LES MONDES PARALLÈLES de Sakuragi Yûhei


LES MONDES PARALLÈLES
Titre original : The Relative Worlds – あした世界が終わるとしても – Ashita Sekai ga Owaru to Shite mo
2019 – Japon
Genre : Animation
Réalisation : Sakuragi Yûhei
Musique : Kawai Hidehiro
Scénario : Sakuragi Yûhei

Avec les voix de Kaji Yûki, Uchida Maaya, Nakajima Yoshiki, Senbongi Sayaka, Yûki Aoi et Minae Inori

Synopsis : À Tokyo, dans un Japon ou les morts subites se multiplient, Shin rencontre Jin qui lui ressemble en tout point, tel un jumeau. Ce dernier lui révèle l’existence de mondes parallèles – créer suite à des expériences durant la Guerre du Pacifique -, lui même provenant de l’un d’entre eux. Il est là-bas le double de Shin. Mais dans l’univers de Jin, une maléfique princesse impose sa dictature sur la Principauté du Japon en proie à des guerres civiles. Le salut des gens de ce monde parallèle dépend de Jin qui doit pour cela retrouver dans cet univers le double de la méchante princesse, une personne morte de manière non-naturelle dans un univers causant le décès de son double. Peu à peu, la description qu’en fait Jin bouleverse Shin qui croit reconnaître son amie, Kotori.

Si dans les séries animés, il y a à boire et à manger, surtout vu la production au Japon (essayez de voir le nombre de séries qui débute chaque année, c’est fou), en général, l’animation au cinéma, c’est presque toujours une valeur sûre. Il y a de grands réalisateurs en activité dans le domaine, comme Hosoda Mamoru (Les Enfants Loups, La Traversée du Temps), Makoto Shinkai (Your Name, The garden of Words), Oshii Mamoru (Ghost in the Shell) sans oublier Miyazaki Hayao (est-ce utile de citer les films franchement ?). Il doit être difficile de se faire une place dans le milieu d’ailleurs, tant les pointures du genre ont un style parfaitement identifiable et souvent aimé du public. C’est ainsi que débarque Les Mondes Parallèles, The Relative Worlds de son titre international, par la petite porte, directement dans nos salons durant l’année 2020. Un film passé inaperçu, et qui en plus, a fortement divisé son public, et à peine quelques secondes, on peut comprendre pourquoi. Beaucoup de choses choquent dans le métrage, choquent l’œil, mais pas que, on y reviendra. Le film de Sakuragi Yûhei tourne le dos déjà à l’animation traditionnelle, en utilisant l’animation en 3D, par ordinateur. Et il ne faut pas plus de deux plans avec des personnages à l’écran pour que l’on comprenne pourquoi le film divise dans son style. C’est moche, et surtout ultra rigide. Très difficile de s’attacher aux personnages ou de croire aux actions avec un tel style. Si cela avait été une cinématique de PS3 pour un JRPG, on aurait trouvé ça génial et super beau, pour une cinématique de PS4, on aurait trouvé ça sympa, mais pour un long métrage de cinéma, tout de suite bien plus moyen. Après, c’est un choix, c’est un style, et je suis sûr que certains apprécient.

Pas moi en tout cas. Pourtant, certains décors restent beaux et détaillés, et certains personnages, quand ils sont de profils ou en arrière plan, ça passe. Mais dés qu’ils sont au premier plan, ou qu’ils parlent, ça ne va plus. Forcément, quand ils marchent, courent ou font des actions, plus rien ne va, c’est ultra rigide, à en rire parfois. L’ironie, c’est que quand le film se bouge et que l’action débarque, et que les personnages se battent ou sautent dans tous les sens… la rigidité fou le camp et ça devient ultra fluide. Étrange. Seulement il n’y a pas que le visuel qui coince ici. Dans le fond aussi ça coince, malgré une excellente idée de départ. Idée de départ qui se fait pas franchement où aller, tant on peut trouver à redire dans le long métrage. Pourquoi révéler absolument toutes ses clés au bout de 10 minutes de film déjà par exemple ? Alors certes ça ne dure que 1h30 et il faut donc ne pas trop perdre de temps, mais tout de même, annihiler presque tout mystère aussi rapidement. Et puis de son idée de base de mondes parallèles, où la mort d’un personnage d’un côté, si non naturelle, entraine la mort de son double dans l’autre monde, c’était bien. Mais le scénario n’en fait qu’un ersatz de Terminator, avec des visiteurs d’un autre monde, qui arrivent de la même manière (avec éclairs et tout), avec des méchants envoyés pour éliminer quelqu’un d’important, et des gentils envoyés à leur tour pour faire office de protecteurs. Du coup jamais le film ne parviendra à surprendre, on devine tout à l’avance. Le pire étant que le métrage n’est pas très rigoureux avec son univers.

Il nous révèle quasiment toutes ces clés au bout de 10 minutes, mais quand ça l’arrange, n’hésitera pas par la suite à changer certaines de ses règles afin de pouvoir faire avancer le scénario dans la direction voulue. Et c’est dommage encore une fois. Beaucoup de choses coincent, visuellement et en terme d’histoire, de narration. Heureusement, tout n’est pas à jeter non plus. Déjà oui, le film est court, et on peut également citer les scènes d’action, extrêmement fluides comparé au reste. Et même si elles sont rares, elles demeurent sympathiques. Comme dit plus haut, si visuellement, ce n’est pas très joli de manière générale, notamment de personnages, on a tout de même quelques beaux mouvements de caméras qui rendent l’ensemble attractif, et également quelques plans où les personnages, plus figés, passent mieux. Si l’intrigue a de très nombreux défauts, malgré tout, et bien l’ensemble se suit plutôt bien. Vu que l’intégralité du concept est expliqué d’entrée de jeu, on peut même faire des choses plus passionnantes en le regardant, comme la vaisselle, repasser le linge, trier ses blu-ray… C’est clairement dommage, mais comme on en attendait pas forcément grand-chose…

Les plus

L’idée de départ
Quelques petites idées éparpillées
Les scènes d’action

Les moins

Visuellement assez moche
D’une rigidité presque à toute épreuve
Le scénario a énormément de failles…
…en plus de piquer un peu partout

En bref : Les Mondes Parallèles, ce n’est pas du grand cinéma d’animation. En faisant le choix de la 3D au lieu de l’animation traditionnelle, le film a un look très rigide, et qui sonne « faux ». Son scénario parfois se contredit, et révèle toutes ses cartes bien trop tôt. L’ensemble reste court, bien photographié et les scènes d’action assez sympathiques pour en venir à bout.

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