KRAKEN de Pål Øie (2026)

KRAKEN

Titre Original : Kraken
2026 – Norvège
Genre : Suspense
Durée : 1h30
Réalisation : Pål Øie
Musique : Roy Westad
Scénario : Vilde Eide, Kjersti Helen Rasmussen et Natasha Arthur

Avec Sara Khorami, Mikkel Bratt Silset, Ingvild Holthe Bygdnes, Øyvind Brandtzæg, Jenny Evensen, Steinar Klouman Hallert, Filip Bargee Ramberg et Hans Morten Hansen

Synopsis : Johanne, une biologiste marine effectue des recherches sur une ferme piscicole à Vangsnes, une communauté rurale située au bord du fjord. Bientôt, elle est confrontée à plusieurs événements étranges.

Alors que beaucoup auraient tout simplement fuis en voyant le titre et l’intrigue générale de Kraken, moi j’ai foncé. Car Kraken est un film Norvégien, et qu’il est réalisé par Pål Øie. Un réalisateur que j’apprécie, même si en toute honnêteté, il n’aura pas livré un seul grand film. Mais les deux Villmark (Dark Woods), Skjutt (Hidden) ou encore The Tunnel, c’est souvent bien rodé. Toujours avec la même structure, cette même envie d’ambiance lente pour finalement de petits films bis pas inoubliables, mais pas déshonorants pour autant. C’est un peu comme Roar Uthang, même si lui, je n’ai toujours pas vu son Troll 2 vu qu’il se fait unanimement défoncer. Kraken donc, dernier métrage de Pål Øie, tout fraichement sorti en 2026, on ne va pas passer par quatre chemins, l’intrigue, vous la connaissez si vous avez vu ne serait-ce qu’un film catastrophe doublé d’attaques animales, et si vous avez déjà vu un seul film du réalisateur, vous savez aussi à quoi vous attendre visuellement, et en ambiance. Oui, nous sommes face à une grosse série B, et il ne faudra pas s’attendre à être surpris par le métrage. Et oui, c’est une modeste production Norvégienne, donc encore une fois, il ne faudra pas s’attendre à voir un Kraken géant pointer le bout de son nez toutes les deux minutes. Mais en toute objectivité, et bien c’était tout à fait sympathique. Jamais surprenant, jamais génial, blindé de clichés, de facilités, mais honnête, court, efficace et donc, divertissant, et comme on ne lui demandait que ça, et bien où est le mal ? En gros, prenez Un Cri dans l’océan (Deep Rising), retirez l’humour pour avoir un film totalement premier degré, et vous avez un peu le même résultat, en termes d’atmosphère horrifique, et même de créature. Forcément donc, tout cela se déroule dans une base au bord d’un lac, qui ce coup-ci, utilise une technique révolutionnaire pour élever des saumons.

Notre héroïne, c’est une biologiste maritime qui se rend sur place pour étudier tout ça, les techniques utilisées, l’effet sur les saumons et l’écosystème en général, et forcément, au milieu de tout ça, il y a le chef d’entreprise qui a des choses à cacher car l’argent, il aime ça. Un pur scénario de série B donc. Le réalisateur et ses trois scénaristes vont-ils dynamiter le genre et nous surprendre en évitant les clichés et les twists attendus ? Evidemment que non, loin de là. Même si à un moment, j’y ai cru, avant que la seconde d’après, tout rentre dans l’ordre des choses. Nous sommes là face à un film très direct dans son approche, avec une première heure qui joue sur la suggestion, suggère la bête, sa présence, fait mourir quelques personnages sans même les présenter, joue sur les clichés du méchant patron qui ne veut rien entendre car il est sur le point de signer un gros contrat, sa fille rebelle qui veut montrer que son père fait de mauvaises actions, et notre héroïne, qui a forcément un passé commun avec quelques personnes travaillant sur place, qui vient pour étudier tout ça, et que même lorsqu’elle préviendra du danger à venir, personne ne l’écoutera. Sans oublier la flic du coin, évidemment femme du méchant patron, mais qui reste totalement sous exploitée, ne venant faire coucou qu’à quelques occasions, avant de revenir pour le final. Et une fois que tout ça est en place, la créature peut enfin prendre de l’importance, le casting peut diminuer, et nous sommes là clairement face au classique film catastrophe, avec fuite de nos personnages, base qui commence à s’effondrer, menace qui prend en ampleur, se montre plus, avant un final, attendu lui aussi. Et pourtant oui, pour peu que l’on aime ce genre de séries B, Kraken n’est pas un mauvais film. Pas meilleur qu’un autre, ni franchement très sanglant, mais faisant juste les choses de manière assez efficace pour que le spectateur soit un minimum investi dans l’aventure durant 1h30.

