Titre Original : Gerbang Neraka
2016 – Indonésie
Genre : Fantastique
Durée : 1h53
Réalisation : Rizal Mantovani
Musique : Andi Rianto
Scénario : Robert Ronny
Avec Julie Estelle, Reza Rahadian, Ray Sahetapy, Dwi Sasono, Puy Brahmantua, Lukman Sardi, Reza Nangin et Khiva Islak
Synopsis : Un journaliste travaillant pour un petit magazine sur l’occulte, une archéologie et un shaman font équipe afin de comprendre les mystères de la plus ancienne pyramide connue qui vient d’être découverte en Indonésie. Mais ce qu’elle renferme pourrait mettre en péril le monde entier.
Je ne vais pas mentir, si je me suis intéressé à Firegate, ou Gerbang Neraka, c’est pour son casting, et la présence de la douce Julie Estelle. Voilà, tout est dit. J’ignorais tout du film, de son histoire à son réalisateur, et même si la réputation dudit métrage n’était pas glorieuse, qu’importe. Un métrage Indonésien après tout, c’est toujours la promesse d’un peu de dépaysement. En lançant le métrage, cela fait immédiatement un peu plus peur, puisqu’en réalité, Firegate est donc réalisé par Rizal Mantovani, pas le réalisateur le plus talentueux de son pays, venant du monde du clip au départ, mais qui aura su malgré tout d’une manière ou d’une autre se faire une place dans le cinéma horrifique local. On lui doit d’ailleurs les deux trilogies Kuntilanak, dont la première, renommée à l’international The Chanting, avait lancé entre 2006 et 2008 la carrière de Julie Estelle, avant qu’elle ne tourne pour les Mo Bro (Macabre, Headshot) et Gareth Evans (The Raid 2). Firegate par contre, dans les grandes lignes, a un fort potentiel. Une pyramide, qui serait la plus ancienne existante, est découverte en Indonésie. L’archéologue jouée par Julie Estelle est donc sur place pour en percer tous les mystères, tandis qu’elle sera rapidement rejointe par deux autres personnages. Un jeune journaliste qui a laissé tous ses idéaux de côtés et travaille aujourd’hui pour un petit magazine sur l’occulte, et un shaman ayant son propre show télévisé mais qui serait véritablement doué de pouvoirs. Certes, on ne va pas se mentir, les personnages sont clichés et il n’y a rien qui ne va venir nous faire tomber le cul par terre, mais sa promesse de mystères, de pyramides, de secrets enfouis qui pourraient mettre en péril le monde, ça, ça fonctionne déjà beaucoup plus. Après tout, ne sommes-nous pas attirés par les pyramides et leurs secrets depuis presque toujours ?
Entre les fouilles archéologiques, les musées, et puis, les pyramides dans le cinéma horrifique, c’est loin d’être nouveau, entre les nombreux films sur les momies, ou encore le très bis Pyramide récemment. Seulement Firegate ne va pas seulement se contenter d’être un film avec une entité malveillante enfermée dans une pyramide, non, il va tenter un peu de bouffer à tous les râteliers, et s’en retrouve extrêmement déséquilibré sur toute la ligne, alternant les bons coups et les idées beaucoup plus discutables. On pourrait même dire qu’il tente assez souvent de voguer vers de nouveaux horizons, quitte à se planter une fois sur deux. Ça ne rend pas le métrage désagréable, mais clairement bancal, et décevant. Car Firegate, ça commence en ville avec une longue introduction obligatoire des personnages, qui tient plutôt la route même si les personnages ne sont pas exceptionnels en soit, avant de se transformer presque en simple slasher dans un coin reculé de la campagne Indonésienne, comme le pays aime tant nous en livrer, avant de nous offrir enfin la pyramide, puis de retourner en ville pour devenir un film de fantômes beaucoup plus classique, et enfin de revenir dans les entrailles de la pyramide pour son dernier acte, sans doute le plus bancal d’ailleurs. Varier les plaisirs, les tons, c’est bien, mais il faut malgré tout tenter de garder une cohérence globale dans le récit, ce qui ne semble pas forcément intéresser plus que ça le scénariste Robert Ronny, également producteur. On pourra souvent tiquer sur certains éléments donc. Comme par exemple que le djinn, la créature principale qui peuplera le récit, tue quelques figurants durant toute la première partie avec une facilité déconcertante, mais que lorsque le film revient le temps d’un acte à la ville, il va venir terrifier notre trio de héros sans jamais chercher à les éliminer, alors qu’ils sont clairement établis comme une menace pour lui, et les seuls capables de boucler toute cette histoire.
Néanmoins, reconnaissons au métrage une certaine générosité et efficacité durant toute la première heure, alternant les meurtres, apparitions spectrales, sans jamais montrer frontalement sa créature, qui bénéficie d’un design plutôt réussi dés lors que la caméra ne s’attarde pas dessus. Mais lors du grand final, c’est justement tout l’opposé ironiquement. On nous emmène enfin dans la pyramide, soit ce que l’on attendait depuis le début, mais le film semble être beaucoup trop ambitieux pour l’équipe artistique, et pour son budget. Les couloirs de la pyramide semblent peu nombreux et le réalisateur ne cherche jamais à camoufler ça, éclairant un peu trop bien les couloirs pourtant normalement uniquement éclairés à la torche. L’obscurité, en plus de camoufler les défauts, aurait renforcée l’ambiance. Puis dés lors que le métrage doit se faire s’affronter nos héros et des entités démoniaques, le film se tire une balle dans le pieds, en voulant en faire trop. Sa créature est alors filmée frontalement, dans toute sa splendeur, et devient alors un simple homme en costume. Quand aux affrontements, ce n’est guère mieux, tant parfois, on a l’impression de voir là un ghost kung-fu comedy du pauvre, avec quelques malheureux coups d’épée dans le vide, et quelques câbles venant tirer les acteurs pour simuler la puissance des coups. Cette impression, encore, de film qui veut en faire trop, et qui du coup part dans tous les sens. Encore une fois, pas désagréable, mais face au potentiel, une grosse déception.

Les plus
Julie Estelle
Tellement de potentiel
Certaines scènes demeurent efficaces
Les moins
Un film bancal
Manque de cohérence parfois
Quand il veut en faire trop, a l’air un peu kitch
En bref : Firegate est bancal, veut souvent en faire trop, avec ses créatures, sa pyramide, sa fin du monde, ses apparitions. Il demeure néanmoins divertissant, grâce à quelques scènes efficaces et son rythme soutenu, mais loin d’être un indispensable.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ Julie Estelle ♥ So much potential ♥ Some scenes are effective |
⊗ The result is flawed ⊗ It lacks consistency ⊗ Cheap when it tries to do too much |
| Firegate is deeply flawed, wants to do way too much, with its creatures, its pyramid, the end of the world, ghosts… It’s still entertaining, thanks to a few very effective scenes and its pacing, but far from being a must see. | |




















