LE REVEIL DE LA MOMIE (Lee Cronin’s The Mummy) de Lee Cronin (2026)

LE REVEIL DE LA MOMIE

Titre Original : Lee Cronin’s The Mummy
2026 – Etats Unis
Genre : Fantastique
Durée : 2h14
Réalisation : Lee Cronin
Musique : Stephen McKeon
Scénario : Lee Cronin

Avec Jack Reynor, Laia Costa, May Calamawy, Natalie Grace, Shylo Molina, Billy Roy, Veronica Falcon, Hayat Kamille, May Elghety, Emily Mitchell et Husam Chadat

Synopsis : Une jeune fille disparue dans le désert égyptien réapparaît mystérieusement huit ans plus tard. Mais les retrouvailles tournent vite au cauchemar. Alors que son comportement devient de plus en plus inquiétant, sa famille se lance dans une course contre la montre pour comprendre l’origine du mal. Ce qu’ils vont découvrir dépasse tout ce qu’ils imaginaient.

Si comme moi, l’Egypte, les pharaons, les momies et autres malédictions sont une de vos passions, heureusement le monde du cinéma y revient, souvent, par période. Ça ne veut pas dire que c’est toujours bon, loin de là. Pour un bon La Momie de Stephen Sommers, on aura eu une suite bancale et une seconde suite bien ratée. Sans oublier la saga de DTV du Roi Scorpion qui à ma connaissance compte 5 films tout de même. N’oublions pas également le bien raté La Momie de 2017 avec Tom Cruise, et tout un tas d’autres essais plus ou moins oubliés, comme La Malédiction de la Momie de Russell Mulcahy en 1998, ou de manière un poil plus large, Belphégor en France, en 2001. Et ça tombe bien, car justement, après avoir vu les deux métrages cités (et donc, ratés), voilà que la nouvelle version de La Momie, signée Lee Cronin (Evil Dead Rise), a débarqué sur les écrans. Passons sous silence ces titres, puisqu’autant en VO (le fameux Lee Cronin’s The Mummy, faisant croire à un réalisateur qui a le melon malgré sa courte filmographie, choix du producteur Jason Blum et de la Universal) qu’en VF (Le Réveil de la Momie donc), ce n’est pas fameux, pour nous concentrer sur l’essentiel, à savoir un film qui s’annonçait comme assez méchant d’après les bandes annonces et quelques critiques. Et pourtant au départ, et ce malgré la très bonne tenue visuelle du film, je n’avais pas vraiment envie d’y croire, tant le métrage tourne quasi intégralement le dos à tout ce qui concerne l’Egypte passé son prologue, allant jusqu’à quitter le pays (et non, il n’y aura pas de musée et de momie exposée), et donc à la marque même de La Momie, que ce soit le film de 1932 (avec Boris Karloff), celui de 1959 (chez la Hammer) ou de 1999 (de Stephen Sommers). Oublions définitivement la version de 2017. Une famille travaille en Egypte, la fille, Katie, est enlevée, et après un bon temporel de 8 années, alors que la famille est retournée vivre en Amérique, voilà que Katie est retrouvée.

