SIN SISTERS de Tony Marsiglia (2003)

SIN SISTERS

Titre Original : Sin Sisters
2003 – Etats Unis
Genre : Thriller érotique
Durée : 1h19
Réalisation : Tony Marsiglia
Musique : –
Scénario : Tony Marsiglia

Avec Misty Mundae, Chelsea Mundae, Julian Wells, Andrea Davis et Tony Marsiglia

Synopsis : Lorsqu’un camarade de classe est accidentellement tué, les vraies sœurs Misty et Chelsea Mundae doivent travailler ensemble pour essayer de cacher le corps. Dans une cabane isolée dans les collines, elles rencontrent Juli, qui met leur loyauté à l’épreuve.

Dans le monde merveilleux de Seduction Cinema, la boite qui est surtout connue pour avoir lancé la carrière de Misty Mundae, à présent Erin Brown, il y a bien un nom derrière la caméra qui aura réussi, d’une certaine manière, à livrer des œuvres qui parvenaient à sortir du carcan limité et répétitif des productions érotiques du studio. Car souvent, chez Seduction Cinema, c’est simple, on prend une histoire très simple, possiblement pour parodier un film existant (The Girl Who Shagged Me, vous voyez bien ça fait référence à quoi, Lord of the Strings et Nude Raider aussi, je présume), et on gonfle artificiellement la durée avec beaucoup, beaucoup de nudité. Alors oui, voir Misty Mundae et quelques autres habituées comme Julian Wells se dénuder, ce n’est jamais désagréable pour l’œil masculin (et féminin également hein), mais lorsque les scènes s’étirent sans aucun enjeu, ça devient très rapidement ennuyeux. Tony Marsiglia lui aura réussi souvent à sortir un peu de la formule, en livrant des films mettant en premier lieu en avant non pas la plastique de Misty Mundae, mais bel et bien ses concepts. Il y avait eu Sinful, thriller parfois glauque parlant de la grossesse, et Chantal, qui parlait du monde de requin qu’est le milieu du cinéma. Du coup, quelle joie en découvrant que j’avais, dans ma collection, un autre film du réalisateur avec Sin Sisters, mettant en scène Misty Mundae, Julian Wells, mais également Chelsea Mundae (sœur de Misty, que ce soit vrai ou pas, c’est un autre débat). Une œuvre qu’il a signé avant les deux films cités, et dont la moyenne imdb tourne autour des mêmes notes, donc pourquoi pas hein ! Malheureusement, et bien qu’il soit là aussi également le scénariste, et qu’il vienne faire un petit caméo en début de film en laveur de piscine qui n’a d’yeux que pour Misty, c’est une déception. Et ce malgré la promesse du titre, qui a de quoi faire crier n’importe quel homme normalement constitué, et encore plus s’ils sont religieux et d’extrêmes (oui, droite ou gauche, même combat). Deux sœurs, qui vont pêcher. Et je ne parle pas de la pêche au poisson.

