HUNTER HUNTER de Shawn Linden (2020)

HUNTER HUNTER
Titre original : Hunter Hunter
2020 – Canada
Genre : Thriller
Durée : 1h33
Réalisation : Shawn Linden
Musique : Kevon Cronin
Scénario : Shawn Linden

Avec Camille Sullivan, Summer H. Howell, Devon Sawa, Nick Stahl, Gabriel Daniels et Lauren Cochrane

Synopsis : Mersault vit avec sa femme et sa fille de manière totalement isolée du monde au cœur de la forêt. Ils vivent grâce au trappage. Mais lorsqu’un loup se met à dévorer les bêtes capturées par les pièges, Mersault se lance sur sa piste.

Hunter Hunter, c’est l’un de ces nombreux films qui a débarqué en Décembre 2020 directement en VOD et dont je vous parle depuis le début du mois, et qui gagne à être regardé sans rien savoir du titre en question. Ce fut mon cas, ne connaissant que l’affiche, très belle en passant, et rappelant le également récent The Wolf of Snow Hollow, le noir remplaçant le rouge de la dite affiche. En tout cas, les loups ont droit à un traitement enfin sérieux en 2020, sans forcément avoir à passer par la case loup-garou, et sans avoir non plus à verser dans la série B torchée à l’arrache qui finalement ne satisfera personne. Hunter Hunter, c’est avant tout l’histoire d’une famille, et de son mode de vie assez particulier. Mersault vit avec sa famille au milieu de nul part, isolé du monde extérieur, prônant l’indépendance totale et donc réglant chacun de ses soucis par lui-même. Une cabane dans les bois, une fille qui ne va pas dans les écoles mais reste à la maison et suit ses parents, et un père chasseur qui amène de l’argent en revendant le résultat de ses trappages. Tout bascule lorsqu’un loup rôde dans les environs et commence à bouffer tout simplement les animaux qui permettent à cette famille de subvenir à leurs maigres besoins. Du coup, moins de nourriture, mais surtout, moins de vente, et donc moins de rentrée d’argent. Ce qui surprend dés le départ, c’est le sérieux du réalisateur, et sa volonté de proposer un film que l’on qualifiera de lent et d’ambiancé. La plupart du temps en tout cas.

Hunter Hunter prend en effet son temps, pour poser une ambiance, pour faire progresser le film doucement en nous faisant douter, en nous suggérant la présence d’un danger, sans jamais nous révéler l’intégralité de ses cartes, et ça fonctionne plutôt bien, c’est très bien filmé et le film bénéficie en plus d’un casting très réussi, avec des têtes connues. Ou du moins, d’anciennes têtes connues. Camille Sullivan, habituée aux séries TV et au téléfilm, trouve là un rôle qui lui permet de montrer son talent au grand jour, et bingo, elle est superbe dans le rôle de cette femme qui se retrouve très rapidement livrée à elle-même lorsque son mari ne revient pas de sa traque, et qu’elle va devoir se démerder, seule, car elle est isolée de tout, et que les rares locaux ne sont pas trop enclins à venir l’aider. Mais c’est le casting masculin qui interpelle, bien qu’il impressionne moins. Dans le rôle du mari, Devon Sawa, que les trentenaires connaissent surtout pour quelques films à la fin des années 90, comme La Main qui Tue ou le premier Destination Finale. Et dans le rôle d’un inconnu débarquant dans le film, Nick Stahl, dont l’on se souvient pour Terminator 3 ou encore Sin City. Deux acteurs sympathiques un peu disparus de la circulation depuis, et qui ont l’air content d’être là dans un film fait avec le plus grand sérieux du monde. Et ça fonctionne, le casting est appliqué, l’ambiance prend, le design sonore du métrage fait des merveilles.

Alors que finalement, il ne se passe pas grand-chose pendant ce temps à l’écran. Mais cette ambiance slow burn comme disent nos amis les Américains fonctionne super bien. Malheureusement, malgré ses seulement 1h33 au compteur, quelques petites longueurs s’invitent dans le récit, juste avant le début du dernier acte, comme si le réalisateur avait un peu trop tiré sur la corde, et qu’à force de nous faire attendre, il en faisait trop. Mais le réalisateur pouvait-il faire autrement ? Est-ce que le final, grandiose et grotesque, aurait-il fonctionné si il était survenu plus tôt ou avait été plus long ? Pas si sûr. Le concept même du film est de monter doucement mais sûrement avant l’explosion finale, surprenante pour le coup. Et impossible d’oublier certaines séquences glaçantes de la première partie, comme cette macabre découverte en forêt, ou le face à face entre le loup et les femmes de la famille, tendu comme il faut. Hunter Hunter n’est pas parfait, mais ce qu’il fait, ce qu’il propose, il le fait bien, et si on y est réceptif, la découverte vaut largement le coup d’œil, même si dans le fond, le métrage n’invente rien (la famille à l’écart, la petite critique sociale, le chasseur devenant chassé), mais il le fait bien, et parvient du coup à surnager dans le lot de films de genre qui sort chaque année, grâce à sa proposition sérieuse et assumée. La construction des scènes de tension fonctionne du tonnerre, et comment oublier ce final, troublant ! Une des dernières bonnes surprises de cette triste année 2020.

Les plus

Un sound design parfait
Une ambiance tendue
Quelques scènes de tension magistralement filmées
Ce final bon dieu !

Les moins

S’étire peut-être un peu en longueur à la fin du deuxième acte

En bref : Hunter Hunter, c’est un récit assez lent mais qui veut justement prendre son temps, poser une ambiance, nous faire guetter pour le point de non retour. Ça fonctionne, surtout que ce point de non retour est surprenant et traumatisant.

2 comments

    1. Malheureusement, comme pour THE EMPTY MAN, aucune idée de quand ça va sortir en France. SI ça débarque un jour déjà.
      2020 et les films d’ambiance en tout cas, ça le fait !

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