Raging Loop (2015 – Visual Novel – Playstation 4)

RAGING LOOP

Sortie : 2015
Studios : Kemco
Editeur : Kemco, PQube
Genre : Visual Novel
Multijoueur : Non
Joué et testé sur : Playstation 4
Existe sur : iOS, Andoid, PS Vita, Playstation 4, Nintendo Switch et PC

Synopsis : Quittant Tokyo pour un road trip sur sa moto, Fusaishi Haruaki a un accident dans une montagne non loin du village de Yasumizu. Il y est recueillit par Chiemi. Mais alors qu’il répare sa moto, une mystérieuse brume arrive, qui fait paniquer les villageois. Haruaki apprend que dans la coutume locale, lorsque la brume arrive, c’est la purge des Yomi. Parmi les villageois, plusieurs deviennent des loups qui vont tenter la nuit de tuer les autres habitants…

Raging Loop, j’en avais entendu beaucoup de bien, malgré un accueil international lors de la sortie du jeu sur tous les supports un peu plus mitigé, niveau presse « professionnelle » et internationale donc. Mais adorant les Visual Novel, et l’histoire semblant s’orienter vers un genre que j’adore (les mystères, les petits villages Japonais avec leurs coutumes bien à eux), et bien, je me devais de me plonger dedans. Petite précision, me semblant finalement inutile mais bon, tout de même, il faut savoir que comme énormément de Visual Novel, Raging Loop est en Japonais sous titré Anglais. Alors, Raging Loop, dans le fond, c’est un Visual Novel qui fait énormément penser à l’un des meilleurs dans le domaine, à savoir, Le Sanglot des Cigales (Higurashi No Naku Koro Ni). Je suis d’ailleurs très surpris que, datant au départ de 2015 pour une sortie sur téléphone portable, Raging Loop n’a pas eu droit à un animé. Et c’est étonnant ça, et dans le fond, dommage, vu que les amateurs d’animés sont nombreux. Bref, Raging Loop est un Visual Novel pur et dur développé et édité par Kemco, et distribué en Europe et en Amérique par PQube, comme très souvent. Merci à eux. Même si Raging Loop n’est pas un jeu à proprement parler, nous dirons malgré tout que l’on « joue » le jeune Fusaishi Haruaki, venant de quitter Tokyo en moto, perdu sur une route de montagne, et qui, après quelques indications floues à une station service, a un accident de moto non loin du village paumé et même pas indiqué sur la carte de Yasumizu. Heureusement pour lui, dés le début de l’aventure, alors qu’il est perdu, seul, dans le noir, dans la forêt, il croise Chiemi, une des habitantes, qui accepte de l’héberger pour la nuit.

Pas le début le plus passionnant du monde non ? Surtout que oui, Raging Loop, et certains avis plus mitigés sur le titre le disent déjà, prend un certain temps avant de vraiment démarrer. En fait, l’introduction pourrait bien être considérée comme ce gros bloc constituant le chapitre 1 et 2 dans la ligne narrative que l’on peut consulter à souhait. Un bon 2 ou 3 heures de jeu, où l’on fait connaissance avec Chiemi, se réveille dans le village, explore un peu, fait connaissance avec la plupart des habitants qui semblent craintifs des étrangers, où l’on essaye tant bien que mal de réparer notre moto, avant l’arrivée de la brume à Yasumizu, la panique générale de la part des habitants, et que Chiemi nous supplie de rester enfermé dans des toilettes et de survivre à la nuit si l’on veut des explications. Ce qui, bien évidemment, amène à notre première mort, et nous présente donc le système de choix du titre, et son système de narration. Raging Loop est donc découpé en plusieurs chapitres, 7 pour être exact, à la durée assez conséquente (en prenant mon temps, en faisant tout, et en laissant les doubleurs finir leurs lignes de texte, il m’aura fallut environ 35h pour venir à bout de l’aventure), à l’exception des deux premiers donc, et qui s’étendent sur trois lignes temporelles. Car comme l’indique le titre, il y a un système de loop, à chaque mort, l’on peut revenir dans le passé pour changer nos actions et espérer avoir un meilleur résultat. Rien de surprenant en soit pour les amateurs de Visual Novel, dont les seules mécaniques de gameplay sont souvent basées sur les choix, pour être proche de tel ou tel personnage, pour débloquer telle ou telle fin.

