EVIL DEAD BURN de Sébastien Vaniček (2026)

EVIL DEAD BURN

Titre Original : Evil Dead Burn
2026 – Etats Unis
Genre : Horreur
Durée : 1h50
Réalisation : Sébastien Vaniček
Musique : Xavier Caux et Douglas Cavanna
Scénario : Sébastien Vaniček et Florent Bernard

Avec Souheila Yacoub, Tandi Wright, Hunter Doohan, Luciane Buchanan, Erroll Shand, Maude Davey, George Pullar, Greta van den Brink, Keanu Karim et Victory Ndukwe

Synopsis : Après l’enterrement de son mari, Alice se rend dans la maison isolée de sa belle-famille pour partager un dernier repas à sa mémoire. Mais la réunion familiale bascule dans l’horreur lorsque ses proches se transforment, l’un après l’autre, en créatures démoniaques. Confrontée à cet enfer, Alice découvre que les vœux prononcés autrefois continuent de la lier à son mari… bien au-delà de la mort.

Mine de rien, la saga Evil Dead est assez unique en son genre, puisque presque 50 ans après sa création, elle existe toujours, déjà, mais surtout elle reste fidèle à ses bases, sans jamais chercher à vraiment se renouveler, à toucher un public plus « moderne », et elle part donc souvent toujours dans le gore, en gardant toujours les mêmes éléments, à savoir, livre des morts, possessions, famille, et gore. Une saga old school même en 2026 donc, et une saga qui, peu importe si l’on préfère voir le verre à moitié vide ou le verre à moitié plein, n’a jamais eu de vrai mauvais opus. Oui, le remake de 2013 par Fede Alvarez divise, certains de ses choix ne me plaisent pas non plus, mais pourtant, comme pour quasiment chaque opus de la franchise, je prends plaisir à le revoir. Le Rise de Lee Cronin, pareil, il a de bonnes idées, c’est un film d’horreur bien rodé, et si passé les idées même, je le trouve parfois trop sage dans sa mise en application, c’est loin d’être un mauvais film. Et je sais de quoi je parle, pour l’avoir revu il y a quelques semaines. Finalement, et ce à titre personnel, le seul opus de la franchise avec lequel j’ai du mal, malgré ses bonnes idées et son inventivité, c’est le troisième opus de Sam Raimi, allant pour moi trop loin dans l’humour et dans son délire de Moyen Âge. Et comme je préfère l’horreur sérieuse et n’aime pas les films d’époque, forcément, ça coince. Mais encore une fois, pas un mauvais film. Juste celui de la franchise que j’aime le moins, peu importe le montage regardé. On en arrive à 2026 et Evil Dead Burn, avant Evil Dead Wrath déjà tourné. Sam Raimi a été chercher le réalisateur en France ce coup-ci avec Sébastien Vaniček qui sortait de Vermines, qui a amené son coscénariste, et avec eux, ils amènent l’actrice Souheila Yacoub (ironiquement, j’ai revu quelques jours plus tôt Climax de Gaspar Noé, ayant oublié qu’elle y jouait d’ailleurs), et un caméo vocal d’Alain Chabat.

Résultat des courses malheureusement, la proposition de Vaniček n’a pas forcément séduit les foules. Ou alors le public est lassé par Evil Dead ? Car si l’on doit comparer à ce qui est comparable (donc pas les chiffres de la trilogie originale, trop éloignés), Evil Dead en 2013 avec un budget de 17 millions avait rapporté 97 millions, soit un joli succès. Etonnement, Evil Dead Rise en 2023 pour un budget estimé à plus bas (12 millions) a cartonné avec 147 millions dans le monde. Pourquoi ? Personne ne sait. Evil Dead Burn, pourtant apprécié par le public, n’a rapporté que 66 millions pour un budget de 20. Pas un flop, mais un score forcément très décevant comparé aux attentes. Serait-ce car apparemment, il y a eu quelques tensions entre producteurs et réalisateur ? Difficile à dire, puisque le réalisateur admet qu’il a malgré tout pu faire son film, et qu’on lui a surtout imposé une des scènes post générique. Qu’importe, car Evil Dead Burn, en le prenant pour ce qu’il est, donc un film d’horreur méchant avec l’habituelle formule de livre des morts, possession, famille, et violence, est un film tout à fait recommandable, et on pourrait même dire que l’enrobage du film essaye clairement plus de choses que les deux précédents opus, avec parfois des scènes dont les plans s’étirent en multipliant à la fois ce qu’il se passe au premier et au second plan, des plans de caméra parfois bien trouvés et agréables à l’œil, et une véritable énergie qui n’a quasiment jamais l’air de vouloir quitter le métrage, une fois que le carnage commence. Dans le fond, c’est plus compliqué, car les deux scénaristes apportent pas mal de choses intéressantes, autant pour la mythologie Evil Dead en général, avec cette dague, cet ordre dont l’on n’avait jamais entendu parler avant, mais aussi avec les personnages, avec cette famille totalement détruite dès le départ, entre la grand-mère qui perd la tête (et la jambe), les parents qui détestent leur belle fille et la considère comme responsable de la mort de leur fils, l’autre fils qui encaisse sans rien dire, et bien entendu, notre héroïne, victime déjà du climat actuel, qui va venir se prendre la violence de possessions démoniaques en pleine face, alors qu’elle sort juste d’un mariage assez toxique. Oui, les choses intéressantes se retrouvent à tous les niveaux dans Evil Dead Burn

