ROKUROKU: THE PROMISE OF THE WITCH de Yamaguchi Yudai et Amemiya Keita


ROKUROKU: THE PROMISE OF THE WITCH

Titre original : ロクロク
2017 – Japon
Genre : Anthologie horrifique
Réalisation : Yamaguchi Yudai et Amemiya Keita
Musique : Morino Nobuhiko
Scénario : Kumagai Yûki et Umeda Sumiko

Avec Nakanishi Miho, Asakura Erika, Curtis Mickey, Hotaru Yukijirô, Ishida Issei, Itô Kazue, Iwasa Mayuko et Nishina Takashi

Synopsis : La jeune Izumi se rend dans son village natal pour prendre soin de son grand-père, la tête souvent perdue dans des histoires de monstres et d’esprits. Alors que des incidents étranges ont lieu autour d’elle dans le village, Izumi retrouve son amie d’enfance Mika, et elles ont le sentiment que quelque chose d’horrible se prépare.

Présenté dans quelques festivals où il a reçu un accueil mitigé mais pas catastrophique pour autant en 2017 avant une sortie au Japon en Janvier 2018, Rokuroku est un essai resté aujourd’hui dans l’ombre, un peu oublié des spectateurs, faute de sortie en dehors du Japon. Et pourtant, en y regardant de plus près, on trouve en coréalisateur un certain Yamaguchi Yudai, réalisateur certes inégal mais ayant quelques atouts sur son CV (Meatball Machine), un casting assez complet avec des acteurs montants et des valeurs sûres, le tout dans un style qui tente de changer quelque peu la narration habituelle des films dits d’anthologie, ou films à sketchs. Vous savez, ces films souvent bien bancals, la faute à diverses petites histoires dont l’intérêt et la qualité varie forcément. Que ce soit au Japon ou ailleurs, les anthologies, c’est souvent un genre casse gueule, bancal, mais rarement véritablement mauvais, grâce à la courte durée des différentes histoires. On pardonne forcément plus rapidement une mauvaise histoire quand elle ne dure que 10 minutes et lorsqu’elle est suivie par une bonne histoire. C’est exactement le cas avec Rokuroku d’ailleurs, qui peut même se vanter de n’avoir qu’une seule histoire véritablement moyenne parmi toutes ces histoires, 8 ou 9, tout en comptant le fil rouge reliant le tout, à savoir, Izumi de retour dans son village natal pour s’occuper de son grand père, quelque peu perturbé et qui semble voir des choses que personne d’autre ne voit. Avec un tel point de départ, on pourrait s’attendre au grand-père (Curtis Mickey) qui va nous raconter diverses histoires ayant eu lieues dans le village depuis des années, mais il n’en sera rien. Rokuroku fait le choix plutôt bienvenu de raconter pas mal de petites histoires se déroulant dans le village, en même temps que notre héroïne, Izumi, reprend ses marques dans le village, retrouve son amie d’enfance et part boire un verre avec elle, avant de relier finalement chaque courte histoire entre elle pour un final de 30 minutes environ. Et avoir un final reliant absolument chaque histoire, c’est plutôt sympathique finalement, ça donne plus de substance à tout ce qu’il se passe durant 1h30.

