L’INVASION DES PIRANHAS (Killer Fish – L’agguato sul fondo) de Antonio Margheriti (1979)

L’INVASION DES PIRANHAS

Titre Original : Killer Fish – L’agguato sul fondo
1979 – Italie / Brésil
Genre : Aventures
Durée : 1h41
Réalisation : Antonio Margheriti
Musique : Guido De Angelis et Maurizio De Angelis
Scénario : Michael Rogers

Avec Lee Majors, Karen Black, Margaux Hemingway, Marisa Berenson, James Franciscus, Franck Pesce, Charles Guardino, Roy Brocksmith, Dan Pastorini, Anthony Steffen et Fabio Sabag

Synopsis : Lasky, Kate, Llyod et Warren sont quatre voleurs de diamants qui ont organisé un braquage initié par Paul Diller qui travaillait à l’époque pour cette mine de diamants. Ils doivent attendre 60 jours avant de pouvoir récupérer la précieuse mallette de diamants jetée près d’un barrage après le braquage le temps que la police conclue l’affaire. Rien ne se passe comme prévu, Llyod et Warren décident de récupérer la mallette de diamants pour soi-disant « regarder encore une fois les diamants » sans en avertir ses complices mais Warren se fait dévorer par des piranhas qui infestent l’eau du barrage.

A la fin des années 70, deux de mes réalisateurs préférés lorsque l’on s’éloigne des noms les plus connus que sont Argento et autres Fulci, à savoir Sergio Martino et Antonio Margheriti, livraient tous les deux leur version, leur copie surfant sur le succès de Jaws, Les Dents de la Mer. Dans un cas comme dans l’autre, rapidement, ils s’éloignent de leur modèle pour faire leur propre petit truc. Martino lui partira dans le film d’aventures tout simplement, comme il l’avait déjà fait par le passé (La Montagne du Dieu Cannibale) et ensuite (Le Continent des Hommes Poissons), tandis que Margheriti, lui, livre un film de casse. Le premier se tourne vers le crocodile, le second vers les piranhas, qui sont à présent une alternative viable depuis le succès de Piranhas de Joe Dante. Sauf que si j’aime Le Grand Alligator signé Martino, je suis beaucoup plus mitigé sur L’Invasion des Piranhas (titre débile et mensonger d’ailleurs) de Margheriti, aussi appelé Killer Fish. Un film où oui, les piranhas sont présents, mais pas du tout au centre de l’intrigue. Tourné au Brésil, le métrage met en avant une bande de voleurs, qui après de fortes explosions de maquettes, la grande spécialité de Margheriti, se tirent avec un beau butin en diamants, qu’ils décident de cacher au fond de l’eau en attendant que les choses se calment. Avec cette ouverture, certifiée sans piranhas, Margheriti voit en tout cas les choses en grand. Explosions diverses, figurants dans tous les coins, sécurité, chiens, fuite en véhicule, explosion d’un véhicule pour distraire les poursuivants, le tout pendant que le chef de l’opération, Paul (James Franciscus), se fait plaisir au casino. Le plan est simple ensuite, l’équipe attendra 60 jours avant de récupérer le butin. Evidemment, rien ne se passera comme prévu.

Rien car cette bande soudée n’est pas si soudée que ça et beaucoup vont tenter de récupérer le magot bien avant les 60 jours. Et qu’évidemment, Paul, le cerveau de l’opération, a prévu toute éventualité, balançant des piranhas dans le lac, qui se sont grandement multipliés depuis. Quoi de mieux pour protéger le butin après tout ? Bien entendu, il n’en a parlé à personne, car l’honneur parmi les voleurs, ça ne fonctionne que dans Donjons & Dragons. Et si avec tout ça, j’ai l’air emballé, c’est tout simplement car oui, le film de Margheriti commence très fort, et a de beaux atouts dans sa poche. Mais se retrouve aussi vite plombé par quelques défauts qui peuvent devenir plus ou moins gênants suivant les spectateurs, et ce fut mon cas. Du bon côté, alors évidemment, on peut citer l’ouverture, explosive, généreuse, bien fichue malgré quelques maquettes un peu trop voyantes, une partie du casting charismatique comme il faut, et puis car il faut bien y arriver, mais si Margheriti n’a rien inventé dans sa manière de filmer les piranhas et leurs attaques, reprenant en gros ce que Joe Dante avait fait, et bien il le fait bien justement, voir sur certains aspects, mieux, avec des plans un peu plus larges qui permet de mieux voir les poissons à l’ouvrage. En gros, c’est du beau boulot, plutôt appliqué et crédible, si bien que l’on regretterait presque que les piranhas ne soient pas plus longtemps à l’écran, car oui, nous sommes ici plus face à un film de casse, un film policier donc, avec son lot de coups bas, et dans lequel se trouvent des piranhas, au départ dans une zone en particulier, avant que l’horreur ne prenne plus d’ampleur dans le dernier acte, après une tempête et un barrage qui pète, littéralement… enfin non, sa maquette, mais qu’importe.

Seulement malgré tout mon amour pour le côté bis du réalisateur, sa générosité et bien entendu le fait qu’il aime bien tout faire péter, son film souffre de quelques défauts, et de taille, à commencer par ses personnages et ses acteurs. Si une partie du casting s’en sort bien, notamment les deux voleurs principaux (Lee Majors et James Franciscus), classes comme pas possible, et bien le reste du casting va de l’oubliable (désolé Karen Black) à l’insipide avec un photographe, Ollie (Roy Brocksmith), que j’avais envie d’étrangler dès qu’il était à l’écran, en train de gesticuler, de donner des ordres et de se donner un air efféminé. L’ajout de ce groupe de personnages, avec le photographe, la productrice, le pilote et forcément, la belle modèle (Margaux Hemingway) n’ajoute pas grand-chose au film et de nombreuses scènes les concernant n’intéressent jamais. Ce qui vient donc donner de grosses baisses de rythme entre deux coups bas et deux attaques de poissons tueurs. Et c’est vraiment dommage car encore une fois, le film est sérieux, a été filmé sérieusement, certaines scènes ont vraiment de la gueule, là n’est pas la question. La technique tient la route malgré un budget sans doute limité, très limité, mais c’est le fond qui coince, les personnages qui pour beaucoup ne servent à rien, et ne se feront même pas manger, un rythme en dents de scie. Pas détestable, parfois impressionnant, mais bancal, trop bancal pour être du côté des bons films du réalisateur.

Les plus

Techniquement appliqué
L’ouverture explosive
Les piranhas, bien faits et crédibles

Les moins

Des soucis de rythme
Quelques personnages archi énervants

En bref : L’Invasion des Piranhas, ou Killer Fish, malgré toute ma sympathie pour le réalisateur et son sérieux techniquement, ainsi que quelques scènes vraiment bien fichues, souffre d’une écriture qui a des défauts, dans ses personnages, son rythme, ses scènes, et ça plombe un peu l’ensemble.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Serious technically
♥ The explosive opening
♥ The piranhas are well done
⊗ Pacing issues
⊗ Some characters are just plain annoying
Killer Fish, despite my sympathy for the director and how serious it looks, as well as some well made scenes, is not that good. Mainly because of the writing, with many flaws, bad characters, pacing issues and it makes the film forgettable.

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