SAILOR SUIT AND MACHINE GUN GRADUATION (セーラー服と機関銃 -卒業-) de Maeda Kôji (2016)

SAILOR SUIT AND MACHINE GUN GRADUATION

Titre Original : セーラー服と機関銃 -卒業-
2016 – Japon
Genre : Policier
Durée : 1h52
Réalisation : Maeda Kôji
Musique : Kida Shunsuke
Scénario : Takada Ryo

Avec Hashimoto Kanna, Hasegawa Hiroki, Ando Masanobu, Ohno Takuro, Uno Shohei, Furutachi Kanji, Tsurumi Shingo, Enoki Takaaki et Ibu Masatô

Synopsis : Hoshi Izumi est en dernière année au lycée. Elle a mené durant son année précédente un groupe yakuza, qui fut ensuite démantelé après qu’elle a retrouvé le meurtrier de son oncle. Izumi a maintenant une vie plus ou moins ordinaire et gère un café avec les anciens yakuza du clan.

Sailor Suit and Machine Gun, l’original de 1981, qu’on le veuille ou pas, est un film culte. Alors, mon avis, il est clair, le métrage a toute ma sympathie, malgré ses longueurs, malgré qu’il n’ait rien de véritablement exceptionnel, et malgré le fait que le fantasme créé via son titre arrive finalement très tardivement dans le métrage, et soit au final une des scènes les plus « passe-partout » du métrage. Mais voilà, entre le ton léger du métrage, la mise en scène solide qui ose quelques petites expérimentations, le joli minois de Yakushimaru Hiroko, effigie à l’époque de la Kadokawa que l’on retrouvera chez pas mal des grands réalisateurs de l’époque (Satô Junya, Obayashi, Fukasaku et sa Légende des Huit Samouraïs) et son côté presque avant-gardiste (ça a beau être sur le ton de l’humour improbable, on met quand même une femme à la tête d’un clan yakuza), j’aime le métrage, et l’édition Blu-Ray sortie chez Arrow il y a déjà quelques temps en Angleterre est impeccable. Mais au Japon, le métrage est plus que culte. La musique du film, dont le thème est chanté par l’actrice elle-même fut en tête des ventes, une première série continuant l’intrigue fut diffusée dès 1982, une seconde série débarqua en 2006. Et en 2016, pour les 35 ans du film original, voilà que la Kadokawa décide de déterrer Sailor Suit and Machine Gun pour livrer non pas une suite, non pas un remake, mais un peu des deux à la fois. Ou une suite spirituelle comme certains aiment l’appeler. Le projet débarque entre les mains du réalisateur Maeda Kôji, qui a déjà quelques films à son actif, mais dont la filmographie est loin d’en faire un candidat excitant pour redémarrer la franchise ou lui rendre hommage, tandis que l’écriture du projet casse-gueule est confiée à Takada Ryo, à la carrière plus variée et remplie, et ayant quelques comédies à son actif, mais également des films plus sombres. Quant au fameux rôle-titre, qui succédera à Yakushimaru Hiroko ? Il faut quelqu’un qui, comme l’actrice du film original, soit une idole, qui possède une certaine aura, une portée auprès du public actuel. Le rôle sera confié à Hashimoto Kanna. Idole de base, membre d’un groupe évidemment, elle débutait au cinéma. Parfait donc. Et un choix au final judicieux, surtout quand, 10 ans plus tard, on trouve dans sa filmographie des Kingdom, 12 Suicidal Teens, Re/Member, Signal 100, et aussi évidemment quelques gros ratés.

