THE CRAFT DANGEREUSE ALLIANCE (The Craft) de Andrew Fleming (1996)

THE CRAFT DANGEREUSE ALLIANCE

Titre Original : The Craft
1996 – Etats Unis
Genre : Fantastique
Durée : 1h41
Réalisation : Andrew Fleming
Musique : Graeme Revell
Scénario : Andrew Fleming et Peter Filardi

Avec Robin Tunney, Fairuza Balk, Neve Campbell, Rachel True, Skeet Ulrich, Cliff De Young et Christine Taylor

Synopsis : Sarah Bailey, une adolescente dotée de mystérieuses capacités, quitte San Francisco pour Los Angeles avec son père et sa belle-mère. Dans son nouveau lycée, elle commence à tisser des liens avec Nancy, Bonnie et Rochelle rejeté par les autres élèves et dont la rumeur dit qu’elles seraient des sorcières. Quand Bonnie surprend Sarah en train de faire léviter un crayon en classe, le trio réalise que Sarah est la candidate parfaite pour compléter leur groupe. Elles vont faire découvrir la sorcellerie et leurs divinité, Manon, à Sarah.

Ahlala, les années 90. S’il est clair et net que le cinéma a énormément changé durant les années 90, mondialement, il faut avouer également, surtout maintenant, avec le recul, que ces années là avaient un style visuel assez marqué, tout comme les années 80 d’ailleurs. Si bien que dés que l’on voit un film qui semble un peu daté usant et abusant de filtres bleus sur l’image, on sait immédiatement que l’on à affaire à un film des années 90. Le cinéma de genre lui a eu beaucoup de mal à passer le cap des années 90, le slasher ayant coulé à la fin des années 80, la faute à des suites nombreuses et n’ajoutant jamais rien à la formule initiale, sortant le plus souvent l’année suivant l’opus précédent. Et un peu comme pour contrecarrer la censure, devenue de plus en plus sévère envers ses métrages, une bonne partie du cinéma de genre durant les années 90 a commencé à viser un public plus jeune, avec un visuel souvent plus sage. La preuve ? La naissance de ce que l’on pourra appeler le Néo-Slasher, avec des films comme Scream, Souviens-toi l’été Dernier et tout un tas d’autres métrages, que l’on a tous oublié à l’exception des deux cités dans cette phrase. Sortant en 1996, The Craft, renommé Dangereuse Alliance en France, peut aisément rentrer dans cette catégorie. Un film fantastique, nous parlant de sorcières, mais mixant le tout avec une ambiance quasi tout public, presque de teen movie par moment. Et pourtant, surtout pour ceux l’ayant découvert à l’époque, The Craft a du potentiel, et a pour les spectateurs un certain capital sympathie. Et j’ai même envie de dire qu’avec la sortie récente d’une suite et surtout la capacité du cinéma de genre (et pas que mais bon) à verser dans un message totalement à côté de la plaque, ce premier opus bien encré dans son époque gagne même en sympathie avec les années.

Dans les faits, l’histoire est archi classique. Sarah, une jeune femme, déménage à Los Angeles avec ses parents, et va très rapidement sympathiser avec trois de ses camarades de classe, qui vont la faire entrer dans leur groupe, un groupe de sorcières. Sarah va donc découvrir un nouvel univers, et après quelques invocations et tours de magie, les quatre nouvelles amies vont forcément vouloir plus, vouloir aller plus loin, tester les limites. Et c’est finalement sympathique comme tout. Pas de quoi se relever la nuit, de crier au génie ou autre. Mais un film clairement réalisé avec sérieux, avec quatre actrices convaincantes dans les rôles principaux, qui n’essaye pas d’en faire trop la plupart du temps, et qui finalement, a un message beaucoup plus proche des intentions de base du film (et de sa suite donc) que la suite. A la mise en scène, Andrew Fleming, clairement pas un grand réalisateur ou même un nom connu du grand public, mais qui avait signé son premier métrage en 1988 avec Panics. Devant sa caméra, une équipe montante, avec Robin Tunney dans le rôle principal, une actrice qui n’a pas eu de bol par la suite, ou n’a tout simplement pas fait les bons choix (La Fin des Temps avec Schwarzenegger, ou encore Supernova de Walter Hill), mais surtout Neve Campbell (Scream) et Skeet Ulrich (tiens, Scream aussi). Le plus intéressant en tout cas, c’est de voir à quel point le film met en avant des femmes, sans pour autant surligner le message, ou sans en faire trop. Mais ça, on y reviendra sûrement si je décide de vous parler de la suite. The Craft, ou Dangereuse Alliance en France, se suit avec un certain plaisir, l’ensemble n’étant certes pas blindé de rebondissements, ni même d’effets spéciaux, mais étant juste un film fait sérieusement par une équipe impliquée. Il est clair par contre que ceux n’ayant jamais vu le film a sa sortie trouveront l’ensemble daté, simpliste, voire moyen.

Un film avec les tics de son époque, en terme de mise en scène, de photographie, avec quelques rares petits CGI assez discutables, et qui ne part jamais vraiment dans le genre horrifique pour ne pas se mettre le public visé à dos. Mais on sent malgré tout une certaine sincérité dans le propos du métrage, et cela reste fait avec sérieux, que ce soit dans le scénario, assez classique dans ses rebondissements mais qui fonctionne plutôt bien, ou dans sa mise en scène, ayant ses quelques tics mais plutôt fluide et agréable à l’œil. Alors on peut toujours chercher la petite bête, en disant clairement que la fin va un peu loin comparé au reste du métrage, beaucoup plus soft, et qui monte très doucement, dans ses enjeux. Alors que le final oui part très loin, avec des personnages qui deviennent des antagonistes tout à coup, pour la plus simple des raisons. Mais reconnaissons au moins que le métrage a un élément qui le fait sortir du lot, et c’est bel et bien sa vision de la magie. C’est explicitement dit d’ailleurs. Il n’y a pas de magie noire ou de magie blanche, juste une seule magie, et tout dépend de la personne qui en fait. Du coup, pas de sorcière prédestinée à être méchante, ou à être gentille. Juste des personnages, qui penchent d’un côté ou de l’autre en fonction de leurs propres choix. Nous évitons donc le cliché de la méchante sorcière, ou de la gentille sorcière niaise façon Charmed. Le propos est ainsi modéré, et fonctionne. Mais encore une fois, le fait que j’ai découvert le film à sa sortie, quand j’avais 10 ans environ, doit aider dans mon appréciation de celui-ci. Par contre, la récente suite/reboot/remake, c’est une autre histoire !

Les plus

Un film plutôt sérieusement emballé
Un pur produit de son époque
Les actrices, convaincantes
Une vision non manichéenne de la magie

Les moins

Oui, c’est gentillet
Le final, tout part trop vite
On n’échappe pas à quelques clichés et facilités

En bref : The Craft, ce n’est certes pas exceptionnel, mais c’est un produit divertissant et finalement pas plus bête qu’un autre, avec quelques bons atouts dans sa poche, techniquement mais aussi devant la caméra.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ It’s seriously made
♥ A product of its time
♥ The actresses are convincing
♥ The vision of witchcraft, not white or black
⊗ A soft film, for all audience
⊗ Everything is too fast during the finale
⊗ A few clichés of course
The Craft isn’t a great film, but it’s entertaining and in the end, not dumber than any other, with a few assets, in front and behind the camera.

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