Mais à l’écran, cela semble aussi également parfois maladroit. Car autant dans la violence pure et dure, le métrage ne fait pas dans la dentelle et se montre soigné, plein de hargne, même plus viscéral que les précédents films, non pas car plus gore, mais car plus violent, autant pour le traitement du propos, le tout semble parfois un peu trop facile, avec la masculinité toxique, et surtout, ces courts flashbacks insérés à des moments finalement totalement inutiles puisqu’ils ne viennent que nous montrer ce que l’on avait déjà compris depuis le départ. Alors oui sur 1h50, c’est court, un grain de sable même, mais on a la sensation d’un film qui aurait eu peur que le public cligne trop fort des yeux lors d’un sous-entendus, et qui se sent donc obligé de tout expliciter à l’écran, autant en flashback que par la suite dans le présent pour confirmer. On avait compris que ce n’était pas la famille idéale dès le départ. De même, si les effets spéciaux pratiques sont parfois impressionnants et savent faire mal, quelques séquences semblent de trop, comme pour venir impressionner la galerie (la scène, très courte et inutile, sur le toit), sans jamais finalement impressionner, ironiquement. Bon, et après, il y a ces morceaux contemporains rajoutés au métrage qui représentent tout ce que je déteste en musique, mais là c’est personnel, et ça ne concerne pas la vraie musique du film composée par le duo se faisant appeler Double Danger, et qui elle parvient parfois à amplifier la tension, comme lors de la scène du repas, qui semble étirée, de manière ludique, à l’extrême. Beaucoup plus de choses positives que négatives au final. Et comme chaque opus, tout le monde n’adhérera pas à la vision du metteur en scène, mais au moins, pour le moment, chaque réalisateur a sa propre vision d’Evil Dead, ce qui ne fait pas du film une redite. Pas mal du tout donc, quand on arrive au sixième opus (en plus de la série). Maintenant, on va attendre Avril pour la sortie déjà d’Evil Dead Wrath, sauf si le score décevant de Burn ne fasse changer les plans des studios.

Les plus

Une violence souvent moins gore, mais plus viscérale
Quelques très bonnes choses visuellement
Souheila Yacoub convaincante dans un rôle bien physique
Un rythme qui ne semble jamais s’arrêter
Les effets pratiques, excellents

Les moins

Quelques lourdeurs d’écriture
La scène sur le toit, moins convaincante
Les morceaux hip-hop, pas pour moi

En bref : Nouvel opus pour la franchise, Evil Dead Burn n’a pas à rougir face aux autres. Imparfait, violent, viscéral parfois, bancal aussi, il demeure un épisode convaincant, un petit cauchemar horrifique qui ne veut pas s’arrêter dès lors qu’il débute.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Less gory, but the violence is more visceral, it hits harder
♥ A few very nice things visually
♥ Souheila Yacoub is convincing
♥ Good pacing
♥ The practical effects are great
⊗ Why those flashbacks?
⊗ The scene on the roof, not convincing
⊗ The hip-hop songs, not for me, at all
New film for the franchise, Evil Dead Burn has nothing to be ashamed of compared to the others. Not perfect, but violent, visceral sometimes, even if with some obvious flaws, but it remains a nightmare that never stops once it begins.

Une réflexion sur « EVIL DEAD BURN de Sébastien Vaniček (2026) »

  1. Malgré un premier acte un peu laborieux, Evil Dead Burn trouve vite son rythme de croisière et propose un spectacle très efficace à mi-chemin entre l’expérience sensorielle viscérale et le divertissement horrifique bien méchant. Un bon opus.

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