Titre Original : Zombeavers
2014 – Etats Unis
Genre : Comédie horrifique
Durée : 1h16
Réalisation : Jordan Rubin
Musique : Al Kaplan et Jon Kaplan
Scénario : Al Kaplan, Jon Kaplan et Jordan Rubin
Avec Rachel Melvin, Cortney Palm, Lexi Atkins, Hutch Dano, Jake Weary, Peter Gilroy, Rex Linn, Brent Briscoe, Phyllis Katz et Robert R. Shafer
Synopsis : Un groupe d’adolescents, partis pour un week-end de débauche au bord d’une rivière, se retrouve confronté à une horde de castors-zombies affamés. Pour réussir à rester en vie, les jeunes vont devoir affronter ces animaux d’une nouvelle espèce…
Lors de sa sortie en 2014, je m’étais jeté évidemment sur Zombeavers, mais l’envie d’écrire dessus n’était pas une évidence, car tout le monde en parlait, en bien parfois comme en mal, et voilà, tout avait été dit. 12 ans après sa sortie, et après la découverte du très décevant Dead Ants, décevant notamment car assez radin en attaques animales et surtout car toutes ces attaques étaient en CGI (dégueulasses, évidemment), j’ai eu envie de revoir Zombeavers. Alors oui, le fait que la charmante Cortney Palm soit dans la seule scène vraiment hilarante de Dead Ants et tienne ici l’un des rôles principaux joue. Mais aussi car dans un cas comme dans l’autre, nous avons un peu trop rapidement balancés les métrages dans la catégorie des nanars. Rigolo pour de vrai ou pas, là n’est pas la question. Car dans les deux cas, nous ne sommes pas face à des nanars. Nous sommes face à deux films conscients de ce qu’ils sont, du public visé, et qui sont au final tout simplement des films aux concepts perchés oui, mais juste des purs films d’exploitation. Mais surtout, et ce malgré la façon de faire radicalement différente, nous sommes face à deux films qui ont étés fait sérieusement par l’équipe, peu importe le non-sérieux de l’intrigue, de la menace, et des dialogues. Zombeavers, dans le fond, c’est donc l’antithèse d’un Sharknado. Sharknado, c’est un concept con, assumé, tourné à la va-vite pour que le buzz ne redescende pas, filmé monté et photographié de manière dégueulasse, avec des CGI qui le sont tout autant, avec aucun effort au final, et qui a tellement fait le buzz que la saga a eu droit à un opus par an pendant beaucoup trop d’années. Zombeavers, à l’opposé, c’est un film à bas budget, fait dans leur coin, avec des acteurs contents d’être là, des dialogues volontairement débiles, une mise en scène simple mais cohérente, des peluches, des animatroniques, et un amour certain pour le gros bis. Peu de CGI, des équipes compétentes, des acteurs qui s’éclatent à débiter des dialogues qui n’ont pas toujours de sens et manquent de subtilité… oui, une vraie série B en fait. Et c’est ce qui le rend farouchement attachant. Et ce qui fait qu’il est dans ma collection de Blu-Ray, bloqué entre Zero Dark Thirty et Zombie. Le jour et la nuit donc.
En pur film bis, Zombeavers, c’est forcément l’histoire de trois jeunes femmes peu vêtues, et même parfois pas vêtues, qui passent un weekend dans une petite maison au bord du lac, rapidement rejointes par leurs copains. Mais pas de bol, un baril radioactif est tombé dans le lac, et a transformé les castors en zombeavers donc. 1h16 au compteur, des clichés en pagaille, de la nudité, des animatroniques rigolos, du sang, et surtout, des dialogues perchés et un rythme bien géré, voilà la proposition du film. Une proposition honnête d’une équipe qui s’éclate mais ne traite donc pas son film par-dessus la jambe. C’est simple, c’est à bas budget, mais c’est compétent, éclairé de manière propre, avec des acteurs qui s’éclatent, sont limités par des rôles simples et un peu stupides, mais qui ne sont pas mauvais. Et quel plaisir évidemment de voir un film qui essaye au maximum de se servir de vrais effets spéciaux et non pas de CGI rapides, moins chers, mais clairement ratés. Et puis au final, qu’importe, puisque les scénaristes à l’origine de ces dialogues méritent tous un oscar pour cette débilité souvent bien trouvée qui fait mouche. Et ça commence dès l’ouverture avec ces camionneurs parlant des avantages d’une relation gay (oui, pas de soucis pour prendre une bière ou regarder le foot) avant d’écraser une pauvre biche, renversant alors un baril de déchets radioactifs. Et en réalité, jamais ça ne s’arrêtera, entre le personnage de Cortney Palm qui reste une des réussites du film par son ton irrévérencieux et direct, et donc souvent amusant, les réactions des personnages face à la menace (ah le fameux « ne vous disputez pas, nous diviser, c’est ce que les castors veulent »), ces personnages masculins perchés qui ne pensent qu’au sexe (oui, monsieur se sent comme un power ranger quand il est au lit avec madame), sans compter les idées logiques mais cruelles, et donc amusantes (sacrifier le chien pour avoir le temps de se sauver).
Si l’on ajoute à tout ça du sang, des situations débiles, de la nudité, et en prime, un film qui utilise les spécificités de sa menace, et c’est un pur moment bis qui fait plaisir. Car oui, quand le menace est un castor zombifié, se barricader dans une cabane entièrement en bois, ce n’est pas forcément une bonne idée dans les faits. Et quand on croit que le film a fait le tour du sujet au bout d’une heure, alors qu’il reste encore 15 minutes, voilà que le film décide d’aller encore plus loin en contaminant ses personnages humains qui deviennent… des castors humains ? C’est débile oui, mais assumé, logique, et comme le reste, pas si raté que ça même au final. Et si le métrage évite, la plupart du temps, à utiliser des CGI, on comprend rapidement pourquoi, car évidemment, à de rares moments, le film n’aura d’autres choix que de les utiliser, et le résultat est immédiatement beaucoup moins convaincant. C’est dommage, mais ça reste rare. Puis au final, ils ont une bonne trogne ces castors infectés, alors lorsqu’ils tuent quelqu’un en faisant tomber sur lui un arbre, ou qu’un personnage joue au jeu de la taupe avec les castors sortant par les trous au sol, on s’amuse. Alors évidemment, il faut se modérer, Zombeavers n’est qu’un petit film d’exploitation, amusant et honnête, mais rien de plus. Jamais flippant, jamais subtil, débile oui, mais divertissant. Et mieux vaut un Zombeavers fait avec sérieux qui est un one shot qu’un énième Sharknado cynique, flemmard et détestable.

Les plus
Amusant
Pas un nanar, juste du bon gros bis
Ils sont mignons les castors
Volontairement débile et over the top
Nudité, animatroniques, gore
Les moins
Mais oui, ça reste extrêmement débile
Divertissant, sanglant, mais pas subtil, sans tension
Un cocktail pas pour tout le monde
En bref : Zombeavers n’est pas un nanar, mais une comédie d’exploitation qui respecte son concept (et son public) et y va à fond. Amusant et divertissant, à défaut d’être plus, ou mémorable.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ Amusing ♥ Not a « so bad it’s good » film, just some good old B movie ♥ The beavers are cute ♥ Dumb and over the top ♥ Nudity, animatronics, gore |
⊗ But yes, incredibly dumb ⊗ Entertaining, bloody, but no tension, no subtility ⊗ The cocktail is not for everyone |
| Zombeavers is not really a « so bad it’s good » film, but more like an exploitative comedy, and it respects its concept (and audience). Amusing, entertaining, even if nothing more. | |






















