THE BLACKOUT de Egor Baranov


THE BLACKOUT
Titre original : Аванпост – Avanpost
2019 – Russie
Genre : Science Fiction
Réalisation : Egor Baranov
Musique : Ryan Otter
Scénario : Ilya Kulikov

Avec Aleksey Chadov, Pyotr Fyodorov, Svetiana Ivanova, Lukerya Ilyashenko, Ksenuya Kutepova et Konstantin Lavronenko

Synopsis : La Terre est frappée par un blackout sans précédent, l’électricité ne fonctionne plus nulle part. A l’exception d’une zone située en Europe centrale. Une escouade se constitue pour tenter de sauver la planète d’une menace dont personne ne connaît l’origine.

Le cinéma Russe vous manquait ? Non ? Moi si. Alors on y retourne pour un petit tour, avec ce coup-ci le film The Blackout, signé Egor Baranov, encore un film de science fiction, ici à tendance action, qui veut en mettre plein la vue, encore une fois avec un budget dérisoire qui ferait se plier de rire les Américains, à savoir environ 3 millions d’euros. Au programme ? Une coupure de courant mondiale, de cause inconnue, à l’exception d’une petite zone en Europe Centrale. Forcément du coup, on envoie des militaires sur place pour comprendre la situation, qui s’avère beaucoup plus compliquée que prévue. Car en plus de priver la terre d’électricité sur 90% de sa superficie, cet étrange événement va également tuer des milliards d’humains, comme ça, du jour au lendemain. Une partie de la Russie est épargnée, ainsi que d’autres pays comme la Finlande ou l’Ukraine, et les rares survivants tentent de s’y organiser, et surtout de mettre en place une force armée pour se protéger, car quelque chose rôde dans cette obscurité constante au-delà de cette zone. Une menace invisible et inconnue. Voilà, un pitch simple, efficace, et qui à l’écran ne perd pas de temps en bavardes inutiles, l’ensemble démarrant hyper rapidement, voulant privilégier le rythme et les scènes qui en mettent plein la vue. Du pur divertissement donc, voulant concurrencer les Américains sur leur terrain. Mais pas que. Si l’on évite, fatalement, le fameux patriotisme si cher aux Américains (mais ne vous inquiétez pas, Mother Russia est forte également), The Blackout essaye par moment de jouer aussi sur la tension. Et c’est sans doute la plus grande surprise du métrage, qui se vend comme un mélange de science fiction et d’action, mais parvient au détour de plusieurs scènes, à nous offrir bien plus.

Après la catastrophe, et alors que l’on commence à faire connaissance avec nos personnages principaux, une troupe de militaires qui va tenter de comprendre ce qu’il se passe et empêcher la situation de dégénérer, les choses se bougent immédiatement. Une menace se cache dans l’ombre et s’apprête à attaquer. Alors que la nuit est là, et qu’en dehors de la zone, il n’y a qu’obscurité, les hommes se préparent, lourdement, à subir un assaut. On se dit que ça va exploser, que l’action va débarquer, mais c’est tout autre chose que le réalisateur nous livre, retardant donc sa première scène d’action pour jouer sur la tension. Et quelle tension dans cette scène. Elle fonctionne parfaitement, avec une véritable montée en puissance, avec cette menace invisible qui se terre dans l’obscurité mais ne demande qu’à attaquer, ces humains sûrs d’eux qui se préparent, et sentent cette menace se rapprocher, sans pour autant la voir. Voilà qui rappellerait presque ces assauts dans Aliens, avec la menace forcément là, tangible et audible via le détecteur de mouvements, mais toujours invisibles aux yeux des personnages. Bon, malheureusement, ce sera bien la seule scène jouant sur la tension, le reste du métrage se faisant beaucoup plus rentre dedans, mais c’est très bien également. Ce petit détour était déjà totalement inattendu qu’il en est totalement appréciable. Le reste est donc beaucoup plus prévisible pour le genre, du moins dans les faits. On se doute bien que cette équipe de militaires va devoir aller explorer, de préférence de jour, cette terre coupée du monde, afin de comprendre ce qu’il se passe. Et comme nous sommes dans un récit de science fiction, pas de surprises, la menace ne vient pas de chez nous. Mais malgré cette menace, le film ne tente pas d’en faire des tonnes, et préfère jouer la carte du réalisme, du moins en ce qui concerne les scènes d’action, nombreuses, et plutôt bien fichues. Car dés que les survivants s’aventurent dans les zones mortes pour découvrir ce qu’il se passe, ils vont se retrouver face à des hordes d’ennemis, des humains qui semblent avoir perdus la raison et ne savent rien faire d’autre que de tuer.

L’action débarque alors, les personnages laissent parler la poudre, tentent de survivre, en se repliant à des endroits stratégiques, en gérant les munitions comme ils le peuvent. Et bien souvent, c’est impressionnant visuellement, même si l’on pourra regretter les giclées de sang en numérique, bien voyantes, alors que le reste des effets fonctionne parfaitement. Encore plus impressionnant lorsque l’on apprend que 70% du contenu de ses scènes utilise du numérique. La Russie prouve qu’elle est véritablement à la pointe à ce niveau là. Est-ce que le reste suit ? Un peu moins il faut l’avouer, les personnages n’ont que peu de développement à l’exception d’un ou deux, on n’échappe pas à certains clichés du genre militaire. C’est dommage, surtout qu’avec sa durée dépassant les deux heures, il y avait de quoi faire pour trouver un réel équilibre entre l’action et le développement. Le fait qu’une suite était au départ prévue pour 2020 (mais rien de nouveau depuis l’annonce) doit y jouer pour quelque chose, puisque certains personnages ou éléments d’intrigues auraient mérités meilleur développement. En l’état le film fonctionne parfaitement en tout cas, il n’essaye pas d’être autre chose que ce qu’il doit être, à savoir un film d’action bien carré et bourrin, le tout sur fond de science fiction avec menace venue d’ailleurs, et avec en prime un point de départ plutôt original. Mais en cherchant l’efficacité à tout prix, le réalisateur fait preuve de savoir faire dans ce qu’il propose, et c’est bien suffisant pour passer 2 bonnes heures.

Les plus

Des scènes d’action qui dépotent
Techniquement maitrisé
La tension fonctionne par moment
Sans temps morts

Les moins

Manque parfois un poil de développement
Les giclées de sang en CGI

En bref : The Blackout ne révolutionne pas le genre, mais se montre efficace et bien fichu, en plus de parvenir lors de quelques scènes à jouer sur la tension, avant de tout faire exploser. Du bon divertissement.

2 commentaires

    1. Là tu peux tenter oui, c’est hyper efficace, bourrin, rythmé, bien filmé. On a des stéréotypes et clichés, mais finalement pas pire que dans ce genre de cinéma US. Et à l’écran, on ne dirait pas du 3 millions du tout au final, vu la qualité des CGI, la variétés des lieux, les nombreuses fusillades. Les Russes sont aussi fous que les Asiatiques, ils te font des trucs qui tiennent la route avec des budgets risibles.
      D’ailleurs, comparé aux autres films Russes que j’ai vu et chroniqué récemment, un ami l’a vu celui-là, et a encore plus aimé que moi ^^

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