Titre Original : Passenger
2026 – Etats Unis
Genre : Fantastique
Durée : 1h37
Réalisation : André Øvredal
Musique : Christopher Young
Scénario : Zachary Donohue et T.W. Burgess
Avec Jacob Scipio, Lou Llobell, Melissa Leo, Joseph Lopez, Miles Fowler, Alan Trong, Devielle Johnson et James William Clark
Synopsis : Après avoir été témoin d’un terrible accident de la route, un jeune couple réalise qu’il n’a pas quitté les lieux du drame sans être suivi. Une présence démoniaque, le Passager, se joint à leur voyage en van et transforme leur aventure en un véritable cauchemar, déterminée à ne s’arrêter qu’une fois qu’elle les aura tous les deux emportés.
Dans le fond, même si son cinéma reste beaucoup moins convaincant aujourd’hui, je continue de suivre la carrière d’André Øvredal avec intérêt. Remarqué en 2010 avec Troll Hunter dans sa Norvège natale, le réalisateur aura par la suite fait la même chose que beaucoup de réalisateurs de genre Européens remarqués à l’international, à savoir se lancer dans le cinéma Américain. Mais au moins, contrairement au réalisateur de Cold Prey, Roar Uthaug, qui aura rejoint la production du blockbuster Tomb Raider avant de rejoindre Netflix pour signer Troll 1 et 2, André Øvredal lui reste dans son genre de prédilection, l’horreur donc. Il signera même en premier lieu l’excellent The Autopsy of Jane Doe, dont j’avais eu la chance de vanter les mérites avant même sa sortie Française (et donc, avant qu’il ne soit bêtement renommé The Jane Doe Identity…). Alors que ça aurait pu être une exception, un film réussi avant de sombrer ou de retourner en Norvège, il signe en 2019 Scary Stories to Tell in the Dark, produit par Guillermo Del Toro, qui coécrit également le scénario. C’est après que la carrière d’Øvredal devient un peu plus compliquée. Il retourne en Norvège pour signer Mortal (dont j’ignorais en réalité l’existence jusqu’à aujourd’hui, comme beaucoup), avant de signer The Last Voyage of the Demeter, film peu apprécié que j’avais tenté de défendre malgré il est vrai de gros défauts. 2026, trois ans après, signe le retour du réalisateur avec Passenger, et ses premières images m’avaient donné envie. Je voulais lui faire confiance, avec ce film se déroulant quasi intégralement sur la route, où un couple est pourchassé par un esprit s’en prenant aux voyageurs. Ça ne sentait aucunement le film qui avait l’intention de révolutionner le genre, mais ça avait l’air assez efficace pour passer 1h30 divertissante et efficace. Ce qui fut, au final, totalement le cas, Passenger ne venait absolument rien révolutionner.
Mais étant filmé avec assez de savoir faire pour distiller une ambiance plaisante, et agrémentant son récit assez classique de quelques idées de mise en scène éparpillées ci et là qui font clairement plaisir à voir, et qui au final, montrent bien que si Passenger, dans son scénario, est exactement ce qu’on attend de lui, il sait s’élever un peu au-dessus dans sa mise en scène. Nous suivons un couple, qui décide de tout plaquer pour vivre dans un camping-car aménagé, et donc passant leur temps sur la route. Chacun son mode de vie, on ne jugera pas. Sauf qu’après avoir été témoins d’un accident de la route assez étrange, ils ne semblent plus seuls une fois qu’ils quittent les lieux, comme si quelqu’un ou quelque chose les suivant à présent. Meurtres violents, apparitions furtives, danger de plus en plus présent et de plus en plus régulièrement, personnage rencontré qui sera là pour expliquer le fonctionnement de cette malédiction, possibilité de mettre un terme à tout ça… On connait en réalité la formule, tant Passenger ne fait que reprendre l’archétype du couple poursuivi par une présence surnaturelle qui ne lâchera pas l’affaire tant qu’elle ne sera pas anéantie. Seul son cadre vient en réalité quelque peu changer la donne, avec cette entité se trouvant de nuit sur le bord des routes et s’en prenant sans relâche aux pauvres voyageurs qui prennent le temps de s’arrêter. Un peu au final comme un Hitcher surnaturel. Le réalisateur se lance donc dans un projet loin d’être original, mais lui permettant assez souvent de se faire plaisir à la mise en scène. Cela se remarque dès la très longue scène d’ouverture, présentant donc son antagoniste comme une ombre sur le bord de la route, omniprésente, toujours avec une longueur d’avance sur les personnages. Assez régulièrement, on trouve ci et là quelques images marquantes et quelques bonnes idées qui viennent dynamiser un récit bien connu, mais jamais désagréable.
On pensera par exemple à la scène du vidéoprojecteur en forêt, réelle bonne idée purement visuelle, la scène du parking, plan séquence jouant sur notre perception des distances, où à quelques scènes où l’obscurité semble envelopper les personnages et que la caméra semble alors dilater le temps bien plus que de raison pour poser une tension sur les personnages, et donc sur le spectateur. Une dynamique purement efficace, et ce malgré le parcours finalement balisé des personnages, et quelques moments bien moins convaincants, comme ces derniers instants pour briser la malédiction, alors que l’arrivée même dans les lieux de ce final était convaincant, et même bien vu visuellement. Même chose au final pour notre couple partageant l’affiche, qui n’aura, comme parcours, autre que leur volonté de survivre, qu’un minuscule petit doute sur la possibilité ou non de s’adapter à vivre sur la route. Assez maigre, même si dans le fond justement, assez simple pour permettre à pas mal de monde de s’identifier à ce doute. André Øvredal rejoint, en 2026, à mon sens le réalisateur Lee Cronin, en livrant un film loin d’être inoubliable, mais malgré tout efficace, en restant dans le côté très classique du cinéma de genre, à l’opposé donc d’un Obsession ou d’un Backrooms. Mais ça n’en fait aucunement un mauvais film donc.

Les plus
Quelques belles idées de mise en scène
Un film efficace et court
Quelques meurtres graphiques
Les moins
Ultra classique dans ses mécaniques et son déroulé
Un final décevant
En bref : Passenger ne vient pas renouveler le genre horrifique, ni proposer une originalité folle dans son récit, mais il se suit grâce son efficacité et son visuel, bien rodés.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ Some very nice visual ideas ♥ Effective and short ♥ Graphical murders |
⊗ Yes everything is classical ⊗ A disappointing finale |
| Passenger doesn’t really bring anything new to the table, the story isn’t very original, but it remains highly effective thanks to the visual work and pacing. | |




















