Titre Original : Fung lam fo saan / 風林火山
2025 – Hong Kong
Genre : Policier
Durée : 2h05
Réalisation : Juno Mak
Musique : Nate Connelly
Scénario : Man Yu Chow et Juno Mak
Avec Takeshi Kaneshiro, Ching-Wan Lay, Tony Leung Ka-Fai, Louis Koo, Gao Yuangyuan, Sean Lau, Alex To, Nina Paw, Michelle Wai, Wyman Wong, Jiang Peiyao et Rosa Mario Velasco
Synopsis : Une gigantesque explosion et une fusillade dans Causeway Bay, un quartier du centre-ville de Hong Kong se révèlent être une diversion, prélude à une série d’actions sauvages planifiées par l’héritier d’un conglomérat pharmaceutique mondial qui aboutit à la mort de son propre père, baron de la drogue.
Sons of the Neon Night, avec son titre qui claque bien comme il faut, il en aura fait saliver des fans du cinéma de Hong Kong depuis son annonce en 2015. Oui, 2015, soit il y a 11 ans, et seulement deux années après le premier métrage de Juno Mak, Rigor Mortis, qui avait divisé. Et comme j’avais beaucoup aimé pour ma part, j’attendais son retour sur le devant de la scène… jusqu’à oublier l’existence du film, car 11 ans d’attente, c’est long. Car tout était en marche dès 2017, avec un début de casting, et même le début du tournage en Septembre de la même année. Oui, il y a 9 ans. Huit mois de tournage (c’est long, croyez-moi) plus tard, et la production est bouclée. Sauf qu’entre un budget qui aurait explosé allant jusqu’à faire du film le plus couteux jamais produit à Hong Kong, un premier montage apparemment beaucoup trop long et une pause durant la post-production à cause d’un petit virus, et on se dit qu’il n’a pas eu la vie facile ce film. Dire qu’au départ, sa sortie était prévue en 2019, puis 2021, puis 2024. A tel point que c’était devenu un gag, et que beaucoup n’y croyaient plus, ou l’avaient oublié. Finalement, sa première fut au festival de Cannes en 2025. Le festival, il aime le cinéma Asiatique, que ce soit de Hong Kong (depuis City of Darkness), de Corée du Sud (depuis Dernier Train pour Busan), ou du Japon (pas mal de films d’auteurs en sélection officielle). Sauf que l’accueil fut… compliqué. Si bien que le film reparti encore en montage, passant de 2h12 à 2h05. Pour un film dont, d’après la rumeur, le premier montage serait plus vers les 5h. Lors de sa sortie à Hong Kong, c’est un gros échec financier. Takeshi Kaneshiro, tenant l’un des rôles titres, a dû être assez anéanti par le tournage et la production d’ailleurs, puisque malgré le tournage en 2017… il n’a plus rien tourné depuis. Qu’importe, j’ai eu le film devant les yeux, j’ai eu la promesse d’un polar HK avec un casting qui a la classe, avec également Louis Koo, Tony Leung Ka-Fai et quelques autres têtes connues, et… ce fut une sacrée douche froide.
