THE LAST THING MARY SAW de Edoardo Vitaletti (2021)

THE LAST THING MARY SAW

Titre Original : The Last Thing Mary Saw
2021 – Etats Unis
Genre : Thriller
Durée : 1h29
Réalisation : Edoardo Vitaletti
Musique : Keegan DeWitt
Scénario : Edoardo Vitaletti

Avec Stefanie Scott, Isabelle Fuhrman, Daniel Pearce, Elijah Rayman, Judith Roberts, Stephen Lee Anderson, Michael Laurence, Carolyn McCormick et Tommy Buck

Synopsis : 1843. Une jeune fille, issue d’une famille relevant d’une communauté religieuse très stricte, se retrouve séquestrée après avoir découvert la mort de sa grand-mère.

Il semble que les propositions horrifiques, du moins la première, de Robert Eggers ai donné des idées à certains, puisqu’après la vision de The Last Thing Mary Saw, impossible de ne pas penser à un certain The Witch. Heureusement par contre, le film parvient la plupart du temps à s’en éloigner suffisamment pour voler de ses propres ailes et proposer un propos différent, bien que pas forcément abouti sur certains points. Mais entre une proposition inaboutie mais qui essaye, et un film qui ne tente rien et reste dans sa zone de confort, je prends la tentative quoi qu’il arrive. The Last Thing Mary Saw est donc une nouvelle plongée dans une Amérique lointaine, 1843 ici, au sein d’une famille, celle de Mary comme nous le dit le titre. Accusée forcément de sorcellerie (oui, oui, The Witch), nous la découvrons, aveugle, du sang coulant de sous le bandeau camouflant ses yeux, interrogée à l’ombre des bougies, pour que nous puissions revenir sur les événements ayant mené à la capture de Mary, et puissions enfin savoir ce que le titre du film nous vend, la dernière chose que Mary a vu. Et des choses, elle en a vue. Des plaisantes, puisqu’elle entretenait une relation interdite avec la servante de sa famille, Elanor, et des moins plaisantes, à coups de punitions par le Seigneur et de morts variées. Le métrage nous plonge alors dans un long flashback, la quai intégralité du métrage donc, pour nous amener au sein d’une famille croyante, croyante à l’extrême, comme souvent dans ces petites familles coupées du monde de cette époque là. Une maison où vivent Mary oui, mais aussi ses deux parents, ainsi que la grand-mère, la servante Eleanor, et une toute petite poignée d’autres personnages, comme le petit garçon, un fermier du coin qui s’occupe des poules et j’en passe.

Dans ce cocon familial destructeur, quasi sans contact avec le monde extérieur, Mary accepte ses envies et ses pulsions, et donc, sa relation avec Eleanor. On soulignera d’ailleurs deux éléments vis-à-vis de cette relation, à savoir la très bonne interprétation des deux actrices, Stefanie Scott pour Mary et Isabelle Fuhrman pour Eleanor (elle fut la raison pour laquelle j’ai tenté le métrage, la révélation du film Esther, qui n’a pas eu la carrière qu’elle mérite, malgré une année 2021 plus qu’honnête entre ce film et l’excellent The Novice), et aussi la distance affichée par la mise en scène, qui aurait pu très facilement verser dans la facilité pour nous dépeindre des scènes lesbiennes à même d’attirer le public mâle vers le film, mais non, tout ça, c’est mal (vous suivez ? Mâle, mal, blabla adieu). Sauf que cette relation interdite et tabou n’est pas du goût de tout le monde, et d’entrée de jeux, les parents sont déjà au courant, et vont bien évidemment faire appel au jugement de la grand-mère (détestable et parfois flippante Judith Roberts) pour punir les deux jeunes femmes, les faire se racheter. Ce qui, on s’en doute, ne va pas forcément calmer les ardeurs des jeunes femmes, permettant alors au récit de monter graduellement en puissance, sans pour autant afficher un rythme trépident, puisqu’ici, comme dans The Witch (encore), nous sommes avant tout devant un film d’atmosphère. Et c’est très bien. Ce qui est dommage, c’est que du coup, l’aspect horrifique du métrage, arrivant assez tardivement, a bien du mal à fonctionner pleinement, d’où la mention d’œuvre inaboutie mentionnée plus tôt dans ce texte, et qui du coup fait beaucoup plus lorgner le métrage du côté du drame ou du thriller lourd que du film horrifique.

Mais en même temps, cette différence de perception, et dans un sens, de sensibilité fait de The Last Thing Mary Saw un film différent, enfin, de The Witch. Ce qui est sa grande force, mais aussi parfois sa grande faiblesse, puisque ces rares tentatives horrifiques n’ont pas le même impact que chez Eggers. Par contre, dans sa reconstitution d’époque, on sent clairement des efforts malgré un budget que l’on devine minimal. On ne verra pas grand-chose outre cette maison perdue au milieu de nulle part, un peu comme chez Eggers encore une fois, et dans les deux cas, les réalisateurs doivent alors se focaliser sur les petits détails pour rendre leurs métrages convaincants, et la reconstitution d’époque. Moins poussée ici, elle fonctionne malgré tout, grâce à un visuel simple mais réaliste, des acteurs tous dans le bon ton et une économie de moyen qui préfère placer le scénario en avant au détriment des effets chocs, très peu nombreux, et pour le coup, qui ne fonctionnent pas totalement tant ils débarquent tardivement et semblent finalement un peu trop en retrait comparé à l’ambiance générale dégagée par le titre. L’irruption du surnaturel dans une intrigue historique à base de croyances, c’est bien, mais lorsque cet élément débarque sans explications et surtout d’un seul coup, cela laisse une sensation plutôt étrange. Pour autant, oui, The Last Thing Mary Saw est un métrage intéressant, qui vaut pour son ambiance lente et lourde si l’on y adhère, et pour son casting, entre Isabelle Fuhrman et Judith Roberts, que l’on avait découvert il y a bien des années, dans un certain Eraserhead !

Les plus

Une ambiance lente et lourde
Le casting, très bon
La reconstitution d’époque

Les moins

Le côté fantastique, arrivant un peu comme ça
La proposition du métrage, intéressante mais imparfaite

En bref : Un métrage intéressant, porté par un bon casting et un par un réalisateur qui soigne l’enrobage de son propre scénario, mais loin d’être parfait, tout en souffrant malgré lui de sa comparaison avec The Witch.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ A great and slow atmosphere
♥ A very good cast
♥ The details and reconstitution of that era
⊗ The supernatural part, arriving too late
⊗ What the movie offers is good, but not perfect
An interesting movie, with a great cast and a director who delivers a great approach of his own script, but far from being perfect, and despite some efforts, suffers from the comparaison with The Witch.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *