Titre Original : Avatar Fire and Ash
2025 – Etats Unis
Genre : Science Fiction
Durée : 3h17
Réalisation : James Cameron
Musique : Simon Franglen
Scénario : James Cameron, Rick Jaffa et Amanda Silver
Avec Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver, Stephen Lang, Oona Chaplin, Kate Winslet, Cliff Curtis, Joel David Moore, Edie Falco et Brendan Cowell
Synopsis : Jake Sully et sa famille vivent toujours parmi les Metkayina, à proximité d’un magnifique récif de corail de la planète Pandora. Ils doivent apprendre à surmonter la perte de Neteyam, tué au cours d’un violent affrontement avec le « Peuple du ciel » de la RDA (Resources Development Administration). Jake, Neytiri, Lo’ak, Tuk, Spider et Kiri sont confrontés, chacun à leur manière, à une forme de deuil.
La saga Avatar, ça devient de plus en plus compliqué. Mais comme disait un ami, Avatar 3 peut au moins se vanter de toujours être dans le top 3 des meilleurs films Avatar… En 2009, James Cameron se lance dans un défi fou, et lance sur les écrans le premier Avatar, qui remet sur le devant de la scène la 3D, pousse les nouvelles technologies dans leurs derniers retranchements, mais aussi, force un poil les cinémas, même les plus petits, à passer à la 3D et aux projections numériques. Un scénario simpliste et prévisible, un univers entièrement virtuel qui ne me parle pas franchement surtout que malgré sa promesse de planète alien, Cameron ne sait pas toujours quoi faire de sa faune et sa flore, et que ses personnages sont finalement motivés, tous autant qu’ils sont, par des émotions très humaines. 13 ans d’attente, et le second opus débarque en 2022. Déjà, une petite impression de redite, dans la construction du récit, dans ses ressorts scénaristiques et dramatiques, mais avec 13 ans d’attente, forcément, un nouveau bond technologique, énorme, pour un film visuellement bluffant. Et étonnement, malgré sa durée de 3h10, ça passait encore, notamment car Cameron avait la bonne idée de poser sa caméra durant son milieu de récit pour un nouvel environnement filmé de manière contemplative, et oui, c’était très beau. Mais avec Avatar 3, nommé donc De Feu et de Cendres, à peine trois ans après la précédent, évidemment, certains défauts évidents passeraient moins, car la technologie utilisée reste exactement la même que pour la second film. En toute logique, les défauts seront donc plus voyants, plus gênants. Et comme ça dure 3h17, forcément… Cela s’est vu dans l’accueil du film, plus réservé niveau public mais aussi critique, et surtout dans son box-office, dont les 1 milliard 485 millions feraient saliver le reste de l’industrie, si Avatar 3 n’avait pas coûté 400 millions déjà, et surtout si les deux précédents volets n’avaient pas tous les deux franchis la barre des deux milliards pour être les premiers et troisième plus gros succès de tous les temps. Avatar s’épuise, le public se lasse, et Cameron lui avait cher à jouer, et a sans doute joué la sécurité, car Avatar 3 n’est en réalité qu’un Avatar 2.1, pas dénué de qualités car il faudrait être aveugle pour dire le contraire, mais plombé par de fausses promesses, des longueurs, et des choix discutables.
On nous promettait un nouveau peuple, un nouvel environnement, un propos moins manichéen avec des humains gentils et des Navii méchants. Promesses non tenues au pire, bancales au mieux. Le nouvel environnement, donnant le titre au film, avec le feu, les volcans, les montagnes, se résumera basiquement à une scène de cinq minutes, Cameron préférant souvent retourner dans l’eau, comme pour rentabiliser la technologie d’Avatar 2, mais donnant un gros côté redite à son métrage, surtout quand son long final est, basiquement, un simple copier-coller du précédent. Le nouveau peuple, il est là, surtout exploité ceci dit dans la première moitié du film, avec ce nouvel antagoniste jouée par Oona Chaplin, Varang. Et là déjà, c’est compliqué, Varang étant, visuellement, dans le design, dans le jeu, excellente. Sauf que passé quelques scènes, le film ne sait plus quoi en faire et en fait donc juste le bras droit du méchant de la saga, Quaritch (Stephen Lang), et ne devenant lors de la seconde moitié qu’un personnage secondaire voire tertiaire de son propre film. Quant aux humains censés être moins manichéens, là aussi c’est compliqué. L’intention était louable, logique, le résultat bancal, quand pour faire ça, Cameron ne nous donne que le Dr Garvin et ses trois malheureuses scènes, qui ne semble être là finalement que pour libérer Jake après sa capture par les méchants humains, et ne reviendra plus jamais dans le récit. Et il y a Spider, le petit homme déjà là dans le second volet, Jack Champion, qui finit par devenir énervant. Les promesses du film sont bancales, alors que souvent, Cameron semble presque nous dire qu’il veut du changement, mais il semble souvent apeuré par ce changement, retournant à ce qu’il connait, à ses thématiques de toujours, à l’eau. Il change par exemple la voix qui vient nous narrer le film. Dans les deux précédents volets, c’était Jake. Normal, c’est le héros. Ici, ce sera son fils. Une bonne idée surtout vu l’intention (plus ou moins avouée il me semble) de finir par passer le flambeau entre les adultes et les enfants. Mais s’il est bien la voix qui vient introduire le film et le conclure, durant le reste du film, c’est quoi, 20 minutes à l’écran, pour un arc secondaire peu palpitant et en plus identique au second volet (quitter le village pour chercher son frère dans les eaux, puis revenir, et désobéir à quelques ordres lors du final). Avatar a peur d’avancer, de changer.