L’histoire, oui, comme souvent, elle est ultra simple, et aurait pu faire, en soit, un très bon court métrage. Ou du moins un court métrage intéressant. Deux sœurs rivales, qui se détestent, doivent s’allier après la mort plus ou moins accidentelle d’une camarade de classe, pour cacher le corps, mais elles trouvent refuge dans une cabane ou une femme va jouer à un jeu pervers avec elle. Alors déjà, virons l’éléphant (rose ?) dans la pièce. Misty et Chelsea, sœurs, ne feront rien ensemble. Elles passeront la plupart du temps à être rivales, et donc, à se faire des coups dans le dos, à s’insulter, et à se rabaisser. En particulier Misty Mundae, rodée à l’exercice de ce genre de rôle de petite peste. Elle le fait bien, mais elle l’a déjà bien fait par le passé, et aussi par la suite. Mais ce qui frappe en réalité devant le film, outre la promesse du titre non respectée, c’est à quel point le réalisateur, également scénariste et monteur, n’a pas encore trouvé son bon angle pour livrer un métrage d’exploitation certes, mais qui arrive à captiver le spectateur, à retenir son attention sans l’endormir. On est donc à l’opposé de Sinful et Chantal, qui éparpillaient ses scènes érotiques au sein de l’intrigue, et non l’inverse, les rendant ainsi digestes, et surtout agréables à regarder. Sin Sisters est l’opposé, puisqu’on a l’impression de voir une succession de scènes érotiques, auxquelles on aurait maladroitement rattaché une intrigue qui vient passer sa tête par la porte de temps en temps. Cette histoire de sœurs rivales qui vont devoir bosser ensemble pour cacher un cadavre, ce n’est pas exceptionnel, ni original, mais ça pourrait fonctionner, sauf qu’en réalité par exemple, le film s’ouvre sur un enchainement de scènes érotiques, si bien qu’il faut limite attendre 25 minutes pour que quelque chose se mette en place. Ce qui est beaucoup, quand le métrage est déjà si court avec 1h19 au compteur. On a donc droit pour débuter à la scène de la piscine qui dure un bon 7 minutes, certes où Misty Mundae se dénude très vite, puis une scène de plaisir en solo sous la douche qui dure elle aussi des plombes. Quand enfin la situation initiale se met en route, la douche froide, même si ça se déroule dans la douche.

Autant dans son côté érotique, trop présent mais pas exceptionnel que dans son côté plus thriller, le film échoue, c’est souvent très soft. On aurait aimé plus de sang, plus de… sin comme le titre le dit. Alors oui, les actrices livrent ce que l’on attend d’elles, ni plus ni moins, le faisant correctement mais ne pouvant sauver la barque qui coule. Oui également, Tony Marsiglia s’applique probablement bien plus que d’autres réalisateurs du studio, pour un film de ce genre ultra fauché, c’est plutôt propre visuellement. Limité, fauché évidemment, avec peu de décors et peu d’acteurs, mais plutôt proprement cadré et éclairé, sachant mettre en avant les actrices (en dehors des scènes érotiques j’entends) et sachant également cadrer sa partie thriller lorsque Julian Wells rejoint le casting. Mais ça ne fonctionne pas, la faute au scénario, dénué de tension, aux éléments beaucoup trop éparpillés pour fonctionner. Quand les deux sœurs débarquent dans la cabane où Julian Wells se trouve, on aurait pu espérer justement un jeu plus pervers, de la manipulation, voire soyons fou, de la torture. Mais à la place, aucune tension, beaucoup de bavardages, entrecoupés de scènes érotiques encore une fois à rallonge. Ça n’a beau durer que 1h19, le temps paraît pourtant si long, et ce n’est pas cette courte scène finale dénudée entre Julian Wlles et Misty Mundae qui va venir sauver les meubles, arrivé à ce stade, nous sommes déjà totalement désintéressés de ce qu’il peut bien se passer dans le métrage. Evidemment, plus de 20 ans après sa sortie, et en connaissant à la fois la trajectoire de la carrière du réalisateur (ce qu’il fera après, puis finalement sa fin de carrière en 2009) et de Misty Mundae, se dénudant toujours aussi facilement mais bien plus orienté vers un cinéma fauché mais horrifique, on peut se dire que Sin Sisters était une ébauche de ce qui arrivera par la suite. Mais une ébauche pas toujours intéressante pour le public.

Les plus

Mieux filmé que la norme chez le studio
Misty Mundae toujours charmante, et nue

Les moins

Un côté érotique trop présent
Un côté thriller raté et peu crédible
Jamais franchement intéressant
Le temps paraît hyper long

En bref : Sin Sisters promettait beaucoup, entre son titre, son réalisateur et son casting, mais au final, il n’est qu’un thriller peu palpitant et hautement érotique, beaucoup trop répétitif pour intéresser.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Better filmed compared to many others from the studio
♥ Misty Mundae still charming, and naked
⊗ The erotism is too present
⊗ The thriller part is bad and never believable
⊗ Never really interesting
⊗ Time is long
Sin Sisters promised a lot, between the title, the director and the cast, but in the end, it’s just a not interesting thriller, highly erotic, and too repetitive.

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