THE RED LINE (ส้นตาย สายลวง) de Sitisiri Mongkolsiri (2026)

THE RED LINE

Titre Original : Sen Tai Sai Luang / ส้นตาย สายลวง
2026 – Thaïlande
Genre : Policier
Durée : 2h15
Réalisation : Sitisiri Mongkolsiri
Musique : Chaibovon Seelookwar
Scénario : Tinnapat Banyatpiyapoj et Kongdej Jaturanrasamee

Avec Nittha Jirayungyurn, Esther Supreeleela, Ning Chutima Maholakul, Todsapol Maisuk, Tonhon Tantivejakul, Paowalee Pornpimol et Tony Chen

Synopsis : Trois femmes victimes d’une terrible escroquerie téléphonique décident de régler leurs comptes avec le réseau criminel qui a volé leur argent… et leur dignité.

De nos jours, le nombre d’arnaques, au téléphone et via internet, ne fait que monter. C’était assuré, dès que de nouvelles technologies ou modes débarquent, certains cherchent à en tirer du profit, même si illégalement. Même sans aller dans des extrêmes, qui n’a jamais été embêté par des appels indésirables, du télé marchandage, des mails frauduleux et j’en passe. La meilleure technique semble être finalement un peu de faire… comme moi. Un appel d’un numéro que je ne connais pas ? J’ignore. Mon mail ? Que les gens de confiance ont mon mail privé, une autre adresse servant pour les abonnements et tout le reste, et je ne vérifie jamais la boite de spam. Toujours est-il que même avec ça, oui, mon téléphone sonne, par des numéros commençant toujours par les mêmes chiffres, ceux légalement laissés pour le télé marchandage. Tout le monde connait, tout le monde connait les magouilles, et pourtant, ça continue toujours de plus bel avec des appels venant en réalité d’autres pays, de zones où les techniques sont légales, ou un peu plus grises. The Red Line, métrage Thaïlandais de 2026 qui a eu droit à une sortie internationale via Netflix, parle de ça, de ces gens qui arnaquent, manipulent, trouvent toujours de nouvelles techniques, des policiers impuissants et qui souvent pensent avoir d’autres chats à fouetter, et de ses victimes, vidées de leur argent, et qui pour une fois, vont décider de se faire justice eux-mêmes. Oui, on me dira que se faire soi-même justice, c’est mal, que le cinéma nous le dit depuis plus de 50 ans (comptez le nombre de femmes que Charles Bronson a perdu rien qu’avec la saga des 5 Justicier), mais que voulez-vous… Quand personne ne nous écoute, que la justice traine, autant se faire justice soi-même, quitte à en payer le prix fort par la suite. Au moins, on pourra en tirer une certaine satisfaction. Le métrage est signé par Sitisiri Mongkolsiri, réalisateur peu prolifique (5 films en 13 ans), et si c’est loin d’être parfait, et même parfois un peu longuet, c’était très sympathique.

Son métrage en tout cas, d’entrée de jeu, il parvient à captiver en commençant du côté des victimes, tant il parvient à jouer sur une note à laquelle tout le monde peut s’identifier, celle d’avoir été dupé, celle d’avoir répondu à un appel qui voulait nous arnaquer. Nittha Jirayungyurn, Esther Supreeleela et Chutima Maholakul jouent nos trois héroïnes principales, nos trois victimes, qui vont se rejoindre, et décider qu’il est temps d’arrêter de se laisser faire, et que si la police ne se bouge pas, elles retrouveront elles-mêmes le coupable, avec l’aide de Todsapol Maisuk (Death Whisperer 2), petit génie de l’informatique. Alors oui, dans son genre, les personnages sont un peu faciles, entre les femmes à la maison qui vont se faire justice, surtout qu’on le sait, dans la société Asiatique, on essaye en général de ne pas faire de vague, de ne pas se faire remarquer, quitte du coup à minimiser aux yeux des autres une arnaque pour ne pas trop subir le regard de ces personnes. Oui, on aura bien le petit génie de l’informatique, qui sait tout faire, et sait tout un peu mieux que tout le monde, mais avec une telle histoire, un tel contexte, était-il vraiment possible de faire autrement ? Cela permet en tout cas au récit d’être fluide, même si évidemment, avec ses 2h15 au compteur, cela reste un poil trop long, mais pas dénué de suspense, loin de là, comme lorsque nos jeunes victimes vont tendre le premier piège dans un lieu public aux arnaqueurs. De même, si le film a la plutôt bonne idée de montrer les deux côtés de l’arnaque, en passant également pas mal de temps du côté des arnaqueurs, décortiquant ainsi le fonctionnement de leurs arnaques, les systèmes utilisés, il n’échappe pas là aussi à un certain côté cliché, avec des méchants souvent détestables et prêts à tout… Un rendu donc assez manichéen. Mais The Red Line s’en fiche, il vise plutôt l’efficacité. De ce côté-là malgré les quelques longueurs, et un côté prévisible, tout cela reste plutôt bien rodé et très agréable à suivre, jusqu’au final un brin raté lui, car en faisant trop et donc perdant un peu en cohérence.

Mais jusqu’au final, le film se regarde comme un petit thriller bien rodé, avec ses scènes de filatures, simples mais efficaces, et tout ce qui fait normalement le sel des films d’espionnage, avec surveillance, mise sur écoute des téléphones, et même une petite excentricité avec une de nos héroïnes s’infiltrant dans la base des arnaqueurs. C’est simple, mais efficace, et en prime filmé de manière très solide et même parfois élégante. D’ailleurs, on pourrait aller plus loin et dire que la réussite de The Red Line tient au réalisateur, qui maitrise son suspense, son atmosphère, et rend donc le tout prenant, ainsi qu’aux acteurs, tous excellents dans leur rôle, en particulier le trio de tête, plus qu’au scénario, qui accumule les clichés, les éléments attendus comme ces flics incompétents comme souvent dans le cinéma Asiatique, et qui ne débarquent qu’une fois le plus gros du travail fait par les autres. Mais aussi quelques facilités dans le récit, comme ces personnages qui ne voient pas quelqu’un caché à quelques centimètres d’eux, caché derrière un minuscule bureau. Encore une fois, c’est efficace, donc on passe outre, mais clairement, ces défauts sont là, et pourront en faire tiquer plus d’un. Parfois gros, parfois un peu tiré par les cheveux. Mais The Red Line souffre sans doute de son ambition, scénaristiques, comme s’il ne savait pas toujours du coup comment faire avancer ces situations et le faisait donc maladroitement. Dommage oui, car à côté le réalisateur maitrise son ambiance et son suspense. Mais si vous savez passer outre ces défauts-là, on passe un bon moment devant The Red Line, et comme il n’avait sans doute pas d’autres ambitions, mission accomplie.

Les plus

Un trio de personnages attachants
Une belle mise en scène
Un suspense qui fonctionne
C’est souvent prenant

Les moins

Des facilités
Quelques situations un peu grosses

En bref : The Red Line est un petit thriller très efficace, bien qu’un peu trop long, et qui, malgré des facilités d’écriture énormes, sait captiver grâce à sa solide mise en scène, ses moments tendus, et son trio d’actrices investies.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ The three main characters are likeable
♥ Nicely filmed
♥ The suspense works
♥ It’s often interesting and a nice watch
⊗ The script often uses the easy way
⊗ Some situations are a bit too big to believe
The Red Line is a little effective thriller from Thailand, a bit too long, and despite flaws in the writing, it knows how to entertain thanks to the filmmaker, some tensed moments and three lead actresses, talented.

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