CUBE de Shimizu Yasuhiko (2021)

CUBE

Titre Original : Cube
2021 – Japon
Genre : Suspense
Durée : 1h48
Réalisation : Shimizu Yasuhiko
Musique : Yamada Yutaka
Scénario : Tokuo Kôji

Avec Okada Masaki, Saitô Takumi, Suda Masaki, Tashiro Hikaru, Watanabe Anne, Yoshida Kôtarô et Emoto Tokio

Synopsis : Six inconnus se réveillent sans souvenirs de comment ils sont arrivés là dans un étrange cube avec des portes sur chaque face. De l’autre côté des portes, un autre cube, identique au précédent. Sauf que certaines pièces sont piégées.

Cube, c’était en 1997. Et même si pour ma part, j’ai découvert plutôt tardivement le film, il gardait une certaine aura, celle des films importants, bricolés pour une bouchée de pain par un réalisateur qui y croyait. Ce réalisateur donc, c’était Vincenzo Natali, artiste dont la suite de la carrière n’a pas toujours brillé, et dont le dernier métrage, Dans les Hautes Herbes, était sympathique, bien que s’essoufflait un peu trop vite. Mais est-ce que vous saviez par exemple que Vincenzo Natali était responsable des storyboards du culte Ginger Snaps en 2000 ? Non, et vous vous en foutez sans doute royalement ! Mais voilà, Cube était révolutionnaire, a marqué le public, et même en le découvrant des années après, il suffisait d’enchaîner avec les suites (Cube 2 et Cube Zero) pour se rendre compte de son importance, et de son ingéniosité. Car Cube 2, c’était catastrophique, en plus d’être ultra moche visuellement. Pourquoi le Japon a décidé de faire un remake de Cube en 2021, soit quasi 25 ans après l’original, est un mystère qui restera complet. Mais on pourra noter malgré tout que Natali est toujours présent, comme producteur sur le métrage. Est-ce la raison pour laquelle Cube, cuvée 2021, est très semblable au film original, tout en tentant d’amener des éléments de la culture de son pays d’origine dans le métrage pour s’en différencier ? Sans doute. Car Cube en 1997, c’était un huis clos, un film bricolé et donc ingénieux sur pas mal de points, et qui mettait donc en avant plusieurs personnages bien différents, plusieurs stéréotypes pourrait-on dire même ! Et Cube en 2021, c’est la même chose, en adaptant ses stéréotypes de personnages à son pays, le Japon donc, mais sans jamais oser en changer la narration ou la ligne directrice, ce qui donne bien l’impression de tout connaître à l’avance et que rien ne change.

Un constat donc assez étrange, puisque le film semble donc avoir en poche l’élément qui lui permettrait d’être un remake qui pourrait ajouter quelque chose, mais sans jamais oser pousser cet élément trop loin. C’est presque un peu la même chose visuellement, puisque Cube version 2021, s’il se déroule toujours dans des pièces toutes identiques mais éclairées parfois de manières différentes, n’est assurément pas un film fauché. Là où l’original avait un design qui sentait presque le cube rouillé, ici, tout est bien lumineux, parfaitement huilé par son équipe technique, chaque pièce étant parfaitement mise en valeur par l’œil affuté de pas un, mais deux directeurs de la photographie, un petit débutant, et un confirmé bossant dans l’industrie depuis les années 80, et ayant autant bossé sur des productions internationales (Wanda’s Café en 1985) que sur de grosses productions Japonaises (Sukiwaki Western Django de Miike en 2007). Cela semble anodin aux premiers abords, mais si je m’attarde autant dessus, c’est réellement car ce remake s’éloigne énormément du Cube original à ce niveau, tandis que le reste est beaucoup trop identique pour mériter pleinement que l’on en parle. Oui, un personnage qui se réveille en guise d’ouverture et tombera dans un piège, perdant ainsi la vie (victime jouée par ce pauvre Emoto Tokio, qui après avoir boxé dans Blue en 2021 aussi, étant parfois humilié dans la série The Naked Director, et bien maintenant, il prend cher dans un cube), puis la présentation rapide de nos six personnages principaux qui vont devoir (ou non) travailler ensemble pour s’en sortir, en passant de pièce en pièce, en essayant de comprendre comment la structure où ils sont enfermés fonctionne, éviter des pièges sadiques, et faire attention à qui ils donnent leur confiance.

