PIÈGE EN EAUX TROUBLES (Striking Distance) de Rowdy Herrington (1993)

PIÈGE EN EAUX TROUBLES

Titre Original : Striking Distance
1993 – Etats Unis
Genre : Policier
Durée : 1h42
Réalisation : Rowdy Herrington
Musique : Brad Fiedel
Scénario : Rowdy Herrington et Marty Kaplan

Avec Bruce Willis, Sarah Jessica Parker, Dennis Farina, Tom Sizemore, Brion James, Robert Pastorelli, Timothy Busfield, John Mahoney, Andre Braugher, Tom Atkins et Mike Hodge

Synopsis : Tom Hardy et son père, tous deux dans la police, repèrent un soir un serial killer qui accumule les victimes. La poursuite se termine mal et le père de Tom est tué. Tom déclare alors que le tueur fait partie de la police.

Si Bruce Willis est devenu un acteur culte du cinéma Américain, sa carrière pourtant a beaucoup moins de grands films que les autres stars ayant officiés dans le cinéma d’action, comme Stallone, Schwarzenegger ou Norris (cherchez l’intrus). Oui, on se souvient tous par exemple des trois premiers Die Hard, et de quelques autres métrages éparpillés dans sa carrière, surtout avant les années 2010 où là il faut se lever tôt pour trouver ne serait-ce qu’un film à sauver. Mais de manière générale, sa carrière est loin d’être mémorable, passé Die Hard, Pulp Fiction, Sixième Sens et quelques autres films. Evidemment, pas mal de films anecdotiques mais sympathiques se trouvent là, surtout des petits thrillers, mais rien qui ne viennent faire briller l’aura de l’acteur. Et le début des années 90, après sa montée en puissance donc, est en réalité déjà assez compliquée, et il devra attendre Pulp Fiction pour briller de nouveau aux yeux du public, et des critiques. Entre des paris risqués qui ne payent pas (Le Bucher des Vanités de Brian De Palma), des films que le public ne comprend pas (Hudson Hawk), des films un brin charcutés par la production (Le Dernier Samaritain) et des films moqués (Color of Night), oui, ce n’est pas la joie. Et au milieu de tout ça sort en 1993 Striking Distance, renommé Piège en Eaux Troubles par chez nous, film peu connu, pas franchement aimé non plus en réalité, et qui sort pile entre Color of Night et son caméo non crédité dans le génial Alarme Fatale. Il faut dire aussi que sur le papier, Striking Distance ne brille pas vraiment par son originalité, autant dans son pitch, sa narration que dans son ton. Bruce Willis joue donc un ancien flic, travaillant maintenant à la brigade surveillant la rivière, et qui se retrouve à traquer un tueur en série qui s’en prend aux femmes qu’il a connu dans sa vie. Oui, un pitch qu’on a déjà vu 1000 fois, avec des personnages que l’on a eu aussi déjà vu 1000 fois, avec le ton habituel pour un film d’action mettant en avant Bruce Willis, tirant avant de poser les questions, et en profitant pour balancer deux ou trois blagues de temps en temps, et pour emballer sa coéquipière bien entendu.

