Titre Original : The Strangers Chapter 1
2024 – Etats Unis
Genre : Home Invasion Chapitre 1
Durée : 1h32
Réalisation : Renny Harlin
Musique : Justin Caine Burnett
Scénario : Alan R. Cohen et Alan Freedland
Avec Madelaine Petsch, RyanBown, Matus Lajcak, Olivia Kreutzova, Letizia Fabbri, Froy Gutierrez, Ben Cartwright et Richard Brake
Synopsis : Lors d’un road-trip en amoureux, un jeune couple tombe en panne et doit s’arrêter dans un village reclus. Ils vont vivre une nuit de terreur en affrontant trois individus masqués, qui sans motif apparent, veulent les tuer.
On sait que depuis des années, l’industrie du cinéma tourne en rond, et pas seulement qu’à Hollywood, et pas seulement pour les gros studios non plus. Les petits studios et autres pays sont aussi frappés par ça. Sinon, nous n’aurions pas eu à souffrir le martyrs devant un Sadako DX par exemple. Le cas The Strangers, aussi appelé Les Instrus, il est passionnant car il est à la fois représentatif de ce que font les gros studios, mais à plus petite échelle, et avec un succès avant tout d’estime. Car au départ, il y a The Strangers en 2008, premier film de Bryan Bertino (dont j’avais adoré son The Monster en 2016). Un concept simple, un film simple, 1h26 seulement au compteur, un budget réduit de 9 millions, et… 82 millions récoltés dans le monde. Ça aurait pu immédiatement lancer une franchise, même si le propos était simpliste, et pourtant, la suite ne débarqua que des années plus tard, 10 ans après, avec The Strangers Prey at Night, signé ce coup-ci par Johannes Roberts (47 Meters Down, le récent Primate), même si Bryan Bertino restait au scénario, aidé par Ben Ketai, réalisateur du mauvais 30 Jours de Nuit 2, et étonnement, du jeu vidéo Quantum Break. Et l’engouement du public était déjà moindre, avec seulement 31 millions au box-office (pour un budget de 5 millions, donc toujours rentable malgré tout). Dans un monde normal, ça aurait été la fin, ou alors la saga aurait continuée directement en vidéo avec des petits films leur faisant suite, jusqu’à ce que ce ne soit plus jugé rentable. Et pourtant, voilà qu’en 2024 débarque une réadaptation. Sacrément ambitieuse sur le papier, puisque c’est une trilogie, filmée d’une traite, avec Renny Harlin à la barre, et beaucoup de promesses. Car c’est bien connu, avec un home invasion sur des tueurs masqués, des intrus (strangers, donc, des inconnus), et un texte d’ouverture qui nous annonce que les meurtres faits au hasard sont nombreux aux Etats Unis, quoi de mieux que de faire une trilogie pour avoir le temps de nous expliquer le passé des tueurs, retirant alors tout aspect « inconnu » des strangers, et en prime, en retirant donc aussi l’aspect hasard de l’équation. Ça part mal dès le départ donc, avec une trilogie lancée pour de mauvaises raisons, et de façon incompréhensible, comme si les producteurs derrière déjà ne comprenaient même plus le simple concept de base, et qu’en plus, ils pensaient tellement avoir un projet en béton digne des plus grandes sagas horrifiques qu’ils pouvaient lancer trois films d’un coup.