Le souci, c’est lorsque les qualités à côté ne suffissent plus pour sauver le navire. Car oui évidemment, avec son budget de 400 millions et le perfectionnisme de Cameron, c’est toujours visuellement bluffant, même si pas si impressionnant qu’autrefois (encore une fois, même technologie que le second volet, sorti seulement en 2022). Oui les scénes d’action, nombreuses, sont parfaitement filmées et chorégraphiées, et en prime, les acteurs sont encore une fois bons, que ce soit ceux présents depuis le premier volet, ou bien les nouveaux (Oona Chaplin, la plus belle opportunité manquée du film). Mais entre ses défauts déjà énoncés, sa répétitivité, son côté redite avec le précédent, ses opportunités jamais exploitées, Avatar 3 se paye le luxe d’avoir également d’autres éléments foirés. D’autant plus dommage que la première heure laissait présager justement un film bien plus sombre, différent, en abordant le deuil et la manière de le vivre chez les différents membres de la famille, entre culpabilité, haine envers l’envahisseur (et donc, racisme), envie de suicide, il y a du contenu assez lourd. Vite éclipsé pour livrer du grand spectacle. Car Avatar 3 n’a même pas cette envie de découverte présente dans le second opus, déjà car il nous refuse de passer du temps dans son nouvel environnement, mais qu’en prime, sa narration refuse aussi de se poser. Pas de contemplation, rien, il faut de la baston. Dans l’eau, dans les airs, sur terre, en forêt, partout. Et puis il y a le personnage de Kiri (Sigourney Weaver), grande réussite du second film à mes yeux, et … grand échec de ce troisième film, puisqu’elle n’est plus qu’un deus ex machina sur patte, dont le film se servira autant que nécessaire. Un personnage va mourir ? Kiri va le sauver en trouvant au pif la solution. Une bataille semble perdue ? Kiri sera là pour faire ce qu’elle n’arrivait pourtant pas à faire avant, dans une scène frisant d’ailleurs le ridicule dans sa représentation d’un élément. Et il y a Quaritch, dont Cameron a peur de se séparer, à tel point que cela devient lassant, en particulier dans ce troisième film, de le voir poursuivre Jake, l’avoir enfin devant lui, mais que pour une raison ou une autre, soit ils vont s’allier, soit devoir se sauver, juste pour que tout cela continue dans un éventuel quatrième film. Et du coup au bout de 3h17, le verdict est sans appel. Si c’est toujours beau pour les yeux, que ça se regarde, Avatar 3 passionne moins, n’a plus le facteur nouveauté ou waou, et laisse de glace.

Les plus
Visuellement ça reste très beau
Pas ennuyeux
Blindé d’action
Les moins
Une grosse redite du précédent
Un refus d’avancer flagrant
De nouveaux éléments bons, mais jamais exploités
Kiri qui n’est qu’un deus ex machina
En bref : Avatar de Feu et de Cendres, malgré quelques bons éléments et bonnes pistes, ne tient pas ses promesses, se reposant trop sur ses lauriers et livrant une copie un peu trop voyante du précédent volet. Même ses grandes promesses de nouvel environnement et de nouvel antagoniste ne sont jamais exploitées à fond.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ Of course visually it’s impressive ♥ Never boring ♥ Full of action |
⊗ Pretty much the same as Avatar 2 ⊗ It doesn’t want to move forward ⊗ Some good new elements… in the background ⊗ Kiri is now only the deus ex machina of the film |
| Avatar Fire and Ash, despite a few good points and leads, doesn’t keep up to its promises, only delivering a copy of the previous entry. Even the big promises of a new environnement, new bad guy, it’s never really used. | |
