FREAKY de Christopher Landon (2020)

FREAKY

Titre Original : Freaky
2020 – Etats Unis
Genre : Comédie d’horreur
Durée : 1h42
Réalisation : Christopher Landon
Musique : Bear McCreary
Scénario : Michael Kennedy et Christopher Landon

Avec Vince Vaughn, Kathryn Newton, Celeste O’Connor, Misha Osherrovich, Emily Holder, Nicholas Stargel et Kelly Lamor Wilson

Synopsis : Millie Kessler, une lycéenne de dix-sept ans, est loin d’être populaire ou à la pointe de la mode. Les autres élèves du lycée Blissfield High se font un malin plaisir à se moquer d’elle. Un soir de match où elle officie en tant mascotte, elle devient la cible de Barney Garris, alias le « Boucher », un tueur en série qui sévit dans sa ville. Néanmoins, la dague ancienne qu’utilise ce dernier déclenche quelque chose de surnaturel et les fait échanger de corps. Millie découvre qu’elle a une journée pour récupérer son corps avant que l’échange ne devienne permanent.

Blumhouse et 2020, ce n’était pas trop ça. Et je ne le dis pas comme pour la plupart des studios qui ont vu leurs sorties repoussées, annulées, ou être balancées comme des malpropres en VOD sans pubs, non. Je dis ça car leurs sorties n’étaient vraiment pas fameuses. Le pathétique Nightmare Island, le chiant You Should Have Left, le surestimé (mais fort sympathique) The Hunt, le film extrémiste The Craft. Il n’y a bien que Invisible Man, bien que trop long et imparfait, qui sortait un minimum du lot, grâce à son réalisateur et scénariste, Leigh Whannell. Et au milieu de ces bien trop nombreuses et mauvaises sorties, il y avait Freaky, reporté plusieurs fois avant d’être annulé des plannings et finalement sortant très discrétement. Un film qui ne me tentait pas vraiment, et la raison est simple, il s’agît du nouveau film de Christopher Landon, un réalisateur et scénariste que je n’apprécie pas spécialement. Ayant débuté comme scénariste loin de Blumhouse et surtout sur des films honorables voire vraiment bons (Another Day in Paradise pour Larry Clark en 1998), on peut dire que sa carrière se lance vraiment au début des années 2010 lorsqu’il travaille comme scénariste sur divers opus de Paranormal Activity (il y a vraiment un scénario là-dedans ?), avant de passer réalisateur sur un énième mauvais opus de la saga en 2014. En 2015, il se fait remarquer en signant Scouts Guide to the Zombie Apocalypse, comédie sanglante qui m’avait intégralement laissé de marbre et que j’avais trouvé pathétiquement mauvais. Une comédie d’horreur qui ne fait pas rire alors qu’elle est regardée avec des potes lors d’une soirée alcoolisée plus que de raison, ce n’est pas bon signe. Puis en 2017, Christopher Landon trouve son créneau, prouvant son manque total d’inventivité, à savoir reprendre des concepts non horrifiques pour les transposer dans l’univers des slashers. Happy Death Day 1 et 2 sont nés, des films qui reprennent le concept d’Un Jour Sans Fin, dans l’univers des slashers.

Et je voulais les aimer, vraiment, car en soit, rien de nouveau mais l’idée est cool, mais passé le concept, on a l’impression que Christopher Landon ne sait pas quoi en faire de son idée. Et bien avec Freaky, dommage, mais il nous refait le même coup, cette fois-ci en prenant le concept de Freaky Friday, et, vous l’avez dans le mile, en le transposant dans l’univers du slasher. Ceci dit, Christopher Landon semble enfin un peu plus honnête envers son film et surtout envers le potentiel public de son dit film, puisqu’il nous offre une scène d’ouverture assez gore, ce qui nous change de toutes ces productions Blumhouse aseptisées. Quelques minutes, un tueur masqué, 4 jeunes qui s’amusent des clichés habituels, et voilà que ça se transperce avec des lances, se prend des raquettes en pleine tête, que ça gicle, et ça fait du bien. De quoi nous donner envie, surtout quand le tueur est ce grand bonhomme qu’est Vince Vaugh, l’indéniable réussite du film, mais pour une autre raison. Le souci, c’est que passé l’ouverture, on se tape l’habituelle présentation des personnages, et que l’on a simplement l’impression de voir un début à la Happy Death Day. Ce qui sera le cas. Le réveil de notre héroïne (charmante Kathryn Newton), sa journée classique à l’école, ses discussions avec ses amis, puis le soir, elle se retrouve seule, se fait attaquer par notre tueur mais est sauvée in extremis par sa sœur, qui est flic. Et là, comme toujours chez Landon, l’aiguille de l’horloge passe minuit, et le drame s’accomplit pour les prochaines 24h, à savoir que notre tueur en série se réveille dans le corps de Millie, se retrouvant donc plongé dans l’adolescence, la vie compliquée de famille, les pancakes le matin, les posters de Pitch Perfect 2 dans sa chambre… Tandis que la pauvre Millie se retrouve plongée dans le corps du tueur en série recherché par la police, dont le portrait robot est diffusé à la télévision, et se réveille dans l’antre de la bête, ultra cliché à coups de sculptures macabres dans tous les coins dans un bâtiment désaffecté où les clochards viennent lui rendre visite pour acheter de la drogue.

