BURY ME HIGH (衛斯理之霸王卸甲) de Tsui Siu-Ming (1991)

BURY ME HIGH

Titre Original : 衛斯理之霸王卸甲
1991 – Hong Kong
Genre : Aventures
Durée : 1h42
Réalisation : Tsui Siu-Ming
Musique : Chris Babida
Scénario : Tsui Siu-Ming, Cheung Wa-Biu et Sit Ga-Wa

Avec Chin Ka-Lok, Moon Lee, Sibelle Hu, Yuen Wah, Tsui Siu-Ming, Lau Ji-Wai, Corey Yuen, Kenneth Tsang et Paul Chun Pui

Synopsis : La géomancie est une pratique commune dans certains pays. En fonction de l’emplacement lors de l’enterrement, la position pourra apporter fortune, santé, célébrité ou autre à ses descendants. Alors que trois Chinois se rendent dans une région montagneuses (Anna Wong, chef d’entreprise sur le déclin, Wisely atteint d’un cancer au cerveau et le professeur Chang), ils débarquent en pleine révolte contre le gouvernement, menée par le général Nguen.

Petite curiosité aujourd’hui un peu oubliée, Bury me High a de quoi, en un seul regard, attirer l’amateur. Mélange d’action et d’aventures, écrit et réalisé par Tsui Siu-Ming (qui a débuté comme acteur dans les années 60, avant de toucher un peu à tout), le film met en avant des éléments que l’on ne voit pas tous les jours, autant dans la forme (les films d’aventures ou de guerre ne sont pas si fréquents à Hong Kong) que dans la fond (la géomancie), tout en se permettant un casting 4 étoiles qui finira d’attirer les plus curieux. Chin Ka-Lok dans le rôle principal, même s’il m’avait exaspéré dans The Avenging Quartet deux ans plus tard, reste une valeur sûre avec une carrière bien remplie, tout en étant à ses heures perdues chorégraphe ou réalisateur de scènes d’action (Motorway, Firestorm, Cold War), mais si à ses côtés, on lui colle Moon Lee que je ne présente plus, Sibelle Hu que je ne veux plus présenter même si ici loin de ses rôles « comiques » et bien plus sérieuse, et pour les seconds rôles, attention, le seul et l’unique Yuen Wah (génial méchant dans… beaucoup trop de films, mais citons pour le fun son fumage de cigare épique dans Dragons Forever de Sammo Hung ou encore son rire démoniaque dans Les Guerriers du Temps de Clarence Ford), Corey Yuen lui-même lors de la scène d’ouverture, ou encore Kenneth Tsang qui vient faire coucou avant de mourir comme souvent durant ces années là (The Killer, Princess Madam, Queen’s High, Angel Terminators). Ajoutons à tout cela un budget confortable permettant au réalisateur de mettre ses ambitions sur pellicule malgré quelques approximations, et on a là un film d’aventure qui voit les choses en grand. Est-ce que ça marche ? Car oui, à force, on se méfie, surtout au début des années 90, car on sait bien que mettre pas mal de talents ensembles ne fait pas toujours un bon film (hein The Avenging Quartet !).

Et bien contre toute attente, et même si on pourra trouver à redire sur pas mal de petites choses, Bury me High est un film d’aventures qui passe de genre en genre et permet de passer un bon petit moment. Et ce dés l’ouverture, qui met clairement en avant les ambitions du film (beaux décors, photographie travaillée même si pas avare en faux raccords, gros casting, cascades, action, concept peu connu de nous autres occidentaux), sans perdre de temps. Une petite scène pour poser le concept et quelques enjeux, et voilà que Corey Yuen doit déjà se sauver pour sauver sa peau. L’intrigue reprend des années plus tard, pour nous présenter ses personnages principaux, qui partiront en contrée inconnue, et qui donnerait une nouvelle définition au « pile au mauvais moment, au mauvais endroit ». On a donc comme je le disais Chin Ka-Lok, atteint d’une tumeur au cerveau, Moon Lee chef d’entreprise et Tsui Siu-Ming (le réalisateur lui-même donc) en professeur, qui se retrouvent dans un pays inconnu pour eux pile lorsque le général Nguen décide que prendre le pouvoir en tuant l’ancien président, ce serait cool. Et comme ce général, c’est Yuen Wah, on sait très bien de quoi il est capable. À savoir que lorsque son rire et les plans en contre plongée pour faire comprendre qu’il est méchant ne fonctionnent plus, on sort l’hélicoptère de combat qui mitraille à tout va. Sacré Yuen Wah, toujours dans la démesure ! Tout cela va quelque peu compliquer les aventures de nos héros, mais ce que l’on remarque tout de suite, outre le fait que l’entrée en scène de Sibelle Hu, de profil et dans l’ombre se remarque de loin grâce à sa chevelure, c’est que Bury me High est généreux. Parfaitement rythmé, amenant à intervalle régulier des scènes d’action, que ce soit des combats (dans une boite de nuit avec quelques cascades qui doivent faire mal), des fusillades (un assaut dés l’arrivée dans le pays), des explosions et j’en passe. Il n’hésitera pas par moment à se faire même sombre, ou limite presque surnaturel (un plan dans une cimetière m’ayant rappelé un certain Histoires de Fantômes Chinois).

Du coup, pas le temps de s’ennuyer, les situations et les scènes s’enchaînent sans temps mort, et on en vient à n’avoir qu’un regret ! Que ces nombreuses scènes qui déménagent ne soient pas plus longues ! Car oui, elles sont très nombreuses, mais au final, elles sont courtes. Sur le moment, face à la générosité et au rythme du film, ce n’est jamais gênant. Ce n’est qu’après coup qu’on se dit que pas mal de scènes avaient tellement de potentiel que quelques minutes en plus n’aurait parfois pas fait de mal ! L’action est là, le souffle d’aventure aussi, les décors sont grands et majestueux, les acteurs confirmés. Tout était là. Comme si le film nous prouvait à de nombreuses reprises ce dont il était capable, mais préférait parfois freiner ses ambitions. Et là, avouez que c’est vraiment dommage. Le film passe du coup à peu de choses près d’être un vrai bon gros moment d’aventure, pour ne rester qu’au final qu’un (très) sympathique divertissement, rythmé, prenant, qui a immédiatement notre capital sympathie pour pleins de raisons, mais qui laisse ce petit arrière goût de déception, de potentiel bien présent qui aurait pu exploser à l’écran. Et ce constat, il est surtout présent pour les scènes de combat en réalité. On pensera à ce combat au début dans la boite de nuit, ou ce combat de nuit sur un ponton, avec des centaines de figurants tenant des torches autour des combattants. Tout ça pour des combats de une ou deux minutes au final. Et le pire du pire dans tout ça ? Sibelle Hu s’en sort plutôt bien dans un rôle sérieux !

Les plus

Pas mal d’ambitions
Gros casting
Généreux et bien rythmé
Visuellement souvent travaillé

Les moins

Des combats extrêmement courts
Parfois un peu frustrant

En bref : Bury Me High est un film d’aventures qui a des ambitions, un visuel travaillé, un casting qui fait plaisir, mais également beaucoup d’action et de rebondissements. Le souci, c’est que parfois, ses moments les plus forts sont extrêmement courts.

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