THE MORTUARY ASSISTANT de Jeremiah Kipp (2026)

THE MORTUARY ASSISTANT

Titre Original : The Mortuary Assistant
2026 – Etats Unis
Genre : Horreur
Durée : 1h31
Réalisation : Jeremiah Kipp
Musique : Jeffery Alan Jones
Scénario : Brian Clarke et Tracee Beebe

Avec Willa Holland, Paul Sparks, John Adams, Keena Ferguson Frasier, Mary Hungerford, Mark Steger, Emily Bennett, Shelly Gibson et Sydney Haner

Synopsis : Rebecca Owens passe sa première nuit de travail au sein de la morgue de River Fields. Bientôt les cadavres se réveillent de leur long sommeil et se lient contre elle…

Si ce n’est toujours pas parfait, les adaptations de jeux vidéo au cinéma sont déjà mieux vues qu’à une époque, ont droit à un peu plus de respect qu’il y a 30 ans, les créateurs des jeux ont souvent un minimum leurs mots à dire, et les résultats ne se soldent pas toujours par des échecs, artistiques et financiers. Alors oui, c’est loin d’être parfait, mais vu l’état actuel du monde du cinéma, entre franchises trainées dans la boue et essorées jusqu’à la mort (coucou Star Wars), délais improbables et CGI dégueulasses (coucou Marvel), films bricolés voire éventrés dans l’urgence (coucou Scream 6 et 7), une inclusivité mise en avant en dépit de tout bon sens artistique parfois (coucou beaucoup trop de films), grèves, inquiétudes sur l’IA, licenciements, rachats de studio (Warner et Paramount ne feront donc plus qu’un) et stars qui s’auto-détruisent brutalement (coucou Rachel Zegler), nous vivons une drôle de période. Une période où après quelques gros succès, voilà que tout à coup, tous les gros studios semblent vouloir dire au public de ne pas s’inquiéter, qu’eux aussi ils sont gamers et vont donc leur offrir des prolongations de leurs univers sur grand écran. Ça, c’est sur le papier, dans le monde des bisounours, car la réalité, comme toujours, c’est que quand l’industrie voit que la série The Last of Us gagne des prix et plait au public, et que le premier film Super Mario écrase la concurrence au box-office, tout le monde veut sa part du gâteau juteux. L’industrie préfère oublier tout le mal qui a été fait à ses débuts (Super Mario Bros en 1993, tous les films de Uwe Boll, Resident Evil), et malgré quelques crashs assez violents et récents (la perte d’audience énorme pour la très mauvaise saison 2 de The Last of Us, l’échec financier et artistique de Retour à Silent Hill), ils préfèrent cacher ça pour se focaliser sur le reste. Le second Super Mario cartonne malgré des critiques assassines, et Iron Lung a cartonné avec un budget minimal. 2026 commence mal, artistiquement parlant (les deux films mentionnés au-dessus), mais ce qui est à venir promet plus de belles choses, avec Mortal Kombat 2, et Resident Evil par Zach Cregger. Et au milieu de tout ça, il y a les petites adaptations dont pas grand-monde n’a entendu parler, sorties dans l’anonymat, et défoncées par le public. Comme The Mortuary Assistant, adaptation du jeu du même nom, où l’auteur du jeu reste présent au scénario, et où, n’ayant jamais touché au jeu de base, la comparaison n’aura pas lieu d’être.

