres films d’auteurs, qui montre bien finalement que le studio voulait également de la reconnaissance plus prestigieuse que les films d’action bourrins.

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