BORDERLINE de Jimmy Warden (2025)

BORDERLINE

Titre Original : Borderline
2025 – Etats Unis
Genre : Suspense
Durée : 1h34
Réalisation : Jimmy Warden
Musique : Mondo Boys
Scénario : Jimmy Warden

Avec Samara Weaving, Ray Nicholson, Eric Dane, Jimmie Fails, Alba Baptista, Patrick Cox, Yasmeen Kelders et Catherine Lough Haggquist

Synopsis : Dans le Los Angeles des années 1990, un garde du corps protège une superstar de la pop et son petit ami athlète d’un harceleur déterminé.

Si Borderline est le premier long métrage de Jimmy Warden, le monsieur, également scénariste du film, a une carrière pour le moins atypique. Car ses premiers pas dans le monde du cinéma, il les fait en 2017 en jouant un minuscule rôle dans The Babysitter, où il rencontre justement Samara Weaving, tenant le rôle principal. De cette rencontre naquit plusieurs choses. La première, c’est qu’il passa scénariste sur la suite de The Babysitter, le fameux Killer Queen (et ce n’était pas bon du tout), mais aussi qu’il épousa Samara Weaving. Mais en 2023, un projet le met sur le devant de la scène, malgré la qualité toute relative (c’est pas terrible) du film, puisqu’il est derrière le scénario du film au concept rigolo Cocaine Bear. Cette mise en avant est sans doute ce qui lui permet deux ans plus tard de passer réalisateur avec ce Borderline, où il donne le rôle principal à sa femme, évidemment, mais dont le casting est complété par du beau monde, notamment Ray Nicholson, le fils de Jack, et Eric Dane. Samara Weaving joue donc une star de la pop, Ray Nicholson joue le psychopathe harceleur, et Eric Dane le garde du corps. Tout ça pour ce qui devient quasiment un huis clos entre une poignée de personnages, dans le Los Angeles des années 90, et forcément avec Jimmy Warden au scénario, un huis clos pas toujours bien sérieux, ou du moins, un huis clos aux personnages et situations assez perchés. Moyen et insignifiant comme les deux précédents scénario du réalisateur ? Ça ne vole pas bien haut en effet, ce n’est pas inoubliable, mais grâce à l’humour du film un peu moins lourdingue que sur un Cocaine Bear, et grâce au casting appliqué, ça parvient à divertir pendant 1h35 sans trop de mal. Jamais exceptionnel, souvent un peu facile, mais aussi souvent amusant. Paul est donc un jeune homme qui a quelques petits soucis psychologiques, et se fait un film dans sa tête. Celui qu’il est en couple avec la star Sofia, et va l’épouser. Ces précédentes approches, dont la scène d’ouverture, lui valent d’ailleurs de passer quelques temps à l’ombre, car bon, poignarder les agents de sécurité, ce n’est pas hyper sympa dans le fond.

Mais six mois plus tard, le bougre parvient à s’échapper de l’institut où il était, embarquant avec lui deux autres personnages pas franchement mieux dans leur tête, et se remet à courir après Sofia, qu’importe si elle a déménagé, est en couple maintenant avec Rhodes, et qu’importe si la sécurité a été un poil vue à la hausse. Paul, c’est un homme motivé, et avec son équipe, il va faire tomber chaque obstacle un par un, jusqu’à arriver à Sofia, dans le but ultime de l’épouser. Voilà, pour tous ceux qui s’offusquent sur un bisou sur une princesse endormie chez Disney, là vous avez le vrai bisou et plus non consentant par un homme se prenant pour un prince. Et Borderline, s’il s’avère plutôt inoffensif, et semble plus être là pour la blague qu’autre chose (non, n’attendez pas un discours sur les maladies mentales), c’est un moment divertissant. Déjà car oui, depuis le temps, Samara Weaving qui doit survivre, crier et possiblement être couverte de sang, c’est quelque chose qu’elle sait bien faire, et qu’on pourrait limite appeler donc le Bloody Samara Cinematic Universe à force, entre les deux Ready or Not, les deux The Babysitter, le récent Azrael, Mayhem, Guns Akimbo et tant d’autres (et depuis, le très fun Over Your Dead Body sur Prime). Elle aime le bis, elle aime le bis à tendance légère et fun, et elle maitrise donc parfaitement ce type de personnage, même si ici, ce ne sera pas elle qui est perchée, mais bien Ray Nicholson, qui semble vouloir marcher sur les plates-bandes de son père, le ton léger en plus donc. Lorsqu’il est en costard, face caméra avec son grand-sourire, comment ne pas penser à son père, même si ça, il l’avait en fait déjà fait l’année précédente dans Smile 2. Il vole limite la vedette à tout le monde dès qu’il est à l’écran d’ailleurs, à l’exception de l’hilarante scène du piano entre Samara Weaving et Alba Baptista, sans doute l’un des meilleurs moments du métrage.