The Mortuary Assistant donc adapte un jeu dans lequel nous jouons un personnage qui travaille de nuit dans une morgue, et qui devra alterner travail glauque avec cadavres à la clé et survie avec des esprits méchants et autres jumpscares. Une formule simple et en réalité propice à une adaptation, avec son peu de personnages, son unité de lieu, et en prime, son milieu médical à même de nous donner un contenu froid, clinique et donc, déstabilisant. Pourtant, le film n’a pas su séduire son public, récupérant un 3.8/10 sur imdb, et un box-office mondial de… 1.2 million. Oui, peu. La signe d’un mauvais film qui n’intéresse personne ? D’un film qui n’a eu aucune visibilité et n’a pas su trouver son public ? Pourquoi pas un peu des deux ? Non, The Mortuary Assistant n’est, en soit, pas un mauvais film au sens large du terme. Nous ne sommes pas face à un film incompétent comme Uwe Boll savait les faire, avec montage raté, photographie dégueulasse, scénario inexistant. Sans doute un peu trop proche du jeu vidéo qu’il adapte (d’où une narration assez répétitive dans les faits), mais clairement un film fait avec sérieux, dans sa production, et sa mise en image. L’on pourrait même dire que visuellement, le réalisateur tente de faire du cinéma à l’ancienne, utilisant la plupart du temps des effets spéciaux pratiques et non des CGI, et usant (abusant sans doute) de certaines techniques presque désuètes aujourd’hui, notamment avec l’usage intensif de la demi-bonnette (ce procédé cher à De Palma, mais aussi à Hickox ou Cronin récemment), mettant donc en avant à la fois le premier plan et l’arrière-plan via un double objectif. Mais visuellement, The Mortuary Assistant est un film à l’ancienne, qui certes récite toutes les techniques du genre, mais le fait proprement. Oui, la nuit orageuse, les pannes de courant, les apparitions en arrière-plan, les plans nébulés, les moments plus sanglants, visions, sans oublier son héroïne avec des démons dans son passé, ancienne droguée alcoolique. Sans oublier le géant de la morgue, qui fera office de mentor qui nous expliquera tout le concept du film.

Rien de farouchement original dans le fond, comme dans la forme au final, si ce n’est son milieu médical. Sur ce point, dès l’ouverture d’ailleurs, le film se fait très froid et clinique, montrant les corps, les mutilations, le traitement des cadavres à la morgue. De quoi nous rappeler des films comme The Autopsy of Jane Doe, The Corpse of Ana Fritz ou encore Le Veilleur de Nuit. Ensuite, malgré son manque d’originalité (d’identité), l’on pourrait aussi citer l’efficacité du métrage, qui se déroule sans surprises, mais sans temps morts non plus, alternant expositions, hallucinations, possessions, attaques, meurtres sanglants. Parfois, il enchaine d’ailleurs un peu trop les situations, donnant l’impression qu’il se passe littéralement plus de choses ici en 1h30 que dans l’intégralité des quatre Conjuring, alors que l’intrigue ne se déroule que dans un lieu (une morgue, à 90%) et lors d’une seule nuit. Et du coup au bout du compte, on cherche parfois un peu la logique dans cet enchaînement de situations, d’esprits, de visions, qui sonne un poil comme un mélange entre Evil Dead, et The Autopsy of Jane Doe. Alors oui, c’est bancal, pas toujours logique, ça n’amène rien de nouveau au genre, le côté émotionnel voulu par le scénario avec le personnage principal ne fonctionne pas, et évidemment, ce n’est jamais flippant. Sans doute que là aussi, manette en mains, avec l’interactivité, travailler de nuit dans cette morgue deviendrait bien plus marquant. Mais en l’état, ce n’est pas non plus le pire film de genre, ni le pire film de l’année, et aucunement la pire adaptation de jeu vidéo, de l’année, ou en général. Juste une toute petite série B, filmée sérieusement, un peu répétitive, sans doute trop jeu vidéo dans l’âme, dans sa narration et ses mécaniques (comme Silent Hill au final), mais clairement regardable. Rien de honteux même en réalité, proprement filmé et rythmé.

Les plus

Une adaptation de jeu sérieuse
Techniquement pas si raté que ça
Ultra rythmé

Les moins

Aucune surprise dans le genre
Ça manque parfois un peu de liens
Pas effrayant, pas d’émotions

En bref : The Mortuary Assistant, ça mélange un peu The Autopsy of Jane Doe et d’autres métrages du genre comme Evil Dead avec ses démons, pour un huis clos dans une morgue. C’est compétent, rythmé, professionnel, à défaut d’être original, renversant ou toujours logique.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ A serious adaptation
♥ Technically, it’s not that bad in fact
♥ A good pacing
⊗ No real surprise for the genre
⊗ It’s sometimes a bit of a patchwork
⊗ Not scary, no emotions
The Mortuary Assistant, it’s a mix between The Autopsy of Jane Doe and a few other films like Evil Dead for the demons, for a film taking place in a mortuary. Competent, good pacing, not original or always logical, but watchable.

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