Ce qui, à mes yeux, sauve le métrage, c’est sa relative bonne tenue visuelle, sa générosité, et son casting. Visuellement, on doit donc ça à un réalisateur qui fut peu actif, et qui a sans doute souffert de l’échec du film puisqu’il mettra 5 ans avant de retourner derrière la caméra, à savoir Rowdy Herrington, aussi co-auteur du script, et qui avait signé auparavant Road House. Et un film sur la boxe nommé Gladiator mettant en avant James Marshall (Twin Peaks) et Cuba Gooding Jr. Sa mise en scène n’a rien d’originale ou de marquante, mais elle fait ici clairement le boulot pour un petit thriller certes qui sera vite oublié, mais qui ne fait jamais passer un mauvais moment. L’on peut donc ajouter à côté de ça la générosité de l’ensemble, car le film ne perd pas franchement de temps, en s’ouvrant d’ailleurs quasiment sur une gigantesque course poursuite en ville de quasiment 10 minutes, qui sent bon les années 90, la tôle froissée et l’essence avec ses nombreux crashs et explosions. De manière générale, le film est assez généreux en action, même s’il n’atteindra plus jamais le même niveau que cette ouverture, avec quelques fusillades, des poursuites à pied, en voiture ou en bateau. Mais film de tueur en série oblige, le film tente de jouer sur le suspense, et sur ce point, on peut aussi avouer que son gros manque de subtilité, autant dans le scénario que dans la mise en scène, permet de griller longtemps à l’avance l’identité du tueur. Et les indices arrivant progressivement ne font que confirmer ce que l’on devinait jusque-là. On a du coup un train d’avance sur les personnages. Heureusement donc, le film peut aussi compter sur son casting qui a immédiatement notre capital sympathie, puisqu’autant les premiers que les seconds rôles, et bien des têtes bien connues sont là. Bruce Willis et Sarah Jessica Parker pour les rôles principaux, oui, mais à côté, on trouve Dennis Farina (Get Shorty, Manhunter, Snatch), Tom Sizemore (Relic, Tueurs Nés), Brion James (Blade Runner, Le Cinquième Elément, 48 Heures et sa suite), Robert Pastorelli (Dance avec les Loups) ou encore, malheureusement en fond et sous-exploité, Tom Atkins (Halloween 3, Fog).

Chez moi, on appelle ça un bien beau casting. Généreux donc, assez professionnel dans sa mise en boite, rythmé, prévisible mais jamais ennuyeux ou foncièrement raté, Piège en Eaux Troubles souffre surtout de son statut de petit thriller qui n’invente rien et qui, passé le fait qu’il se déroule majoritairement sur l’eau, ressemble a beaucoup d’autres films du genre, et même à d’autres films du genre, Willis jouant tout simplement un personnage qu’il maitrise parfaitement, à savoir le flic mal aimé et alcoolique. Est-ce là la seule raison de l’échec du film et de son relatif anonymat ? Pas seulement, puisqu’en réalité, avant même sa sortie, le métrage n’avait pas forcément une bonne réputation, puisqu’après des projections tests catastrophiques, le film eu droit à un lourd tournage additionnel, eu droit aussi à plus d’action (ça c’est bien), et que comme souvent à l’époque, Bruce Willis s’est un peu trop impliqué dans la production du film plutôt que de simplement faire son boulot d’acteur. Car oui, ce que le public trouvait mauvais et confus dans le premier montage n’était pas supposé être là, mais était en réalité des ajouts demandés par Bruce Willis, qui changeait des scènes, des dialogues, et prenait peu à peu le contrôle sur le tournage. D’après des membres de l’équipe, il se comportait même de manière odieuse avec le réalisateur, autant lors du tournage initial que des reshoots… En plus de cracher, des années plus tard, sur le film de manière générale, alors que beaucoup de soucis venaient en parti de lui. Est-ce que le film aurait été meilleur ou pire sans tout ce bordel ? On ne le saura jamais, peu de chances que les scènes coupées ou alternatives débarquent également un jour, mais en l’état, le métrage reste, finalement, un petit thriller typique de son époque, typique de l’acteur aussi, mais pas désagréable, et même hautement divertissant par moment. Et en réalité, j’ai toujours apprécié le film, depuis sa première diffusion à l’époque sur Canal +. Pas du grand cinéma, mais du cinéma pop-corn efficace.

Les plus

Sacré casting
Généreux en action
Rythmé
Rien de magnifique, mais très divertissant

Les moins

Un thriller cliché et déjà vu
L’identité du tueur que l’on devine facilement
Une production chaotique

En bref : Piège en Eaux Troubles est une production chaotique de plus pour Bruce Willis au début des années 90, un thriller efficace mais un peu passe-partout et déjà vu. Néanmoins, oui, c’est efficace, divertissant, et pas honteux.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Such a huge cast
♥ The action is there, it’s generous
♥ The pacing is more than good
♥ Nothing amazing, but still entertaining
⊗ A cliché and predictable thriller
⊗ The identity of the killer can easily be guessed
⊗ A chaotic production
Striking Distance is a chaotic production, one more for Bruce Willis during the 90s, but it’s still a good thriller, cliché, but effective, entertaining, and clearly nothing there to be ashamed of.

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