Raging Loop lui se sert de cette simple mécanique en réalité pour nous faire mourir, et nous faire obtenir pas mal de mauvaises fins, et nous donner des clés, débloquant des nouveaux choix. Mais pas que, car encore plus que ça, Raging Loop se permet d’étendre son concept sur trois temporalités différentes… se déroulant finalement en même temps, pour une raison que je ne spoilerais pas bien évidemment. Car le mystère est épais à Yasumizu, et il serait dommage d’en dire trop. Mais disons, pour la base de l’intrigue, que notre pauvre Haruaki débarque au village de Yasumizu pile quand il ne faut pas. L’arrivée de la brume, et le début de la purge des Yomi. Dans la superstition locale, l’arrivée de la brume est un mauvais présage, et entre 1 et 3 habitants du village vont devenir des loups, infiltrés parmi les humains, et qui, chaque soir, vont tuer un habitant. Aux humains donc, le jour, et après avoir pleuré les morts, de se réunir pour essayer de deviner qui sont les loups, et de les pendre. Ça ne plaisante pas les superstitions. Les loups peuvent donc se mouvoir comme ils le veulent la nuit et tuer, tandis que les humains doivent rester enfermés, se nettoyer et dormir. Les humains peuvent également tuer par pendaison une personne par jour, et se voient attribués des gardiens. Il y aura donc parmi les humains un serpent (qui peut se renseigner une fois par jour sur la nature d’un autre personnage, savoir s’il est loup ou humain), un corbeau (qui peut savoir si la personne pendue le jour précédent était humain ou non), deux singes qui ne servent pas à grand-chose si ce n’est savoir qui est l’autre singe, et une araignée, pouvant protéger un autre habitant.

Révéler tôt qui a un gardien permet d’éliminer des candidats pour la pendaison, mais les loups peuvent mentir et faire croire qu’ils ont un gardien et semer la discorde, tandis que si le serpent se révèle trop tôt et meurt, les humains perdent un allié de taille. Voilà basiquement pour le concept et les grandes lignes de ce Visual Novel, qui met donc en avant les superstitions, des événements forcément à la frontière du surnaturel, des mystères, un passé caché et aussi brumeux que le village, des moments graphiques parfois extrêmement violents (voir dérangeants). Je vous disais que Raging Loop se déroulait sur différente temporalité. Et c’est le cas. Car si revenir en arrière permet de faire d’autres choix, parfois de gagner une journée, ou finalement de se rendre compte que le tout est sans espoir, et bien, ça va bien plus loin en réalité. Car lorsque l’aventure commence, notre héros est un étranger, au village par accident, et n’aurait pas du survivre. De ce fait, il ne participe pas activement aux événements, et ce même si sa vie est en danger. Il peut s’allier avec certains, essayer de comprendre, mais finalement, il est extérieur, et ne participe pas aux réunions de village, notamment cette grande réunion où la personne qui sera pendue sera choisie. Mais justement, grâce au système de loop, lui permettant de revenir en arrière tout en gardant ses souvenirs, Haruaki va pouvoir revenir dans le village en se faisant accepter, et donc participer activement aux événements. Un choix qui en apparence n’aurait pas changé grand-chose, si ce n’est qu’il serait écouté… Sauf que non, car en changeant le nombre de participants actifs à cette purge, et ce plusieurs fois, et bien, la « distribution » des rôles changent. Les loups ne seront pas les mêmes, tout comme les gardiens, et du coup, tout en gardant ses connaissances, on se retrouve malgré tout de nouveau dans le flou.