Est-ce que ça valait le coup de livrer cette suite spirituelle ? Bon, et bien, non. Non pas que le métrage soit intégralement mauvais, mais contrairement au métrage original, pourtant lui-aussi blindé de défauts, il lui manque ce petit quelque chose qui nous fait passer outre les défauts, qui le rend attachant. Tout en ayant en prime son lot de défauts en plus. Mais après, est-ce que le métrage pourrait marcher sur un public qui ne connait pas le film original ? Peut-être au final, et c’était peut-être le but. D’où cet entre-deux étrange, entre suite et remake, tout en réécrivant également quelques événements du film original, ce qui en fait une « fausse suite », ou un reboot. Ici donc, nous suivons toujours Izumi, sauf que malgré les quelques différences (son oncle a été tué devant ses yeux), le film original a déjà eu lieu, et donc, la scène culte de la mitrailleuse aussi, et donc le clan yakuza a été démantelé. Izumi est donc retournée au lycée, est en dernière année, d’où le sous-titre du film, Graduation. Izumi gère un petit café, ses employés sont les anciens membres du clan, sauf que rapidement, les soucis reviennent au galop, entre une amie qui demande son aide face à une agence de modèle qui se servirait des modèles de manière pas très légale, et d’autres problèmes qui vont faire que la population va voir le café d’un mauvais œil. Vouloir livrer une suite, et donc raconter une nouvelle histoire, c’est tout à l’honneur du film, qui évite donc la redite (dans les faits), mais aussi qui évite de trop surfer sur le film original, et donc de jouer au jeu des comparaisons. Le souci, ou les soucis, c’est que le film ne respecte pas toujours cette ligne de conduite, revenant souvent sur les rails du métrage original, en allant jusqu’à reproduire certaines scènes, dont, bien évidemment, la fameuse scène donnant le titre aux métrages. Second souci, et pas des moindres, c’est qu’en reprenant l’intrigue après le premier film, mais en racontant quelque chose souvent d’un peu trop similaire (oui Izumi se fera également capturer encore une fois par un clan rival), le film se tire aussi une balle dans le pied au niveau des personnages.

Izumi dans le film original, malgré sa naïveté, son côté aussi dans un sens un peu grande gueule, était attachante, et se devait d’évoluer, commençant comme simple lycéenne avant de prendre les armes lors du final. Mais ici, Izumi a donc déjà vécu tout ça, en est déjà à ce stade, et donc la voir finalement revivre certains événements, se faire de nouveau capturer, hésiter encore à agir avant finalement de prendre les armes, pour encore avoir des tirs de mitrailleuse au ralenti avec la même réaction de la part du personnage, ça fonctionne moins, car Izumi n’évolue juste pas du tout de tout le métrage. Elle n’est plus la petite lycéenne qui évolue, mais juste ce qu’elle était devenue, du début, à la fin. Ce qui ne serait pas si grave en soit, si le reste suivait, sauf que Graduation dure, comme le métrage original, quasiment deux heures. C’était déjà trop long dans le premier, et c’est encore plus long ici, surtout que privé d’évolution, les personnages trainent la patte, et du coup, le film également, avec un gros ventre mou pas bien passionnant. Et ça c’est vraiment terrible pour le film. A tel point qu’au final, je serais moins critique envers la mise en scène, qui est loin de m’avoir convaincu, mais qui reste propre. Juste sans doute, plus dans l’ère du temps, avec sa caméra portée suivant les personnages. Plus classique donc, là où le premier tentait presque de filmer chaque scène en un seul plan, ou cherchait l’originalité. Ici, c’est plus classique, plus découpé, plus coloré également. Et arrivé au bout des deux heures, tout ça pour arriver à un final certes plus violent mais assez identique dans les faits, ainsi que ce que le titre (Graduation) nous laisser attendre, on ne peut qu’être déçu du résultat. Bancal, trop long, manquant parfois un peu de peps, mais pas intégralement mauvais, étant fait avec sérieux, avec quelques bons moments. Quant à Hashimoto Kanna dans le rôle-titre, elle livre une prestation au final extrêmement différente du film original, en faisant presque un personnage plus calme, plus sage. A vous de voir votre préférence sur ce cas.

Les plus

En étant une suite, devrait éviter trop de redites
Plus moderne sur pas mal de points
Hashimoto Kanna livre une Izumi différente
Des fusillades violentes

Les moins

Un gros ventre-mou
Encore quasi 2h
Trop de similitudes avec l’original
Suite, remake, reboot, on ne sait pas trop parfois
Des personnages sans évolution

En bref : Sailor Suit and Machine Gun Graduation veut être une suite spirituelle du film culte de 1981, mais se faisant, se rate sur pas mal de points. Pas désagréable, mais bien moins attachant.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ As a sequel, it should avoid to be the same
♥ More modern on some themes
♥ Hashimoto Kanna delivers a different Izumi
♥ Some violent shootouts
⊗ The pacing is not great during the middle
⊗ Again, almost 2 hours
⊗ Too similar with the original
⊗ Sequel, remake, reboot, we don’t know sometimes
⊗ No evolution for the characters
Sailor Suit and Machine Gun Graduation wants to be a spiritual sequel to the cult 1981’s film, good, but it misses the point on many things. Not unwatchable, but less likeable.

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