Dans un sarcophage. Vivante. A partir de là, le film prend des airs de film bien plus actuel et plus intéressé par l’horreur dite Américaine plutôt que par l’horreur à base de malédiction et autres mythes. Même s’il y reviendra par la suite. Mais le métrage de Lee Cronin dure plus de deux heures, 2h14 pour être exact, et la majeure partie du temps, on a en réalité l’impression de voir une extension de son film précédent. Encore des enfants qui vont prendre cher, encore une pseudo possession, encore une famille, encore du gore qui fait mal. Ceci dit, le réalisateur a l’air d’y aller encore un peu plus franco, car là où Evil Dead Rise avait des idées mais se montrait finalement presque sage par moment, ici, c’est différent, puisqu’on a l’impression de voir une touche de gore (qui fait parfois mal, pensez fort aux ongles de pieds) qui viendrait dynamiter la formule Blumhouse, souvent plus habituée aux métrages sans grandes ambitions et surtout essayant de viser un maximum le grand public, et donc en minimisant la violence graphique. La sensation est accentuée par les tics de mise en scène du réalisateur que l’on reconnait, dans la façon de cadrer certaines actions, dans son usage de la demi-bonnette, et dans le sadisme de vouloir s’en prendre à la famille et aux enfants. Et au final, et bien ça fonctionne, car malgré sa durée (et oui, c’est trop long, clairement), Le Réveil de la Momie n’ennuie pas, et enchaine assez rapidement les scènes sanglantes, en cherchant toujours à aller un peu plus loin, pour briser quelques os, pour arracher des lambeaux de peaux, ou pour contorsionner la pauvre Katie. Ça fonctionne bien, parfois même très bien, car Lee Cronin, également seul auteur du scénario, s’applique. Dommage que parfois, il a recourt au pire de ce que le cinéma horrifique de notre époque nous donne, à savoir, des jumpscares auditifs. Néanmoins là aussi, c’est à minimiser, car là où le Conjuringverse nous abreuve parfois de jumpscares sur des films de 1h30 seulement, ici l’effet se dilue sur une durée plus longue, et donc laisse un peu plus le temps de respirer.

Et en réalité, pas bien grave, car si le début laisse songeur, et que sa première partie me laissait présager le pire, le métrage finalement effectue donc presque un 180 degré salvateur, à la fois par sa surenchère dans la souffrance et le sang, et surtout en ramenant, doucement mais sûrement, un mythe plus proche de ce que l’on connait dans le fond sur le devant de la scène. Sans changer son fusil d’épaule visuellement (donc, ça doit arracher de la chair), mais en le transposant donc dans l’univers que l’on était en droit d’attendre d’un tel film. Un peu comme si l’Egypte rencontrait Evil Dead donc. Ce que finalement, l’on était presque en mesure d’attendre vu la courte filmographie du réalisateur, encore une fois. Maisz grâce à sa technique, ou sa capacité à s’entourer à chaque fois de bons techniciens, au choix, la pilule passe, et à partir du moment où l’on accepte ce postulat de pure série B, jamais flippante, mais souvent amusante, on passe un excellent moment, et ces vrais défauts ne sont pas toujours ceux que l’on voit aux premiers abords. Oui, sa durée, excessive, qui aurait pu, avec quelques coupes dans sa première partie, améliorer le rythme, ça joue, mais au final, on pourrait aussi tout simplement pointer du doigt l’épilogue du film, qui après un final qui se lâche, part dans un happy ending assez mal venu finalement. Et comme la plus grande impression que l’on garde en sortant de la salle, c’est le final, c’est dommage pour lui. Mais je n’aurais pas boudé mon plaisir, et après les trop nombreuses déceptions horrifiques début 2026 (coucou Christophe Gans), ce film à l’ancienne sur pas mal de points fait du bien, surtout qu’il fut suivi par du bon en salles (Obsession, Hokum, Backrooms et d’autres).

Les plus

Une violence qui fait mal
Une très bonne tenue visuelle
Dans le fond, du bis à l’ancienne, fun
Quelques idées qui font plaisir

Les moins

Ça délocalise très vite loin de l’Egypte
Une première partie qui fait peur (jumpscares, possession)
Le happy ending
Trop long (2h14)

En bref : Le Réveil de la Momie n’est ni le carnage annoncé par certains, ni la bombe annoncée par d’autres, mais juste une petite série B sans prétention, un poil trop longue et prévisible, mais qui se suit bien et montre une vraie escalade dans la violence.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Some violent parts are painful
♥ Visually, it’s good
♥ Some good old fun B movie
♥ A few ideas are nice
⊗ It leaves Egypt so fast
⊗ The first part can be scary (jumpscares, possession, the usual PG13 formula)
⊗ The happy ending
⊗ Too long (134 minutes)
Lee Cronin’s The Mummy is not the bad film some said, and not the crazy gory film some others said, but just a little fun B movie, a bit too long and predictable, mais easy to follow and more violent as the minutes go on.

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