Peut-on se fier à ce que l’on connaît déjà ? Le surnaturel est-il vraiment là ? Ces personnages que l’on connaissait sont-ils toujours les mêmes ou sont-ils si fragiles et à bout avant même le début qu’ils peuvent passer de victime apeurée et silencieuse à loup sanguinaire sans pitié ? Ça fonctionne, en parti grâce finalement à une écriture cohérente et soutenue la plupart du temps, et à des personnages finement écrits. L’exemple flagrant pour moi aura été le personnage d’Haru, apparaissant au départ comme amusant, mais finalement totalement cliché, avant d’être le personnage silencieux et donc inutile par excellence, loin derrière des personnages plus ambigus, comme Chiemi que l’on rencontre très tôt dans l’aventure, Rikako la dernière survivante de la famille Uematsu, ou Oribe Yasunaga, semblant aussi intelligent qu’ayant la tête sur les épaules. Et finalement, lorsqu’elle se révèle, elle se révèle être bien plus subtile que prévue, et même attachante par bien des aspects. L’écriture de Raging Loop est une de ses réussites, bien que quelques rapides petits moments m’auront semblés plus discutables. Bien évidemment que notre personnage évolue, qu’il doit parfois mentir ou se faire passer pour un sans cœur pour faire évoluer l’intrigue, ou tout simplement éviter de mourir lors d’intenses débats, mais par moment, cela va tellement loin que cela semble être hors du personnage. Mais rien de dramatique. Seul Kamoshida, un jeune lycéen issue d’une famille pauvre et déchue et aimant s’habiller en fille juste car c’est pratique m’aura semblé en dessous du reste.

Quand à l’emballage, et bien, même si l’on sent que le budget est moindre comparé à certains Visual Novel, c’est pas mal du tout. Chaque lieu a son illustration (même si certaines sont assez rudimentaires), le character design est sympathique sans en faire des tonnes, tout est doublé à l’exception des pensées des personnages évidemment, et la bande son est une vraie réussite, parvenant grâce à quelques notes à nous plonger parfois dans une atmosphère pesante (la chanson religieuse entendue au village d’à côté et étant diffusée tous les jours, creepy à souhait), et à nous faire rapidement évaluer l’ambiance du moment, rarement vraiment détendue, mais parfois bien dramatique, glauque, violente, sans espoir. Un quasi sans faute musicalement donc. Un excellent Visual Novel donc ? Oui, à l’exception de quelques points cités (quelques moments où le héros en fait trop, un personnage un peu moins bon), et ajoutons à cela, forcément, vu la longueur de l’intrigue dans son ensemble, quelques petits coups de mou, assez rares, mais peu surprenants vu le nombre de révélations et l’épais mystère entourant le village et les personnages. Et un début vraiment longuet (mais utile) avant que le tout ne se lance. L’intrigue reste prenante, les personnages intéressants, l’ambiance tendue, et certains choix, si l’on joue vraiment le jeu, sans plus que difficiles. Faut-il par exemple révéler un point important pour sauver une vie même si les preuves sont insuffisantes et que l’on se met trop en avant ? Ou se taire quitte à perdre la confiance de quelque uns ? Ou tout balancer, quitte à être immédiatement la cible du soir pour les loups. Un chapitre en particulier m’aura placé devant un choix multiple (trois ou quatre choix) qui m’aura carrément fait réfléchir pendant bien 10 minutes aux différentes possibilités, et surtout au choix qui assurerait ma survie. Et ce même si avec son système de loop, et pour avoir la vraie fin, il faudra faire absolument tout les choix et connaître Yasumizu sur le bout des doigts. En tout cas, pour tous les amateurs du genre Raging Loop est une bonne pioche. Pour les autres, ceux qui n’aiment pas le genre même, la question ne se pose même pas en réalité.

Les plus

Une histoire très sympathique à suivre
Une ambiance lourde et pesante
De bons personnages
La musique, très réussie
On a clairement envie de connaître le fin mot de l’histoire
Des choix difficiles si l’on se prend au jeu

Les moins

Un personnage un peu moins bon
Oui, le début met du temps à se mettre en place

En bref : Raging Loop est un Visual Novel qui évolue avec un concept connu, et dans des genres déjà utilisés dans ce genre de jeu, et à quelques défauts près, notamment un début qui prend vraiment son temps pour tout mettre en place, l’aventure est prenante et plaira aux amateurs de récits sombres et travaillés.

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