ERASED (僕だけがいない街) de Hirakawa Yûichirô (2016)

ERASED

Titre original : Boku Dake ga Inai Machi – 僕だけがいない街
2016 – Japon
Genre : Thriller
Durée : 2h
Réalisation : Hirakawa Yûichirô
Musique : Hayashi Yuki
Scénario : Gotô Noriko

Avec Fujiwara Tatsuya, Arimura Kasumi, Nakagawa Tsubasa, Suzuki Rio, Mori Kanna, Hayashi Kento, Fukushi Seiji et Andô Tamae

Synopsis : Fujinuma Satoru, rêvant de faire des manga, travaille comme livreur en espérant un jour s’en sortir. Il possède un pouvoir, celui de rembobiner le temps lorsqu’un événement horrible va survenir autour de lui. Alors qu’il retrouve sa mère tuée par un mystérieux assassin et que la police le désigne comme couple, son pouvoir s’active et il se retrouve 18 ans en arrière, à l’école primaire, à l’époque où plusieurs de ses camarades de classes disparaissent.

Si je vous dis adaptation de manga et Fujiwara Tatsuya, vous me répondez ? Non, je sais, il y a trop de choix, c’est un peu la question piège, tant l’acteur semble être partout dans ce genre là, sans doute car son jeu bien particulier correspond bien au style manga live, que sais-je ? Mais bon, après Death Note 1 et 2 (plus un caméo dans les suites), Kaiji 1, 2 et 3, Kenshin 2 et 3 et j’en passe, sa carrière est plutôt remplie niveau adaptation de manga. Heureusement d’ailleurs qu’il ne se limite pas à ça. Mais ce n’est une surprise pour personne, moi je l’aime bien cet acteur. Il en fait parfois des tonnes pour rien du tout, il a bien quelques métrages honteux dans sa filmographie (The Incite Mill, MonsterZ, Battle Royale 2), mais il a tout mon capital sympathie. Alors forcément, quand on m’annonce un nouveau manga live, avec ce coup-ci la jeune Arimura Kasumi (Kenshin tiens, justement) à ses côtés, et que le tout va parler de tueur en série et de voyage dans le temps, avec en prime, un matériel de base plutôt bien réputé, tellement qu’il a eu droit à son adaptation en série animée, mais aussi en série tout court sur Netflix, en plus de ce film live, et bien, j’étais curieux. Avais-je raison d’être curieux, surtout que l’affiche met en avant un contenu qui semble plutôt sobre ? Oui et non. Oui car tout n’est pas à jeter, Fujiwara est plutôt bon, l’idée de base et certains thèmes sont également plutôt sympathiques, mais arrivé au terme des deux heures du métrage, on a comme cette impression de gâchis, de final qui ne sait absolument pas quoi faire, s’engouffre dans des facilités énormes, les clichés. Et de ses personnages bien trop simples, comme s’ils n’étaient par moment définis que par une simple et unique action. Et après de simples et rapides recherches, il semble que le film Erased ai décidé de changer radicalement la fin du manga, et donc, des différentes séries adaptées.

Du coup, comme je suis plutôt curieux et déteste le spoil, plus d’autres choix : regarder soit la série animée soit la série live, pour me faire ma propre idée et décider de la fin la plus logique, celle correspond le mieux à l’univers et aux thématiques abordées. Mais Erased, le long métrage, est-ce que ça fonctionne quand on ne connaît rien au support de base ? Car on ne va pas se mentir, au final, ces adaptations, si elles permettent de rameuter dans les salles les fans du matériel de base (argent facile), ne sont-elles pas avant tout destinées à ceux qui ne lisent pas les mangas ou ne regardent pas d’animes ? Peut-être bien au final. Jetons donc un œil plus approfondi au métrage de Hirakawa Yuichiro, dont je ne connaissais absolument pas le travail, pour voir ce que le film vaut, en tant que film. On y suit donc les aventures de Fujinuma Satoru, joué par l’implacable et irremplaçable Fujiwara Tatsuya, un mangaka pas vraiment populaire, qui n’a pas franchement de relations avec quiconque, et travaille à temps partiel dans une pizzeria. Oui, le gros cliché facile que l’on retrouve dans 150 000 mangas, à savoir, une histoire extraordinaire qui va arriver à quelqu’un travaillant dans le milieu des mangas. Car Satoru a la particularité fort bien originale (ironie) de remonter le temps après avoir été témoin d’un drame. Sauf que lorsqu’un drame est évité dans un parc en présence de sa mère et de sa collègue de travail Airi (Arimura Kasumi donc), un tueur en série va s’en prendre à sa mère, la tuer, et faire passer Satoru pour le coupable. Alors qu’il utilise son pouvoir pour revenir en arrière et empêcher le drame, le voilà qui se retrouve en réalité 18 ans en arrière, ce qui lui permet rapidement de comprendre qu’en réalité, le tueur était déjà présent lors de ces jeunes années, alors qu’il n’avait que 10 ans. Il va donc devoir, pour sauver sa mère, sauver Kayo, sa camarade de classe, afin d’empêcher le tueur de parvenir à ses fins à une échelle beaucoup plus grande. Bon, pourquoi pas, ça nous rappelle on ne sait combien de films sur le sujet, surtout que depuis L’Effet Papillon, ce genre d’histoire semble quelque peu à la mode. Mais c’est la manière dont tout nous sera conté qui changera la donne, ou pas.

Malheureusement, à ce niveau, Erased a des lacunes. Dans ses personnages déjà. Si Satoru, autant dans le présent que dans le passé, a tout du personnage un peu banal, autour de lui, ce n’est pas toujours la folie. Entre sa mère qui semble intéressée par les meurtres mais dont on ne saura finalement pas grand-chose, ou Airi, qui va croire Satoru et l’aider dans le présent, et dont les seules caractéristiques sont… qu’elle aime la photo et aime bien le héros, et bien, ce n’est pas bien palpitant. Les personnages enfants semblent avoir plus de consistance d’ailleurs finalement. Et si je parlais du final qui m’a semblé bien raté, trop classique et cliché également, il faut savoir que pendant 1h30, et malgré ses défauts, ça se regarde bien, sauf que bon, ça dure 2h. Ce qui m’aura plus dérangé au final, et ce durant tout le film, c’est le fameux pouvoir de Revival de Satoru. Que l’on ne sache pas d’où vient cette faculté, très bien, ce n’est pas nécessaire, et tout expliquer aurait alourdit le rythme, mais aussi le propos. Par contre, avoir ne serais-ce qu’une série de règles pour que l’on sache comment ça marche, ça aurait été mieux, car on a souvent l’impression que ce fameux pouvoir s’enclenche un peu par hasard aux moments qui arrangent le scénario plus que par logique dans le récit. Écriture fragile et raccourcis énormes dans le scénario, ou tout simplement un concept qui était déjà bancal à la base ? Aucune idée. En tout cas, le spectacle se regarde, ce n’est pas une torture, mais c’est trop inconsistant pour être marquant, et Fujiwara est, étonnement, plutôt sobre, on ne le fait ni crier ni boire une bière, quelle hérésie !

Les plus

Un casting alléchant
La partie dans le passé, classique mais sympa
En soit, plutôt bien filmé

Les moins

Des personnages souvent vides
Un pouvoir dont les règles ne sont jamais connues
Final raté et cliché

En bref : Erased, dans le fond, c’est une classique adaptation de manga, ni ratée ni réussie, avec son scénario simple, ses facilités, ses personnages peu développés, pour un spectacle qui se regarde, mais qui manque de consistance.

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