Pourtant, nous sommes en général assez cléments envers ce genre de films dont la production est chaotique. Hong Kong avait déjà connu ça avec Warriors of the Future, loin d’être un grand film, mais au moins divertissant. Sons of the Neon Night échoue sur ce point là aussi, mais échoue surtout sur un peu tout le reste. Par où commencer face à un tel désastre ? Car il s’agît bien ici d’un désastre, dans des proportions énormes, et cela ne sert à rien de fantasmer le montage intégral, car vu les défauts du métrage, 3 heures de plus n’arrangeront pas les choses, elles risquent même des les empirer. Pourtant ça ne commençait pas trop mal, avec cette scène d’ouverture ultra léchée, puis cette fusillade en pleine rue, sous la neige, où les innocents tombent sous les balles. Même si directement on remarque quelque chose qui cloche. Le montage semble parfois saccadé, erratique, il semble manquer des plans, et pour ne pas aider, autant le film a couté super cher, autant visuellement c’est appliqué (mais pas toujours si bien), autant forcément, les quelques CGI, comme pour les explosions, manquent totalement de naturel. Mais encore une fois, pour le coup, c’est malgré tout ultra prometteur. De bons acteurs, des terroristes, de l’action, un texte qui en ouverture nous annonçait une guerre pour la succession d’un gang. Même si ce dernier point, il fait aussi peur, quand un film a besoin de nous expliquer son contexte en ouverture par un long texte, comme si sans lui, on ne comprendrait rien et que ça avait été rajouté au dernier moment. Malheureusement, passé cette ouverture donc, et à quelques exceptions près, le film plonge littéralement dans la médiocrité absolue. Voire pire. Déjà, il y a l’histoire, brouillonne au possible, comme si le réalisateur avait lui-même jeté son script par la fenêtre passé son point de départ, si bien que parfois, on ne comprend pas vraiment ce qu’il se passe et pourquoi. Sentiment peu aidé par la multitude de personnages, souvent brouillons, qui tirent tous la gueule en prime, et dont parfois on a un peu de mal à comprendre qui est qui, qui fait quoi et pourquoi.
Oui Tony Leung-Ka Fai a la classe comme souvent, mais ça ne changera rien. Il est ceci dit sans doute l’acteur le plus expressif du film. Car les autres, ils sont présents, physiquement du moins, ils parlent, parfois, pour ne pas dire grand-chose, ou en tout cas pour ne rien dire d’intéressant, et ça traine alors en longueurs. Et ce côté ultra brouillon, qui semble ne jamais avancer, ou qui ne sait même pas vers quoi il avance, ça a une incidence particulière sur le métrage dans son entièreté. On se fait royalement chier. Si on s’accroche durant la première heure, face à une poignée de belles images, ou l’irruption d’une scène d’action, violente mais finalement bien trop courte et aux enjeux brumeux, ce ne sera pas le cas de la suite, qui s’engouffre dans d’interminables discussions qui elles aussi ne mènent nulle part, et regarder Sons of the Neon Night devient alors une mission. Une mission pour ne pas s’endormir. Ça dure deux heures, et le spectateur n’a rien sur quoi se raccrocher pour être un minimum intéressé par le métrage. Les deux heures semblent rapidement en durer déjà 4, alors imaginons un instant le montage intégral… Si bien qu’arrivé au bout du métrage, résumer en quelques mots le film, son intrigue du moins, sa narration, est une mission assez complexe. Au final, même le visuel, point sur lequel le réalisateur excellait sur son premier film, Rigor Mortis, m’aura semblée bien inégal, ayant parfois des plans bien trouvés, une jolie utilisation des décors, des contrastes, de la symétrie, avant que l’ensemble ne paraisse juste trop lent et trop gris comme pour se donner un style. Espérons que Hong Kong, déjà pas au top de sa forme, retienne la leçon. Car en soit, passé sa promesse initiale, je ne retiendrais sans doute que la musique du métrage, très réussie, elle.

Les plus
La scène d’ouverture prometteuse
Quelques beaux plans
La musique
Les moins
Un montage parfois chaotique
Une narration bordélique
Une histoire si simple… mais incompréhensible parfois
Visuellement parfois lourdingue
Des dialogues interminables
Des acteurs qui tirent tous la gueule
Du rythme ? Où ça ?
En bref : Sons of the Neon Night était au départ un gros fantasme, puis un film craint après les premiers avis, qui se sont avérés justes. Le métrage est bordélique, interminable, jamais intéressant ou engageant. Une sacrée douche froide.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ The opening is so promising ♥ A few nice shots ♥ The soundtrack |
⊗ The editing is chaotic ⊗ The narration is such a mess ⊗ A story so simple… but so hard to follow ⊗ Visually it tries too much to be cool ⊗ The dialogues never end ⊗ Actors are all sad ⊗ Pacing? Where? |
| Sons of the Neon Night was, at first, a big fantasy, then it was feared with the first reviews, and in the end, they were right. The film is a mess, it’s so long and boring, never interesting. | |






