Mais bien entendu donc, Rokuroku n’échappe clairement pas au défaut principal des films à sketchs, à savoir, une inégalité en terme de qualité entre les différentes histoires. Et un défaut également qui poursuivra un peu chaque intrigue, à savoir une certaine volonté de vouloir utiliser des CGI un peu partout, parfois avec réussite (les derniers plans du film, certains monstres) et parfois, beaucoup moins de réussite, notamment en ce qui concerne certains monstres, ou dans le long final, où les deux réalisateurs, Yamaguchi et Amemiya, se lâchent totalement. Et pourtant, on ne pourra pas reprocher sa générosité à l’anthologie, car Rokuroku est fun à regarder. On s’éclate le plus souvent devant ces courtes histoires, et mieux lors d’une poignée d’entre elles, on s’implique. Si la plupart sont bien fun à regarder et qu’on s’éclate, il y en a certaines qui parviennent à faire monter la tension, soit par l’originalité de son monstre, soit tout simplement par une maitrise visuelle de l’ensemble, et par la lente montée de la tension. Après une courte introduction des personnages que l’on verra tout le long du film (introduction de même pas cinq minutes), la première histoire commence, et nous met directement dans le bain. Car cette première histoire, malgré quelques approximations au niveau des effets, mais ça ce sera récurent tout le long, est d’un excellent niveau. De toute façon, en général, la plupart des histoires s’en sortent pour deux raisons. Soit parce qu’elles arrivent en peu de temps à poser une atmosphère, que celle-ci soit fun ou bien tendue, ou de par l’originalité du monstre qu’il met en scène. Car si dans Rokuroku, il y a bien un monstre principal, en avant dans le titre d’ailleurs, chaque histoire va mettre en scène un Yokai différent, et il y en a pour tous les goûts, avec certains bien originaux.

Au rang des réussites, citons donc la première histoire, Norikabe, bénéficiant d’une belle montée en puissance et étant en plus filmé avec le plus grand des sérieux, et évitant d’en faire trop, la cinquième (Rokuroku), qui m’aura surpris dans le bon sens avec un final excellent, la sixième (Nekome), assez classique et prévisible mais rondement mené. Du côté sympathique mais souvent bancal, on pourra citer la troisième histoire, Umibozu, faisant monter la sauce de manière simple et efficace, mais qui a trop recours aux CGI sur la fin, ou encore la quatrième histoire, Hako Onna, alternant le très bon (le grotesque de la création, quelques moments creepy) et le moins bon (les personnages un peu énervants), et la huitième, Kamaitachi, avec son monstre bien sympa et le début des indices pour relier toutes les intrigues, mais auquel il manque un petit quelque chose, ou encore la neuvième, Daidara, surprenante et minimaliste. Du côté des déceptions, mais loin d’être catastrophiques d’ailleurs, la seconde histoire, Karakasa, qui bénéficie malgré tout d’un très beau noir et blanc et d’un bon sens du grotesque, et surtout la septième (Hitotsume) qui malgré des couleurs faisant penser au giallo, ne parvient pas à éviter un ridicule de situation qui rend l’ensemble peu prenant. Mais encore une fois, les histoires durant entre 5 et 10 minutes, on se prend au jeu et on a bien du mal à en vouloir au film et aux deux réalisateurs. L’ensemble est fluide, se suit avec un véritable petit plaisir, avant que l’intrigue d’Izumi et son amie Mika ne prenne la relève pour les 25 dernières minutes, de manière parfois bien surprenante, et parfois également bien bancale. Mais on ne pourra pas lui reprocher de manquer d’idées, d’envie ou de passion, ou même de générosité. Et c’est ce qui fait quelque peu pardonner ses défauts, ces quelques effets ratés, et voilà, on passe 1h30 fun devant notre écran.

Les plus

Des histoires vraiment bonnes (la 1, 5, 6)
D’autres très sympathiques (la 3, 4, 8et 9)
Un côté très fun
Des moments stressants

Les moins

D’autres histoires moins bonnes (la 2 et la 7)
Des effets très inégaux

En bref : Rokuroku est loin d’être parfait, mais bénéficie d’un soin particulier de par ses deux réalisateurs. C’est fun, on s’amuse devant cette dizaine d’histoire, et sa structure même fait qu’on a du mal à en vouloir aux intrigues plus faibles.

2 commentaires

  1. Je vais essayer de le voir ça a l’air sympa merci. En plus, certains monstres ou yôkai du folklore japonais sont présents ici, comme Rokurokubi, et on ne les voit pas si souvent ailleurs.

    1. Oui c’est ça qui est aussi sympa, ça ne se contente pas de prendre des Yôkai que l’on connait déjà, il y a une certaine envie d’originalité qui fait plaisir. Ça respire le film fait avec de bonnes intentions même si parfois un peu dépassé par son manque de moyen.

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