Les autres personnages sont en retrait, à l’exception de l’increvable garde du corps joué par Eric Dane (Americana, ou le héros dans Feast… pendant 10 minutes), et par moment, du petit ami joué par Jimmie Fails, qui va se retrouver dans des situations compliquées par la suite. Le métrage se déroule, grosso modo, sur une seule nuit, et à 80% dans la maison de la star Sofia. L’énergie des acteurs ainsi que le rythme général agrémenté de nombreux moments comiques gagnent l’adhésion du spectateur, à condition évidemment de ne pas attendre trop du métrage. Car encore une fois, ça ne va jamais bien loin avec les sujets abordés, et même niveau humour, on aurait pu attendre quelque chose de beaucoup plus méchant, mais ce ne sera absolument pas le cas, le film attendant tout de même un sacré bout de temps avant d’oser faire du mal à ses personnages, et même là, on se dit souvent que ça reste la plupart du temps assez timide. L’on prendra plus de satisfaction face aux réactions ironiques de Samara Weaving que des rares effusions de sang. Même l’humour, s’il fait souvent sourire, n’est jamais franchement bien méchant, à une ou deux exceptions près (le premier pétage de plomb d’Alba Baptista). Assez inoffensif donc. Il y avait pourtant tant à faire, avec justement cette culture des stars, le culte que certains leur voue, mais Borderline passe totalement à côté de son sujet, et ça c’est clairement dommage. Pas mauvais, amusant, mais qui sera très vite oublié.

Les plus

Ray Nicholson fait son show
La scene du piano
En soit, court, divertissant, amusant

Les moins

Mais un humour trop sage
Pareil niveau horreur, trop sage

En bref : Borderline, c’est encore Samara Weaving qui essaye de survivre dans une comédie horrifique, face à un Ray Nicholson qui en fait des tonnes. Divertissant, mais en réalité plutôt sage et oubliable.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Ray Nicholson is on fire
♥ The piano scene
♥ Yes it’s short, entertaining, amusing
⊗ The humour could have been meaner
⊗ And the horror could have been dirtier
Borderline, it’s again Samara Weaving trying to survive in a horror comedy, facing Ray Nicholson on fire. Entertaining, but in fact too clean, too soft, and forgettable.

2 réflexions sur « BORDERLINE de Jimmy Warden (2025) »

  1. Salut Rick ! Je t’avoue que je ne connaissais absolument pas l’existence de ce « Borderline » avant de te lire. Merci pour la découverte !

    Ton concept de « Bloody Samara Cinematic Universe » m’a bien fait rire, c’est vrai qu’elle excelle et semble s’épanouir dans ce registre bis et sanglant. C’est tout de même amusant de voir son mari Jimmy Warden la diriger dans ce huis clos un peu perché ! Le casting a l’air d’être la véritable bouée de sauvetage du métrage, surtout si Ray Nicholson s’amuse à capitaliser sur le sourire diabolique de son père pour jouer les harceleurs de stars.

    C’est vraiment dommage que le scénario reste si inoffensif et loupe le coche d’une vraie satire méchante sur le culte de la célébrité et le fanatisme. Je le garde dans un coin de ma tête pour une soirée pop-corn sans prise de tête, sachant qu’il sera très vite oublié ensuite.

    À très vite sur ton blog !

    1. Je suis tombé totalement par hasard dessus il y a environ un mois. La présence de Samara Weaving m’a fait foncer, mais voilà, quitte à choisir, je te conseille plutôt le récent OVER YOUR DEAD BODY sur Prime Video (même si mon avis est faussé, c’est un remake apparemment très proche de l’original, mais n’ai pas vu l’original).
      Mais oui, c’est totalement regardable, parfois amusant, le cast est convaincant et s’amuse, mais ça ne va pas assez loin, c’est très gentillet, on a vu mieux dans le genre, et avec l’actrice. On a aussi vu pire avec le second BABYSITTER ceci dit…

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