Le concept est aussi simple que déjà connu, mais ça peut fonctionner. Sauf qu’il va y avoir un oui et un non. Le oui finalement, c’est Vince Vaughn, se retrouvant à jouer une adolescente de 17 ans, et qui le fait avec fun et inventivité. Sa façon de parler, de bouger, la découverte de son corps, robuste, et donc de sa possible puissance si on vient le faire chier, sans parler de la fameuse scène du baiser, hilarante. Il est clairement le gros point fort du métrage. Non pas que voir ce gros tueur se retrouver dans le corps d’une frêle et douce adolescente ne soit pas une bonne idée, mais là encore, Landon ne semble pas franchement quoi faire de son idée. On sent qu’il y a du potentiel, mais rarement il sera exploité, Millie (le tueur dans son corps donc) se retrouvant être une machine à tuer silencieuse à tête blonde fort charmante, et le film aurait pu énormément jouer sur l’humour et les situations vu son corps relativement faible comparé au corps habituel du tueur, mais cet aspect ne sera finalement en avant qu’une seule fois, avant que le film ne passe déjà à autre chose. Ce qui aurait pu être fun se transforme alors très rapidement en simple chasse à l’homme, puisque Landon nous refait le coup du compte à rebours. Happy Death Day avait un nombre de boucles limitées dans son concept pour motiver ses personnages, Freaky donne 24h à ses personnages avant que l’échange de corps ne soit permanent. On se retrouve juste alors devant une poursuite pour arrêter Millie (le tueur) et la capturer, avant qu’il ne soit minuit, pour que le rituel soit inversé, et que tout est bien qui finit bien. Comme d’habitude, ça se regarde, ce n’est pas mal filmé, c’est plutôt rythmé bien que le potentiel ne soit jamais exploité, mais on regarde tout ça en anticipant tout, rien ne viendra nous surprendre (à quelques meurtres bien gore près, qui eux font du bien), et ce jusqu’au classique sursaut final tellement éculé que l’on aurait aimé être surpris en voyant Landon lui tourner le dos, mais non. Alors voilà, ça se regarde, c’est divertissant, mais c’est encore du potentiel gâché. Reste Vince Vaughn, qui a d’ailleurs gagné quelques prix pour sa prestation, et ça, c’est mérité.

Les plus

Vince Vaughn, surprenant
Par moment, c’est bien gore
Le concept est en soit très sympa

Les moins

Landon a toujours un souci pour tenir ses promesses
Finalement gentillet et pas si drôle
Peu surprenant

En bref : Freaky, c’est le mélange de Freaky Friday et du slasher. Le concept était cool, et d’ailleurs, par moment ça marche, c’est gore, et Vince Vaughn est génial. Mais le concept ne pas rarement bien loin, ça explore peu de pistes, ça reste gentillet, pas si drôle. Beaucoup de potentiel pas exploité. Comme d’habitude.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Vince Vaughn, surprising
♥ Sometimes it’s gory
♥ The concept is nice
⊗ Landon still has difficulties keeping his promises
⊗ Finally, not that funny
⊗ Not surprising at all
Freaky is a mix between Freaky Friday and a slasher. The concept is nice, and sometimes it really works, it’s gory, Vince Vaughn is great, some parts are fun. But it never goes further, it doesn’t explore its many leads, it stays too clean and not that funny. Lots of potential, sadly not used.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *