Titre Original : Keeper
2025 – Canada
Genre : Horreur
Durée : 1h39
Réalisation : Osgood Perkins
Musique : Edo Van Breemen
Scénario : Nick Lepard
Avec Tatiana Maslany, Rossif Sutherland, Birkett Turton, Eden Weiss,Cassandra Ebner, Tess Degenstein, Erin Boyes, Gina Vultaggio et Claire Friesen
Synopsis : Liz et Malcolm partent pour un week-end romantique dans un chalet coupé du monde. Lorsque Malcolm doit retourner précipitamment en ville pour son travail, Liz se retrouve isolée, confrontée à une présence maléfique qui révèle les terrifiants secrets du chalet.
Il n’aura pas fallu longtemps pour que Osgood Perkins ne se fasse repérer. Après seulement deux longs métrages, il s’attaque alors à Gretel & Hansel, qui lui donne plus de visibilité, puis sort Longlegs, gros coup marketing payant pour A24. 10 millions de budget, pour 127 millions récoltés dans le monde. Et plutôt que de se reposer sur ses lauriers, ou de se lancer bêtement dans une suite après ce succès monstrueux (bancal, mais intéressant, et surtout avec une ambiance très réussie), Perkins, il revient en 2025 avec non pas un, mais deux métrages, radicalement opposés. En premier lieu, The Monkey, pourtant tourné en dernier, comédie horrifique un brin loufoque, ou stupide au choix, mais avec quelques moments bien tordants il faut l’avouer, et ce Keeper, renommé L’Elue pour son exploitation en France. Et si The Monkey, malgré un succès moindre, a malgré tout été une réussite commerciale (68 millions récoltés encore pour 10 de budget), Keeper n’a pas eu cette chance, puisqu’il n’a récolté que 6 millions environ, pour un budget de… 6 millions justement. Peu importe comment on regarde les chiffres, que l’on décortique ça par pays ou pas, c’est un échec. En salles du moins, car Keeper, c’est un film d’horreur, et avec un budget aussi bas, nul doute qu’il sera très vite rentable par la suite, entre la VOD, les droits TV et les ventes physiques. En réalité, peut-être qu’il l’est déjà d’ailleurs, et ce ne serait pas très étonnant. Ce qui surprend par contre, c’est que pour Keeper, Osgood Perkins, qui d’habitude signe ses scénarios, délaisse intégralement ce poste, puisque le film est écrit par Nick Lepard, deux scénarios seulement sur son CV, tout deux de 2025, Dangerous Animals étant l’autre. Qu’un réalisateur hyper actif délaisse quelques postes, rien d’étonnant, mais ce qui est étonnant en réalité, c’est que… Keeper ressemble beaucoup plus, en ambiance, rythme, thématiques et narration à ce qu’il fait d’habitude, contrairement à un The Monkey qui partait vers d’autres horizons.
Tourné au Canada pour contourner les grèves de scénaristes et des acteurs, Keeper est un huis clos, nous emmenant dans une maison perdue dans les bois où un couple se rend pour leur anniversaire. Le début classique d’un film d’horreur classique, sauf que là, on parle bien d’Osgood Perkins, donc il faudra plutôt attendre une ambiance lente, des plans millimétrés, un poil d’étrangeté, la possibilité de voir de l’occulte dans tout ça, de la psychologie, et quelques furtives scènes sanglantes pour marquer le spectateur. On connait la formule, elle était presque la même dans Longlegs, si ce n’est que Keeper est donc un huis clos, la plupart du temps resserré sur deux personnages uniquement. L’héroïne, c’est Liz, Tatiana Maslany, tandis que son homme, Malcolm, est joué par Rossif Sutherland. L’acteur aura-il plus de chances de survie comparé à Esther 2 ? Rien n’est moins sûr, même si d’entrée de jeu, et même si ce n’est pas si simple, sa place serait plus celle d’antagoniste que de victime. Et sans être parfait, loin de là, et bien si vous êtes un minimum réceptif encore une fois aux ambiances du réalisateur, Keeper est une bonne pioche. Ce qui est indéniable, c’est qu’une nouvelle fois, c’est un réel plaisir pour les yeux, avec une magnifique photographie, des plans cadrés à la perfection, et un montage lent pour accentuer le malaise et cette fameuse ambiance de slow burn si chère au réalisateur. De manière plus surprenante par contre, le public, alors que celui-ci avait applaudit Longlegs, n’a pas l’air d’avoir suivi, que ce soit aux Etats Unis (l’échec du film le prouve, le public n’était pas intéressé par le métrage), ou en France où les critiques descendent le métrage. Pourquoi tant de haine ce coup-ci ? La faute au scénario ? Oui, Keeper ne renouvelle pas grand-chose, on voit venir plusieurs de ses twists, et ses meilleures idées, narratives en tout cas, il ne les exploite pas toujours. Car le final, il est très bon, mais arrivé à terme, on se dit qu’on aurait aimé en voir un peu plus, en savoir ne serait-ce qu’un peu plus.
Or le scénario ici semble surtout rester à la surface des choses, et laisser le réalisateur mener tout seul la barque en espérant que son sens de l’étrangeté et ses cadres ultra léchés fassent le travail. Oui visuellement, ça fait le travail, plus qu’honorablement, mais cela reste très frustrant. Surtout qu’en lorgnant ce coup-ci vers la folk horror, il y avait tant à dire, tant à faire, tant à montrer. Ce qu’il montre intrigue, mais il montre au final peu. Ironique aussi d’ailleurs que finalement, ce final, il semble expéditif, qu’on aimerait en avoir plus, ou, en jouant au jeu du miroir, c’était l’exact opposé dans Longlegs, qui en se croyant trop malin, se mordait la queue dans une dernière partie foirée. Ici, l’ambiance lourde, lente, qui semble s’étirer, accumuler les éléments étranges avant de tout nous révéler dans la dernière partie, elle fonctionne, car le propos est simple, le film est resserré à tous les niveaux. Peu de lieux, peu de personnages, une intrigue se déroulant sur un seul weekend, et une durée dépassant de peu 1h30. Bancal, laissant sur notre faim, mais efficace et toujours bien rodé visuellement. Et comme Longlegs par contre, Keeper peut aussi compter sur son casting, notamment Tatiana Maslany, très juste dans son rôle, et tenant elle aussi un peu le film sur ses épaules. Pas renversant donc, mais pour l’amateur d’ambiance, forcément, une curiosité intéressante.

Les plus
Visuellement toujours sublime
Une ambiance lourde, pesante
Tatiana Maslany, excellente
Des images marquantes
Les moins
On aurait voulu en savoir plus, en voir plus
Assez frustrant sur la fin
En bref : Le dernier Osgood Perkins a floppé, et semble avoir déçu. Pourtant visuellement, c’est exactement comme d’habitude, méticuleux, lourd, atmosphérique, efficace. Mais le scénario ne va jamais au fond de son concept, son final laisse sur notre faim.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ Visually impressive ♥ An unsettling atmosphere ♥ Tatiana Maslany, excellent ♥ Some striking images |
⊗ We wanted to see more, to know more ⊗ Frustrating near the end |
| The last film from Osgood Perkins was a box-office bomb, and the audience didn’t follow. Visually, it’s like usual, strong, heavy on atmosphere, effective. But the script once again never uses fully the concept. | |


