Oui, exactement comme dans l’original. On retrouvera le personnage doué en maths (et on lui ajoute un trauma lié au suicide, sujet toujours sensible au Japon), on aura un collégien qui n’aime pas les adultes (les violences parentales), le vieux chef d’entreprise qui croit que tout lui est dû par les nouvelles générations, le mec silencieux qui veut toujours aller de l’avant, le psychopathe de service. En bref, malgré les ajouts, on est en terrain connu, clairement, et les surprises pour le connaisseur ne seront pas nombreuses. Pour autant, durant toute sa première heure, le film a été fait avec assez de sérieux pour être un divertissement en soit plutôt solide, sans doute à destination du public Japonais qui n’aurait pas découvert le film original. Pour l’amateur, si la surprise est totalement absente, et bien j’ai trouvé que ça se regardait malgré tout, et ce même si le casting est inégal, ce qui était finalement déjà le cas dans le film original. Le côté plus clean et lumineux des décors change par exemple, modernise un peu le Cube, mais parvient à le faire de manière bien plus propre qu’un certain Cube 2 à l’époque ! Dommage que sur la fin, les pièges deviennent quelque peu étranges, voir surréalistes, et donc ne représentent plus une menace bien sérieuse. Sans oublier que le métrage se permet un petit ajout final, qui m’aura laissé de marbre, puisque mettant en avant un membre du casting peu convaincant, et n’ajoutant finalement pas grand-chose, puisque comme le film de 1997, le métrage préfère rester flou sur le pourquoi du comment. Cela n’ajoute donc que de nouvelles questions en plus. Mais oui, je m’attendais à tellement pire que ce Cube version 2021, je le trouve finalement ni bon, ni mauvais. Inutile comme souvent pour ceux ayant vu l’original, sauf pour les plus curieux.

Les plus

Respectueux du film original
L’idée d’adapter les personnages aux stéréotypes Japonais…
Ça se laisse suivre
Visuellement très propre, 95% du temps

Les moins

Pourquoi un remake 25 ans après ?
…Mais les différences sont minimes au final
Casting très inégal
Quelques fonds verts discutables

En bref : On s’en doutait un peu dés que le projet fut annoncé, mais Cube version 2021 n’ajoute pas grand-chose au film original, il est bien trop proche de lui. Certes, ça se laisse suivre, avec ses défauts et qualités, mais était-ce utile ?

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ It respects the original film
♥ The idea to adapt the characters to the Japanese culture…
♥ It’s easy to watch
♥ Visually, it’s well done 95% of the time
⊗ Why a remake 25 years later?
⊗ …But the differences are finally so small
⊗ The cast is often not that good
⊗ A few obvious green screen
We feared it when the project was announced, but Cube in 2021 doesn’t add a lot to the original film, it’s way too similar. It’s easy to watch, with some flaws and qualities, but was it useful?

2 réflexions sur « CUBE de Shimizu Yasuhiko (2021) »

  1. Je suis d’accord avec toi, ce film ne sert à rien. J’ai mis un temps fou à le voir, et pourtant il était inclus dans l’abo Prime depuis longtemps… Le pire c’est que les deux ou trois nouvelles petites idées sont mauvaises, ou mal amenées. Notamment une dont je n’ai pas parlé dans ma chro pour ne pas spoiler.

    GROS SPOILER :
    Le trauma du suicide et tout, c’est lourdingue, pathos avec la finesse d’un éléphant danseur de claquettes.
    Watanabe Anne qui est en fait un androïde (quelle révélation à la fin ahah), c’est une fausse bonne idée. Donc dans le film elle fait exprès de mal jouer la comédie (parce qu’elle n’est pas humaine je présume), mais c’est parfois poussé trop loin, ça devient malaisant. Le souci c’est que, comme ce n’est pas une bonne actrice, parfois je me suis demandé si elle le faisait vraiment exprès. Bref, fausse bonne idée. Avec une autre actrice et joué différemment, ça aurait pu être sympa.

    1. Après je serais très curieux de lire quelques avis d’un public qui n’a jamais vu l’original. Je suis sûr que malgré les défauts évidents, ça fonctionne déjà bien mieux.

      La petite Watanabe n’a pas l’air d’avoir une grande carrière en tout cas, ou du moins des grands rôles. je ne me souvenais même plus qu’elle jouait dans PLATINA DATA (NINJA KIDS par contre, je comprend facilement pourquoi j’ai tout oublié, et je m’en porte mieux).

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