HUNGRY de James Nunn (2026)

HUNGRY

Titre Original : Hungry
2026 – Angleterre / Etats Unis
Genre : Survival
Durée : 1h30
Réalisation : James Nunn
Musique : Austin Wintory
Scénario : James Nunn

Avec Madison Davenport, Tracey Bonner, Joaquim de Almeida, Michel Curiel, Samantha Coughlan, Olivia Bernstone, Jim Meskimem et River Codack

Synopsis : Un groupe de vacanciers se retrouve au milieu des marécages de Louisiane poursuivi par un hippopotame.

Lorsqu’il a été annoncé par son distributeur Américain, Hungry m’a rendu curieux, m’a attiré. Car oui, j’ai une certaine tendresse pour les survival animaliers, notamment lorsqu’ils sont faits avec sérieux, qu’importe s’ils renouvellent la formule ou non, même si c’est d’ailleurs bien plus souvent le deuxième cas de figure. Je n’attendais pas de miracles pour Hungry, autant son synopsis que ses premières images laissaient présager un métrage hautement prévisible et calibré, à l’exception de sa menace. Pas de requins, de crocodiles, de serpents ou d’araignées ici, non, mais un hippopotame. Et vu comment cet animal m’en avait fait voir de toutes les couleurs dans Assassin’s Creed Origins, je savais qu’il pouvait être sauvage, brutal, rapide et imprévisible. Tourné à Malte avec un casting relativement méconnu (je ne connaissais que Madison Davenport qui reprenait le rôle de Juliette Lewis dans la série Une Nuit en Enfer), et un budget sans doute réduit lui aussi, Hungry ne va en effet pas surprendre, ni par son point de départ, ni par ses personnages, ni par ses retournements de situations, ou sa narration en général, ni par son final. Voilà, il faut le dire, tout ce qu’il propose, on l’a déjà vu ailleurs, avec un autre animal à la place. Est-ce pour ça que le film se fait pas mal descendre ? Car il reprend une formule connue, la respecte, n’y ajoute rien, et se retrouve du coup avec son lot de clichés bien connus, de personnages parfois un peu cons et de situations attendues ? Possible, car en l’état par contre, le film signé James Nunn (loin d’être un grand, avec le film de requins Shark Bait, les DTV The Marine 5 et 6), il n’est pas honteux, loin de là. Si on aime le genre, il fait le boulot qu’on lui demande, sans grosses fausses notes, et ce malgré un hippopotame qui semble être quasi intégralement en CGI, mais suffisamment caché dans l’ombre, ou sous l’eau, pour qu’on n’ait pas envie de lui jeter une pierre.

Je disais que le genre était codifié, balisé, prévisible. C’est le cas. Hungry reprend le concept simple du groupe de touristes qui se retrouve bloqué en milieu hostile face à une menace animale bien sauvage. Un des cliché du genre, où c’est l’humain qui se retrouve sur le territoire de l’animal donc, comme pour, par exemple, 47 Meters Down niveau film de requins, ou Beast of War, ou même le tout récent Renny Harlin Deep Water, ou encore The Reef, ou Black Water niveau crocodiles. Des touristes, dont une famille (le père, sa fille et son fils à elle), deux amies (dont l’héroïne principale), le guide qui va forcément s’éloigner du parcours touristique habituel (sinon on les retrouve trop vite), et la personne qui, au final, va être la cause de tout (celle qui paye pour justement s’éloigner), qui vont se retrouver sur le territoire de l’hippopotame alors qu’au départ, ils voulaient juste voir des alligators. Le bateau se renverse, tout le monde tombe à l’eau, et il va falloir survivre, en montant dans les arbres, en surveillant l’eau (qui ne dort pas), en tenant le coup face à la chaleur, aux blessures, à la nature, aux attaques brutales et éclairs. Et Hungry, sans jamais surprendre donc, ça fait plutôt honorablement le travail. C’est court (1h30), ça ne part jamais trop dans le sentimentalisme (hop, la meilleure amie meurt, mais bon, il faut se bouger le cul pour survivre), les attaques sont assez fréquentes même si dans la première partie du métrage, l’hippopotame sera peu montré, la caméra préférant jouer sur l’environnement en le cachant sous l’eau par exemple, ou tout simplement en le mettant en arrière-plan, flouté. Et oui honnêtement, ça fonctionne. Qu’importe si tous les personnages sont des clichés sur patte, si l’on sait par avance qui va mourir (beaucoup) et qui va survivre (l’héroïne). Même le final, qui change un peu l’environnement du film, joue au final sur un autre cliché du genre, que je ne révélerais pas ici évidemment.

Mais le film est, comme je le disais, suffisamment bien rodé visuellement et fait sérieusement pour que le spectateur aimant le genre passe un bon moment. Possible qu’un spectateur plus grand public, ou plus pointilleux envers le genre, sera moins clément, avec cette impression de voir un film qui malgré une menace originale, ne s’en sert que pour nous ressortir la même chose qu’ailleurs. Même si voir cette énorme masse de plusieurs tonnes charger et broyer quelqu’un, ça a quelque chose d’impressionnant. On aurait par contre, même si dans sa construction du suspense (montrer l’animal petit à petit, suggérer dans un premier temps), le film joue des cartes connues, voir un peu plus l’animal surtout dans les moments les plus violents. Car justement oui, Hungry, si je devais pointer du doigt un réel défaut, c’est qu’il a peur d’être trop violent, ne montrant donc que rarement les ravages causés par l’animal, qui préfère souvent emmener ses victimes dans l’eau durant la première partie du métrage, où s’en débarrasser de manière éclair pour passer à autre chose. On est donc loin dans le fond, pour rester dans le domaine d’un anomal inhabituel, grand, lourd et sauvage, du sanglier de Razorback. Aussi divertissant au final soit la proposition, Hungry ne joue pas du tout dans la même cour. Par contre en effet, il n’est pas honteux et divertira pendant 1h30.

Les plus

Une solide production
Rythmé et divertissant
Un hippopotame, original pour le genre

Les moins

Malgré l’hippo, tous les clichés du genre
Jamais surprenant, hyper classique dans son déroulé
Dommage que ce ne soit pas plus violent vu l’animal

En bref : Hungry n’est pas surprenant, ne renouvelle pas le genre, mais reste un survival animalier plaisant et bien rodé.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Good production value
♥ Good pacing and in the end, entertaining
♥ An hippopotamus, original for the genre
⊗ Despite the hippo, all the clichés of the genre
⊗ Never surprising in its narration
⊗ Too bad it’s not more violent
Hungry is not surprising, or game changing, but it’s a nice survival, well made and entertaining.

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