Pål Øie, à défaut d’être un réalisateur de génie, a toujours été un réalisateur honnête et sérieux dans ce qu’il entreprend, restant souvent dans l’horreur atmosphérique et le thriller. Ici, c’est dans la continuité du reste de sa filmographie. Sans aucun éclair de génie, mais suffisamment sérieux pour que l’on croit à ce qui se déroule sous nos yeux. Même la créature, majoritairement faite en CGI, n’est pas si dégueulasse que ça d’ailleurs. Il faut dire aussi qu’elle est peu montrée, et souvent rapidement, par petits bouts, et du coup, que le budget et le talent des équipes ont pu se focaliser sur ses moments sans s’éparpiller. On aurait sans doute apprécié par contre un peu plus de folie, puisque finalement, nous aurons surtout des tentacules qui poursuivront nos personnages, dans des couloirs, sur les toits, dans des conduits d’aération aussi. C’est toujours bien huilé et efficace, mais ça aurait clairement pu aller plus loin, avec par exemple des endroits submergés dans la base, ou une touche de gore bienvenue pour mettre un peu de folie dans tout ça. Ici, à part quelques rapides plans sur des cadavres et du sang dans la mer, cela reste assurément très soft. Trop soft même parfois. Mais le réalisateur n’a jamais été franchement très violent et frontal dans son œuvre, donc au final, c’était aussi attendu. Du coup, oui, c’est exactement ce que j’attendais de lui. Une série B oubliable, mais divertissante et sérieuse.

Les plus

Une créature pas si mal faite en réalité
Rythmé et court comme souvent dans le genre
Efficace et jamais ennuyeux

Les moins

Ça aurait pu être un peu plus foufou
Très sage visuellement
Et forcément, un scénario sans aucune surprise

En bref : Pål Øie signe un film de monstre très classique, dans ses enjeux, sa structure, et un peu tout en fait, mais faite sérieusement et donc, plaisante à regarder.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ The monster is not bad on screen
♥ Short and with a good pacing, like often for the genre
♥ Never boring
⊗ It could have been crazier
⊗ Too nice, too clean
⊗ No surprise at all in the script
Pål Øie delivers a kind of monster’s flick like all the others, typical, in the story, structure and everything in fact, but done seriously and so, entertaining.

2 réflexions sur « KRAKEN de Pål Øie (2026) »

  1. Franchement, tu donnes exactement envie de voir le film pour ce qu’il est : une bonne petite série B assumée.

    J’aime bien ta manière de replacer Pål Øie dans sa filmographie, parce que c’est vrai qu’on sait globalement à quoi s’attendre avec lui : de l’ambiance, du sérieux, mais rarement de la prise de risque.

    Le parallèle avec Deep Rising est bien vu, surtout pour le côté créature + huis clos, même si l’absence d’humour semble changer pas mal le ton.

    Après, ce que tu décris me parle bien : un film efficace, court, sans surprise mais qui fait le job. Par contre, je te rejoins totalement sur le manque de folie… avec un concept comme ça, il y avait clairement moyen de pousser plus loin le délire (gore, chaos, base submergée…).

    Au final, ça a l’air d’être le genre de film parfait quand tu sais exactement pourquoi tu lances “play” : pas pour être surpris, mais pour passer un bon moment sans prise de tête.

    Tu le places où dans la filmo de Øie, du coup ? Plutôt dans la moyenne haute ou oubliable direct ?

    1. Si tu as l’ocaz, et que tu aimes ce genre de films (catastrophes / attaques animales), tu peux foncer. Il ne renouvelle rien, c’est cliché, bon on a quand même une ou deux réactions assez stupides des persos (dont une notamment, qui m’a fait tristement penser à… ALIEN COVENANT), mais sinon, ça fait clairement le boulot. Et après une grosse journée de boulot ou par une journée pluvieuse, c’est parfait.

      Par contre, dur dur ta question sur la filmo d’Øie… Disons que c’est dans la lignée de VILLMARK 1 et 2 par exemple, en mieux rodé visuellement. Et en rythme aussi, car ça mettait quand même trois plombes à démarrer VILLMARK, même si ça m’a fait découvrir Renate Reinsve à l’époque (et son magnifique fessier haha). C’est donc un poil au-dessus. Mais en dessous par exemple de son thriller HIDDEN, que j’avais énormément aimé lui.

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