Le retour à la réalité a dû leur faire mal, avec un retour sur investissement de plus en plus petit à chaque film, des critiques désastreuses à la fois de la presse et du public, et un désintérêt total arrivé au troisième opus, sorti dans l’indifférence aux Etats Unis, et devenant un peu partout un vulgaire DTV. Une trilogie mal pensée dès le départ, sans doute faite pour de mauvaises raisons aussi, mais qui, histoire de nuancer, ne constitue pas non plus le bas du panier de la production horrifique Américaine. Bon, ce point-là, on peut remercier Renny Harlin, qui apporte une touche pro techniquement parlant au projet. Car ce premier chapitre, et ce sera le cas pour les suites, il est bien rodé visuellement, propre, avec une mise en scène et des mouvements de caméra élégants, une photographie passe-partout mais pas dégueulasse pour autant, bref, un vrai sérieux technique, que l’on retrouve jusqu’au travail sur l’ambiance sonore, que ce soit les bruitages, les sons environnants, ou les musiques d’atmosphères censés faire monter la tension. Ce sérieux technique, on le doit bel et bien à Renny Harlin, et ce même s’il s’est montré plus inspiré par le passé dans le genre horrifique, et plus généreux également en effets sanglants. Que ce soit à ses débuts avec Prison ou Le Cauchemar de Freddy, ou encore plus récemment avec Peur Bleue ou l’immonde Exorciste au Commencement, Harlin s’est déjà montré plus frontal. Mais ce premier chapitre étant un home invasion, avec un nombre de personnages très limité, pas de vraie surprise non plus à voir un film qui prend son temps, et n’accumule donc pas les victimes et les effets sanglants. Bref, techniquement, c’est solide. Et le reste ? C’est malheureusement là où l’on peut trouver à redire sérieusement sur le projet. Déjà car ce premier chapitre, il est proche, très proche de ce que cette saga nous a déjà donné par le passé. Si bien qu’en fait, cette trilogie aurait tout simplement pu commencer au second opus, faisant suite au film original.
Un défaut évident, sans doute moins lorsque l’on ne connait ni la saga, ni franchement le genre abordé, mais clairement gênant pour les autres. Evidemment, ce chapitre 1 pourrait sauver les meubles grâce à son efficacité par exemple, sa tension, ses rebondissements. Sauf que là aussi, sans être honteux, il va falloir être bien modéré. Car à aucun instant le film ne justifie en réalité vraiment son existence. Renny Harlin s’applique pour filmer oui, Madelaine Petsch est investie et convaincante, à défaut d’avoir un personnage franchement bien écrit et avec beaucoup de jugeotte, mais jamais le métrage ne parvient à justifier qu’il n’est qu’une introduction. Une introduction qui, dans un monde parfait, n’aurait pas été faite car le premier métrage de la saga existe déjà, ou qui serait resté à ce stade, celui d’une introduction avant le vrai film. Mais là nous avons un film qui aurait pu être une introduction, certes longue de 30 ou 40 minutes, étirée bien plus que de raison pour tenir sur 1h30 et être donc un film entier, à part entière. Et c’est là où l’on comprend facilement l’énervement du public face à cette trilogie étirée. Ce premier chapitre est mou, met des plombes à démarrer, en plus d’être plutôt avare en réelle tension, à un ou deux moments près (le moment où Maya se cache dans la forêt, sous des branches, est plutôt bien fichu), mais aussi avare en hémoglobine. Surtout quand tout semble être là juste pour préparer la suite, comme ce caméo bien visible mais inutile de Richard Brake en shérif, sans une seule ligne de dialogue, comme pour que le spectateur présent le remarque et ne comprenne qu’il sera là dans le chapitre 2. Ou ce plan final, annonçant lui aussi clairement le chapitre 2, comme pour nous prévenir que les choses vont enfin se bouger. Et elles ont vraiment intérêt à se bouger, car en l’état, ce chapitre 1, sans être catastrophique, est juste lisse, simpliste, et pas vraiment palpitant. Pas mauvais, regardable si l’on n’a rien d’autre sous la main, mais plus que dispensable.

Les plus
Techniquement, du bon boulot, soigné
Une petite poignée de scènes inspirées
Oui, ça se regarde d’un œil distrait
Les moins
Il ne se passe pas grand-chose
Avare en suspense, tension, meurtres, sang
Un prologue étiré en un film entier de 1h30
En bref : The Strangers Chapter 1, c’est comme The Strangers en 2008, rien de plus. Propre techniquement, mais une intro bien trop longue étirée pour tenir sur un long métrage, et donc forcément, c’est longuet.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ Technically it’s pretty strong in fact ♥ A few scenes are inspired ♥ Yes, it’s clearly watchable |
⊗ Not much is happening ⊗ Not much suspense, or murders, or blood ⊗ It feels like a stretch out introduction for 90 minutes |
| The Strangers Chapter 1, it’s just like The Strangers in 2008, nothing more. Technically it’s not awful, far from it, but it’s just a long introduction, stretch out to a feature length, and so, it’s a bit long. | |




















